TA!*INS ET ÉCORCES
L'écorçage du bouleau se fait comme pour le chAne, mais la montée de sève est plus précoce d'une dizaine de jours. Sur les vieux arbres, Técorce est difficile à enlever ; elle se brise en menus fragments. Un stère de rondins, provenant de perches âgées de 20 ans, donne 65 à 80 kilos d'écorce.
Le noir de fumée s'obtient en brûlant Técorce du bouleau dans des usines spéciales. Cinquante kilos d'écorce donnent 18 kilos de suie valant à peu près 2 fr. 66.
C. EcoRCEs DE SAULES. — L'écorcc des Salix caprxa et S. alba renferme de 8 à 12 % ^^ tanin ; elle sert à la préparation des fameux cuirs de Russie, imperméables à Teau, comme à celle des cuirs suédois, si renommés pour leur souplesse. On se demande pourquoi la tannerie française n'utilise pas les écorces des jeunes oseraies, si abondantes sur certains points du territoire et qui n'ont actuellement aucun débouché.
D. Ecorces de mélèze. — Les écorces de mélèze, plus riches en tanin que celles d épicéa et de bouleau, sont employées sur une large échelle pour le tannage des cuirs, en Russie, en Hongrie et en Autriche.
E. Ecorces de pin d'alep. — L'écorce du pin d'Alep se recueille quand elle a environ deux centimètres d'épaisseur. C'est un déchet naturel des exploitations, car les pins doivent être écorces avant d'être mis en œuvre. Cet écorçage doit autant que possible suivre de près Tabatage ; il est alors très facile. On récolte parfois non seulement les écorces de Tannée, mais encore celles provenant d'exploitations anciennes, qui ne sont pas altérées. Comme toutes les écorces, celle du pin d'Alep redoute l'humidité : une fois mouillée, elle moisit et perd sa v-aleur commerciale. Celle-ci est d'environ 35 francs les mille kilos rendus aux moulins.
L'écorce est employée en poudre servant à la teinture des filets de pêche sur les côtes de la Méditerranée, en France, en Algérie et en Sicile. Sa trituration se fait sous des meules droites, de pierre. La poudre obtenue est d'une couleur jaune rouge. Avant d'être mise en sacs, elle est passée dans un crible de 3 millimètres. Le déchet dû au criblage est de 4 Va environ.
Un moulin de 4 chevaux, actionnant 2 meules tournant-
sur le môme pivot et mesurant 1™,10 de diamètre, 0",iO d'épaisseur, triture en 24 heures 3000 kilos produisant 29 balles de 100 kilos. Ces balles valent 8 francs à Aubagne, 8 fr. 20 à 9 francs à quai Marseille.
Cette industrie pourra ôtre implantée avec succès en Algérie, quand on se décidera à exploiter les immenses richesses forestières en pin d'Alep que possède notre colonie.
F. Vieilles écorces de ché.ne. — Dans quelques régions, comme la Hesse et le Hanovre, oti écorce au printemps Uius les vieux chênes qui doivent tomber l'hiver suivant. Le bois passe pour être plus résistant et Taubier paraît avoir acquis une partie des propriétés du cœur. Buffon avait déjà signalé ce procédé d'amélioration du bois en France. Il est coûteux, d'une exécution difficile, et rien ne prouve son efficacité sur la durée prolongée des bois mis en œuvre.
En France, quelques scieurs ont coutume d'écorcer les arbres avant de les amener à la scierie. La dessiccation des bois est alors plus prompte et plus complète, le transport se trouve aussi moins onéreux. Un ouvrier peut écorcer i à 5 gros chênes par jour. Un mètre cube de vieux arbres donne 130 à 200 kilos d'écorces renfermant en moyenne 6 à 10 kilos de tanin. Cette pauvreté des vieilles écorces en tanin fait qu'elles sont ordinairement négligées et abandonnées sur le parterre des coupes. En certains pays, ces écorces sont raclées, débarrassées de leurs parties mortes, cassées en menus fragments, et vendues comme catins à la tannerie.
G. Ecorces de sapl\. — Les écorces de sapin ne sont pas utilisées en tannerie; elles servent exclusivement de combustible. Dix à quinze mètres cubes de bois ronds donnent une voiture d ccorce sèche, de 750 kilos, équivalente à i stères de bois, et valant, suivant les lieux, de 4 à 12 francs sur le parterre des coupes.
Art. VI. — ÉCORCE DES VIEUX CHÊNES-LIÈGE. .
