CLASSEMENT ET VALEUR DES LAINES DE BOIS
Dans le commerce, on distingue plusieurs sortes de laines. Cettedistinction repose sur Tépaisseur et la largeur des copeaux. L'épaisseur donne le numéro de la laine. Le classement le plus usité se fait de la façon suivante, en partant des laines les phisfines :
N» 1, laine de 1/15 de millimètre d'épaisseur No 2, » 1/10 » »
No 3. » 1/8 »
No 4. » 1/6 »
No 5, » 1/4 » »
No 6, ». 1/2 » »
La largeur sert à établir des subdivisions dans le numérotage^ ainsi le n*» 1 se fait en 1, 2, 3, 4 millimètres, les n^» 2, 3, 4, 5 se
BOIS X DEFIBRER
font en 2 ou 2"",5, le no 6 se fait eu 2 jusqu'à 4 milirmètres de largeur.
Le tableau suivant renferme, d'après Hufnagl, un certain nombr« de données pratiques permettant d'apprécier le fonctionnemeHt d'une usine à fabriquer la laine de bois.
Par 100 kilogrammes de bois
Numéros des laines . .
Epaisseur en mm. . . .
Largeur en mm
Façon fr.
Fil de fer .... fr.
Bois,0st.25à8fr,50run. fr.
Transport en gare . fr
Total des frais ....
Prix de la balle sur vagon départ
Dîfiérence en plus . . .
Nombre d'heures néces-
1 saire pour la fabrication
de 100 kilos de laine .
Art. ni. — USAGE DES LAINES DE BOIS
La laine de bois sert principalement à remballage des objets fragile9<verFerie8, porcelaines, faïences, j ouets, infltmmenls, cartouches, meubles, atc), des fruits et des primeurs (aubergines, pommes, poires, abrlcois, pêches, citroiis, oranges, etc.). Pour cet usage, on utilise des copeaux de grosseur moyenne (no^ 3, 4, 5), valant 8 à 15 francs les 100 kilos, et vendus en balles de 20 kilos dans toute la région parisienne. Le prix de 15 francs est celui du détail; le prix de 8 francs, celai du gros, en wagon complet.
L'emploi de la laine pour emballage tend à se vulgariser de plus en plus; on y trouve, en effet, économie de matière et profit indirect. D'une part, pour emballer un objet, il faut, en poids, 8 à fO fois moins de laine de bois que de paille on de foin ; d*autre paift, les risques d'avaries sont beaucoup moindres.
fti BOIS DE PAPIER ET DE DÉFIBRAGE
La literie utilise aussi une certaine quantité de Obre, spécialement de la laine n** 5 de hêtre, soit pure, soit en mélange avec des Tarechs ou du crin végétal, pour la confection des matelas, le rembourrage des paillasses, des lits militaires, etc. Les couchettes ainsi faites sont confortables et hygiéniques.
Les copeaux les plus grossiers de hêtre, coudrier, épicéa, etc., sont employés pour filtrer et clarifier les liquides : bière, vinaigre, eauj etc. ; les laines n° 6 servent comme litière, principalement dans les stalles des écuries de ville, que l'on désire maintenir sèches, inodores, chaudes et dans un parfait état de propreté.
Les laines les plus fines (n°* 1 et 2) peuvent remplacer la charpie dans les hôpitaux, particulièrement dans les pays chauds.
Enfin, la laine, brute ou colorée, peut être tressée pour confectionner des bordures de lisière, des rubans, des cordages, des liens de gerbes ou de jardin, des tapis, des paillassons, etc.
Art. IV. — AVENIR DE CETTE INDUSTRIE
Pendant fort longtemps, la fabrication de la laine de bois est restée une industrie allemande. C*est d'hier seulement, que la France est entrée en lice à son tour. Les régions montagneuses où la houille blanche produit la force à bon marché, TAlgérie où le bois est sans valeur, sont merveilleusement adaptées a cette production, cjui substitue à la matière brute ligneuse, lourde, encombrante et d'un transport onéreux, une marchandise pressée en balles, facile à manier, pouvant s'expédier au loin sous des dimensions restreintes. Dans bien des cas, une installation sommaire constituera l'annexe précieuse d'une scierie, et permettra d'utihser les rognures, les fausses coupes, en un mot tous les débris dont on a tant de peine à se défaire.
En ce qui concerne plus particulièrement l'Algérie, la fabrication de la laine de bois permettrait de tirer parti de ces forêts de pin d'Alep, que l'on regarde brûler avec un fatalisme tout oriental. Il sufdt de réfléchir un instant au développement pris dans notre Colonie par Texporlation des fruits et des primeurs, pour se convaincre de la possibilité d acclimater avec succès, sur la terre algérienne, une industrie ne réclamant que de faibles capitaux et une force motrice que des moteurs à gaz pauvre, fonctionnant au bois, peuvent fa-
BOIS A DKFIBRER 85
cilement donner. L'Espagne, la Tunisie, les Baléares, la Sicile, le sud de l'Italie pourraient m(^me s'alimenter largement à cette source pour ainsi dire inépuisable. A défaut de Tinitiative privée, si lente à venir, je souhaite que le Gouvernement général fasse les frais d'une première installation, qu'il pourra céder ensuile le plus aisément du monde aux exploitants de ses coupes, s'il ne veut lui-même assumer la responsabilité de l'entreprise commerciale.
Art. V. - VALEUR DES BOIS UTILISÉS POUR LA FABRICATION DE LA FIBRE DE ROIS
D'ordinaire, pour fabriquer la laine de bois, on emploie des résineux du pays, c'est-à-dire, le plus souvent, des pins ou épicéas provenant de plantations. On vend tantôt au poids, comme s'il s'agissait de bois à papier, tantôt au mètre cube, tantôt au stère. On paye les rondins écorcés, de
15 à 30^™ de diamètre : 13 à U fr. le stère rendu à l'usine, soit 10 à \2 fr. sur wagon départ, suiv. distance; 12 a lô""™ » : 11 à 12 fr. le stère h Tusine ;
10 à 12<^»n » : 6 fr. 50 à 7 fr. 50 le stère à TuBine.
Parfois, les fabricants achètent les rondins tout venants, à partir de 12 ou 13 centimètres de diamètre, et payent alors 13 francs le stère écorcé et rendu. C'est un débit avantageux seulement pour les bois situés proche des usines.
Les laines fines demandent des bois spéciaux, choisis, à croissance régulière, à grain fin, sans nœuds, valant 1/3 en plus que les bois communs.