CHAPITRE PREMIER
LES P£TITS DEBITS
Art. I«'. — ARTICLES DE FUMEURS
Les souches volumineuses de la Bruyère arbre [Erïca arborea) sont utilisées pour la fabrication des pipes dites de bruyère. La grosseur des morceaux utilisables varie de ' celle d'un œuf à celle du poing. La vente se fait généralement au morceau et à des prix variables. Un mètre cube de souches^ sèches pèse environ 1.000 kilos. La plus grande partie de» racines de bruyère, travaillées en France, proviennent d'Espagne, de Corse, des Pyrénées. L'Algérie pourrait en livrer de grosses quantités. La fabrication des pipes de bruyère pourrait même constituer dans cette colonie une véritable industrie. Il y a déjà des usines en Corse.
Le bois du Merisier, celui du Mahaleb mieux encore, est également utilisé pour la confection des fourneaux et tuyaux de pipes, des porte-cigares et porte-cigarettes. Il faut des morceaux courts, droits, sans défauts, encore pourvus de leur écorce. La vente se fait à la pièce, sur le pied de 25 à 30 francs le stère au moins.
ART. IL — ARTICLES DE TABLETTERIE, DE TOURNERIE, etc.
Le Buis est employé dans la tabletterie pour faire des tabatières, des manches de couteaux, des jouets d'enfants, des peignes, des mètres et pieds-de-roi, etc., etc. Les tourneurs
92 LES PETITS BOIS d'lNDUSTRIE
en font des jeux de quilles, des vis, des robinets. Les graveurssur bois s'en servent pour leurs planches les plus fines. Saint- Claude, Morez du Jura, fabriquent avec cette matière desmètres, des sèbilles, des cuillers, des fourchettes, etc. ; Paris en tire des instruments de mathématiques. Très abondant en France, le buis ne compte cependant presque plus comme bois d'industrie, depuis que Ton a pris la barbare et sotte habitude de le recéper au passage des exploitations dans les taillis. Respecté, il deviendrait la richesse et Tornement des terrains les plus arides.
Dans la vallée d'Ossau (Pyrénées), le buis fournit encore des perches de 2 à 5 mètres de haut, de 15 à 40 centimètres de tour. Il se vend alors au poids. Le prix moyen d'achat en forêt varie entre 0 fr. 35 et 0 fr. 40 les 100 kilos, ce qui fait environ 3 fr, 30 le stère, pour un poids moyen de 050 kilos en vert. C'est presque dérisoire. Il est vrai d'ajouter (jue les frais d'exploitation se montent à 0 fr. 75 le quintal, soit à 7 fr.lO le stère, ce qui porte à 10 fr.40 la valeur de cédernier pris en coupe. Presque tout le buis des Pyrénées est utilisé pour la fabrication des grains de chapelets. Le (|uintal de buis vaut, après fabrication, de 3fr. 50 à 4 francs, ce qui laisse à rinduslrielqui transforme la matière brute, un bénétice net de 0 fr. 50, supérieur à la valeur du bois sur pied.
Le buis de Corse, ayant à peu près mêmes dimensions que celui des Pyrénées, vaut 9-10 francs les 100 kilos, franco^ quai Marseille. Le buis du Levant, en petites bûches de 0"',60 à l^jiO de long et de 0'",15 à 0'",90 de tour, se vend à Paris entre 40 et 00 francs les 100 kilos. Un stère sec pèse environ 900 kilos.
Plus rare que le buis, XqUoux atteint souvent d'assez fortesdimensions dans les sapinières, les éboulis rocheux de nos calcaires jurassi(|ues. Il serait encore mieux représenté, si on lui accordait la protection qu'il mérite. Son bois, d'un grain lin, susceptible de prendre un beau poli, est très recherché pour la tabletterie, le tour, la fabrication des instruments de mathématiques. Teint en noir, il supplée Tébène. Les morceaux de l'",50 de long, 0'",15 à 0"',50 de tour, se vendent au poids, à raison de 20-30 francs les 100 kilosrendus. Un stère pèse en\iron GiO kilos.
LES PETITS DEBITS
Vif peut aussi cire regardé comme une de nos essences les plus rares et les plus précieuses. Le stère pèse vert 800 kilos, sec (>20 kilos. Son bois incorruptible, richement nuancé, susceptible de prendre un beau poli, convient pour la marqueterie, le tour, la sculpture. Coloré en noir, il imite Tébène à s'y méprendre. Les bûches ayant 0™,îO à 0'",(>0 de tour, 1 k 2 mètres de long, peuvent valoir environ 40 à 50 francs les 100 kilos rendus aux lieux d'emploi.