La partie vivante de Técorce du çhêne-liège, appelée rwère, tan ou liber, renferme environ 19 Yo de tanin. Séchée et réduite en poudre, cette mère fait l'objet d^un commerce
TANINS ET ÉGORGES 721
assez important en Algérie et en Tunisie. L'enlèvement de récorce à tan détermine la mort de Tarbre et ne peut être pratiqué que sur les vieux sujets en dépérissement qui n'ont pas été mis complètement en production.
Le tan de chêne-liège atteint exceptionnellement 50 millimètres, plus ordinairement 10 à 25 millimètres d'épaisseur. Au-dessous de 10 millimètres, son exploitation cesse d'être rémunératrice. Pour l'obtenir, il faut d'abord enlever la couche de liège qui le recouvre, ce qui ne peut se faire qu'en temps de sève, puis le détacher à la hache. Ces fragments, coupés en petits quadrilatères, sont étendus au soleil pour sécher. La durée de la dessiccation varie de 3 à 5 jours ; il faut un temps sec, car, s'il pleut, le tan mouillé devient noir et perd beaucoup de sa valeur.
Généralement, la récolte se fait du 15 niai au !•' septembre ; les ouvriers abattent les arbres, enlèvent le liège, dépouillent d'abord le fût de son tan, puis poursuivent cette opération dans les branches principales, jusqu'à ce que 1 écorce cesse d'avoir une épaisseur suffisante. Le prix moyen de la récolte est de 3 fr. 50 par quintal, mais il peut s'élever exceptionnellement à 6 francs pour des arbres épars, déjà démasclés, et dont les branches seules sont susceptibles de donner du tan. Les exploitants doivent en outre couper et incinérer les houppiers, d'où une nouvelle charge de 0 fr. 50 à 0 fr. 75 par arbre abattu, charge qui devrait plutôt être une source de produits par la fabrication du charbon. En général, on laisse pourrir sur place le fût et les grosses branches.
La vente des écorces à tan se fait ordinairement sur pied, à raison d'environ 5 francs le quintal. Un seul chêne peut fournir plusieurs quintaux d'écorces à tan. Dans les vieux massifs, le rendement est de 150 kilos par pied et de 125 kilos par mètre superficiel (Lamey).
Pour estimer la récolte sur pied, il faut déterminer, empiriquement ou par le calcul, le poids du tan fourni par le tronc et par les branches des arbres. La hauteur moyenne du tronc s'apprécie à l'œil pour chaque catégorie de diamètre ; la circonférence au milieu se déduit de celle mesurée à hauteur d'homme en fonction du coefficient de décroissance
Mathey. — Exploitation des bois. II. 46
lii PRODUITS ACCBSSOinËS
(en moyenne 85 Y^) ; la circonférence sur tan s'oblient en mullipJiaot la circonférence mesurée sur liège par un aativ coefKcient que M. Lapie a trouvé égal à 0,80 ; enfin, Tépaisseur moyenne de la mère se détermine au moyen de cpielques expériences directes. Par suite, le volume V d'écorce quepeul fournir un tronc de chéne-liège, ayant «ne cîrconfôrence C » 1*,30 du sol, une hauteur H et une épaisseur c d'ocoree. est donné par la formule :
Le poids P, à rélat sec, s'obtiendra ensuite en multipli^int le nombre ainsi trouvé par la densité qui est, d'après M. Lamcy, de0.9î7.
Suivant que l'arbre possède peu, assez ou beaucoup d«» branches, le poids d'écorce fourni par ces dernières sera approximativement égal à 1, 2 ou 3 fois celui produit parle tronc.
Art. VII. — FEUILLES DE SUMAC ET DE LENTISQUE.
A. Feuilles de sumac des corroyeurs. — Le sumac des corrox eurs [Rhus curiarid; est un abrisseau de 3 à i mètres de haut, de 20 à 30 centimètres de circonférence, spécial à hi région des oliviers, et cultivé en Sicile pour le tanin renfertnê dans ses feuilles. Ce végétal redoute les terrains humides et recherche les sols calcaires, secs et rocailleux. En tenv fraîche et argileuse, les feuilles très légères, peu aromatiques. perdent loute valeur industrielle.
Le sumac se propage de boutures. Celles-ci doivent avoir au moins 0'",01 de grosseur et 0'",40 de hauteur; on les espace de 0"\G5 à 0'",70 d'axe en axe ; on les plante dans des fosses larges (le 0'",I8, profondes de 0°*,13; un hectare renferme environ 21.500 boutures. Les plantations doi>ent être recépées la première année à 0",15 de hauteur, puis cultivées tous les ans à la houe ou à la charrue.
a IHantalioiis (fioi au. — Dans les plantations d'un an. la récolte est tardive ; les feuilles sont relativement légère> et peu riches en tanin. On les récolte à la main vers la lin
TÂNLNS ET ECORCES
d'août et au commencement de septembre, en respectant celles , encore tendres des extrémités, désignées sous le nom de gitimmi, et qui mûrissent plus lard, en octobre. Cette der-r ninre récolte se fait en cassant, sans les détacher entièrement, les extrémités des tiges encore feuillées. Les feuilles sèchent ainsi sur l'arbre, sans risquer de se détériorer au contact du sol humide. Dans le courant de janvier, on taiUe à 0™,15 de hauteur et on supprime toutes les branches latérales, comme au moment de la plantation.
b) Planialions de 2 ans et plus, — Dans ces plantations, la récolte des feuilles se fait par les deux procédés suivants :
a) Recolle à la taille. — Dans le courant de mai, on récolle à la main les feuilles du bas de la lige qui arrivent à maturité, puis vers la mi-juin on ravale la plante à la serpe, en ayant soin de recouvrir d'un peu de terre meuble les sections de taille et de respecter les drageons issus de racines, qui, ne s'étant développés que tardivement à l'ombre de la plante-mère, fournissent des feuilles dont la maturité et la récolle à la main se font 20 jours environ après la taille. Au fur et à mesure que Touvrier coupe les rameaux, il en forme une botte qu'il place sous son bras gauche. Dès que cette boite est suffisamment grosse, il la jette à terre dans une direction opposée à celle des vents dominants, puis il la foule avec le pied pour que les feuilles présentent moins de prise au vent et de surface au soleil. Sur celte botte, l'ouvrier qui suit le premier en laisse toml)er une seconde, qu'il tasse également. La réunion de ces deux brassées constilue la gerbe qui doit rester sur le sol. On voit que dans c^tte façon de procéder, la récolte des feuilles et la taille des arbustes se font en même temps.
P llécolle par effeuillaison, — Elle consiste à cueillir à la main les feuilles au fur et à mesure qu'elles mûrissent, en commençant par le bas et en Hnissant par l'extrémité des branches. Cette récolte se fait à trois époques successives: en mai, en juillet ou août, en septembre. En outre, l'extrémité des branches est soumise à la même opération que pour les sumacs d'un an (a), c'est-à-dire qu'on brise les sommets dos pousses pour laisser les feuilles sécher sur l'arbre. Dans
ce système, la taille de Tarbuste devient une opération distincte qui se pratique en décembre ou en janvier, en même temps que la première façon donnée à la terre.
Le séchage des feuilles s'effectue sur Tarbre dans le procédé de récolte à la main (p), sur le sol ou sur des aires spéciales dans le procédé de récolte à la serpe (a). Dans ce dernier cas, les feuilles sont sujettes à être mouillées. Si la pluie tombe sur des feuilles encore vertes, le dommage est insignifiant ; mais si elle survient sur une récolte déjà sèche, elle en diminue notablement le poids et la teneur en tanin. I^ perte peut aller jusqu'à 36 7o-
Pour remédier en partie à cet inconvénient, on peut faire sécher les feuilles sur des claies ou sur des arbustes, de façon à isoler les tiges du contact du sol humide. Il faut quatre ou cinq jours de temps sec et chaud pour sécher entièrement des rameaux ainsi disposés, et six à sept jours pour obtenir la dessiccation complète des gerbes jetées à même sur le sol.
Les feuilles récoltées à la main sont placées dans des sacs ou des corbeilles. Si elles sont vertes, on les dispose sur Taire en couches peu épaisses et on les remue à la fourche trois ou quatre fois par jour pour hâter leur dessiccation. Dans le procédé de récolte à la taille, les fagots une fois secs sont portés, soit dans des sacs, soit dans des tendas sur Taire à battre.
La tenda est un carré de toile de chanvre d environ 1°*,70 de côté. Trois de ses extrémités sont garnies d'anneaux de bois tordus au feu, et la quatrième d'une corde que Ton passe dans les anneaux et qui sert à fermer la balle. Le poids de celte dernière varie entre 70 et 100 kilos.
L'aire à battre doit être à Tabri du vent, exposée au midi, parfaitement nivelée et damée pour qu'il ne se mêle pas trop déterre au sumac. La proportion de cette dernière, admise par le commerce, est d'environ 5 Vo- Si sa teneur augmente, les prix diminuent considérablement. Par suite, il y a tout avantage à paver la sole de Taire ou à la cimenter.
Le battage s'effectue au fléau, par les heures les plus chaudes de la journée. Le sumac, ainsi battu à Tétatde siccité parfaite et en plein midi, se réduit en feuilles hachées par morceaux, et se vend pour être moulu et converti en poudre^ d'où son nom commmercial de sumac à moudre.
TANINS ET ÉCORCES 725
Si Ton veut produire la qualité commerciale de sumac à emballer, on procède différemment. Le sumac à battre doit être encore un peu humide ; on choisit le matin pour le battre. Les feuilles se détachent alors entières de la tige et laissent sur Te bois un léger résidu qu'on sépare en battant par la grande chaleur et qui donne du sumac à moudre. Ce résidu est très mêlé de pétioles ; il porte le nom de gam* mura. En vendant son sumac à emballer, le producteur spécifie que l'acheteur lui prendra, au môme prix, la production de gammura correspondante.
Dans le sumac à mowrfr^, une pareille stipulation n'intervient pas, car \di gammura est tout entière mêlée à l'ensemble du produit. Ce mélange est d'ailleurs défectueux, et la valeur des feuilles de sumac varie énormément suivant la qualité des produits.
On distingue, en effet, les qualités commerciales suivantes :
1° Le sumac en feuilles, à emballer, qui s'obtient par un battage spécial dont le but est de laisser la feuille entière et sans pétiole :
2° Le sumac à moudre, battu très sec, et réduit en fragments très petits, avec les pétioles qui dépendent de la feuille ;
S** Le sumac de sfogliatrera ou sfilalwa, qui provient de l'effeuillaison des arbustes d'un an et présente une couleur spéciale, vert plombé, très différente du vert jaune, du sumac de bonne qualité ;
4*" Le sumac de scapezamenlo, rameaux extrêmes récoltés au commencement de l'automne, qui possède une couleur npirâtre encore plus reconnaissable et plus nuisible dans les mélanges avec les bonnes qualités.
Le sumac en feuilles se presse en balles au moyen de la presse hydraulique ; il vaut environ 20 à 25 francs les 100 kilos. Le sumac à moudre se triture dans des moulins à meules verticales, semblables à celles employées pour les olives, puis il se passe au blutoir. Les fragments de pétioles, qui ne peuvent traverser le blutoir, sont repris et moulus de nouveau dans des moulins ordinaires à meules horizontales. Le mélange vaut environ 18 francs à quai Palerme. Le sumac
7i6 PRODUITS ACCESSOIRES
de sfogliaiura se paye à raison de 12 à 15 francs, et celui de scapezamenlo, à raison de 8 à 10 francs les 100 kilos.
Les résidus, constitués par les parties ligneuses de l'arbre. sont vendus pour les fours à cliaus:. Le rendement à l'hectarevarie de 1.500à 1.700 kilos. La culture du sumac, qui laisser rexploilant un l>énéfice net de 200 à 300 francs par hectare, pourrait donc être avantageusement tentée en Algérie, où c**t arbuste est spontané.
B. Feuilles de lentisque. — Les feuilles du pistachier lentisque {Pisiacia lenliscus, L.), si commun dans le Midi de la France, en Corse et en Algérie, ont une richesse en tanin de 13 à 14 Yq, suffisante pour permettre leur emploi industriel. Comme les feuilles du sumac, celles du lentistpK' sont desséchées, puis pulvérisées, avant d être mises en vente. La poudre de lentisque n'est malheureusement pa? employée directement par la tannerie; elle sert à falsifier la poudre de sumac, à laquelle on la mélange dans des proportions variant entre 25 et 75 Y^. Si Ton songe que la valeur du sumac aux lieux de production est de 18 francs, et que celle du lentisque en poudre, sur quai Palerme, n'atteint que 7 fr. 50 à JJ francs le quintal, on voit combien cette fraude est prohtable à ceux qui s'y livrent. C'est pourquoi elle continue à s'exercer malgré la loi promulguée par le gouvernement italien en août 1897, aux termes de laquelle les expéditeurs sont tenus, sous les peines les plus sévères, d'indiquer sur les sacs en ballots qui contiennent la marchandise, ainsi que sur les factures et les feuilles d'expédition, la nature et la qualité des mélanges.
C'est en Tunisie que se prépare la poudre de lentisque. L'importation sur les côtes de Sicile atteint annuellement 12 à 15.000 quintaux. On ne peut qu'admirer la naïveté des tanneurs fran^^ais qui continuent à acheter ces poudres adultérées, et regretter l'insouciance de la tannerie qui n'a pas su utiliser la poudre de lentisque. Sans doute, on reproche à cette dernière de donner aux cuirs une coloration trop foncée. C'est là un accident de minime importance, qu'il ne serait pas difficile d'ailleurs d'éviter entièrement. S'il advient jamais que les feuilles pulvérisées de lentisque soient classées comme matière tannante, la Corse, l'Algérie et la Tunisie
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pourront amplement suffire à tous les besoins, et, grâce à oetle nouvelle iiyiustrie, les broussailles algériennes acquerront quelque valeur.
La récolte des feuilles de lentisque se fait en Algérie et en Tunisie, à partir du mois de juin. Tous les autres détails de la préparation sont identiques à ceux exposés pour les feuilles <ie sumac.
Art. VIII, — BOIS POUR EXTRAITS TANNIQUES.
Pour les extraits tanniques, on emploie des branches et ({uartiers provenant de vieux chênes ou de vieux châtaigniers.
a) Bois de chêne. — Spécification de la maison Luc^ de Nancy. — Les Ijois doivent provenir de gros et vieux chênes, anciens et modernes, et mesurer au moins 0", 11 de diamètre au petit l)out sur une longueur minima de 4 métré et maxima de l^jSS. Ces bois doivent être peu ou pas du tout fendus. Les recopes, éperons, bois roulés et gercés, ayant au moins 0",25 de longueur, sont acceptés. 11 en est de même des souches fendues à un diamètre de 0"»,45 environ et complètement dépourvues de racines ou de parties terreuses. Sont refusés les bois par trop chargés d^aubler, écorcés, morts sur pied, rouges, pourris, échauffés, et les brins provenant du taillis. Ces bois à tanin sont payés à raison de 46 francs les 1 000 kilos rendus sur wagon a Tusine. Le stère pesant en moyenne 800 kilos, sa valeur à Tusine est ainsi de H francs. Payement à 30 jours, sous escompte de 3 7^, ou à 4 mois sans escompte.
b) Bois de châtaignier. — Spécifications de Al. P. A. Bey^ à la Bochette {Savoie).
a) Approvisionnement pour les usines de la Seytaz : Bois sain, exempt de pourriture et de parties échauffées ou noircies par la pluie ou la gelée, sans souches ni racines, entièrement dépouillé de son écorce, sans branches ayant moins de 10 centimètres de diamètre. 11 n*y a aucune tolérance sur ces conditions de qualité, qui doivent être scrupuleusement observées.
Quand un chargement de wagon contient une proportion de un quart de bois défectueux, il peut être^refusé. Le refus peut être prononcé, soit à la gare de départ, soit à celle d'arrivée, soit dans les usines.
Le bois doit être débité en morceaux de 1",40 de long au maximum ; la grosseur ne doit pas dépasser 0™,20 de diamètre.
Prix par wagon de 8.000 kilos, sur wagon départ (Savoie, Haute-Savoie, Isère): 15 francs les 1.000 kilos.
3) Approvisionnement pour r usine de Coure {Dordogne). — Qualité et grosseur comme ci-dessus ; bois débités en morceaux de 1™,25 de long au maximum ; prix sur wagon départ (Dordogne) : 5 fr. 50 le stère.
c) Feuilles, brindilles et menu bois de chêne vert. — D'après des analyses faites par M. Charaux et rapportées par M. Truchot, on pourrait encore utiliser les ramilles de chi^ne vert pour la préparation des extraits tanniques. Un fagot exploité fin mai, pesant vert H'^^jOSO, a donné en vert 3,9 Vo. desséché à Tair libre 4,7 7o ^^ desséché à 100° 5,9 7o de son poids de tanin. Ces fagots contiennent donc 40 kilos de matières tannantes, c'est-à-dire à peu près autant que 5 botles d'écorce ; ils peuvent fournir 150 kilos d'extraits tanniques valant 30 francs et ayant coûté 10 fr. 50 de fabrication et 5 francs de façon. Si les irais de transport de la forêt à l'usine ne sont pas trop élevés, le traitement des brindilles laissera un assez joli bénéfice.