Une foule de petits bois débités en rondins de 0™,20 à 0",60 de tour, 1"\30 à l'",50 de long, pourraient aussi servir aux grands ateliers de tournerie et aux maisons qui fabriquent l'article de fantaisie. Les espèces ci-dessous ne le cèdent en rien aux végétaux exotiques, sous le rapport de la iinesse du grain, de l'homogénéité du tissu, de la richesse du coloris et du veinage :
Jujubier commun, bois rouge, imitant Tacajou ;
Sumac thezera, » »
Érable de Montpellier, bois rougeàtre ;
Cerisier Mahaleb, »
Poirier, Pommier, »
Alisier torminal, »
Sorbier, Caroubier, »
Arbousier, »
Thuya algérien, bois rouge brun ;
Prunellier, bois brun rougeàtre, richement veiné ;
Aubépines, bois blanc, teinté de rouge, plus ou moins flambé de noir ;
Cornouiller mule, bois blanc rougeàtre et plus ou moins flambé de rouge au cœur ;
Nerprun purgatif, bois jaune rougeàtre, lustré ;
Pistachier lentisque, bois rosé, nuancé de jaune et à éclat satiné ;
Nerprun alaterne, bois brun foncé ;
Cytise faux ébénier, bois d'un noir d ebène ;
Olivier, bois d'un gris argenté ;
Laurier algérien, bois d'un gris clair ;
Genévrier oxycèdre, bois d'un jaune brunâtre ;
Genévrier de Phénicie, bois d'un brun jaunâtre ;
Grenadier, bois d'un blanc jaunâtre ;
94 LES PETITS BOIS d'iNDLSTRIE
Fusain, bois d'un jaune clair ;
Sureau noir, qui remplace le huis dans la fabrication d'un grand nombre d'objets ;
Alisier blanc, bois blanc ;
Frône, bois blanc, nacré.
Nos fonHs de France et d'Algérie regorgent de ces petits bois, dont les similaires exotiques se vendent, une fois omTés, sur le pied de 200 francs le stère, et que l'exploitant routinier, ignorant, jette dans la charbonnette à 1 franc le stère 1
Art. Iir. — BALAIS
Avec les brindilles du bouleau, les liges flexibles du chèvrefeuille, des bruyères, de la callune, des genêts, du palmier nain, on fabrique une très forte quantité de balais de cuisine, de cour ou d'écurie. Ces balais, serrés à un ou deux liens d'osier ou de fil de fer, ont environ 0"\60 de longueur, 0'",30 de tour au lien ; ils valent en gros 10 francs le cent, et coûtent 5 francs de façon.
Les branches de houx, réunies en très petits fagots, sont utilisées dans certaines régions pour le ramonage des cheminées.
Art. IV. — CERCLES
On maintient avec des cercles les futailles, cuves, cuviers. Les meilleurs bois pour cercles sont le châtaignier, le micocoulier, le cornouiller mâle, le coudrier. Le saule marsault s'emploie encore, surtout dans les caves humides. On utilise accessoirement le charme, le bouleau, le merisier, l'orme et le frêne, principalement pour les cuves et les fûts servant de récipient à des matières sèches. Tout en étant assez active encore, l'industrie du cerclage a cependant perdu de son importance, depuis que s'est généralisé l'emploi des cercles de fer, plus solides, mais protégeant beaucoup moins bien les fûts contre les chocs.
Les lances utilisées pour la fabrication des cercles, doivent être assez grosses pour donner deux cercles au moins à la fente; elles ont en moyenne i à {\ pouces, soit H à IG'^" (le tour au gros bout, et 3 pouces, soit 6 à 8 centimètres au petit bout. Exceptionnellement, les brins de cornouiller peuvent n'avoir que 0™,045 au petit bout. Les plus petites lances donnent seulement deux cercles ; les moyennes, 3 à 4 ; les grosses, 5 à 6. Les bois destinés à cette fabrication doivent cHre coupés hors sève, sans ([uoi Técorce se détacherait, et les cercles ne vaudraient plus rien.
Les perches destinées à la fabrication des cercles sont détournées au moment de Texploitation par les bûcherons qui reçoivent, à cet effet, un salaire de 5 à 0 francs par mille. C'est également au mille, que se fait la vente aux fabricants. Cependant, les perches de l'^.SO de long et au-dessous sont généralement comptées à 2 pour 1.
Dans l'Yonne, les exploitants vendent pris en coupe :
55^^ le mille de perches en coudrier et cornouiller pour cercles de tonneaux; 35^'' » » » feumettes;
30''^ » en charme » , »
Moitié des prix ci-dessus, le miUe de perches pour cercles de quartauts.
Les cercles pour tonneaux de 250 litres ont 3 mètres de longueur, et se vendent à la botte de 24 ; ceux pour tonneaux de 200 litres ont 2", 66 de longueur, et se vendent à la botte de 24 ; ceux pour feuillettes de 136 litres ont 2"*, 20 de longueur, et se vendent 1 fr. 60 la botte de 48 ; ceux pour feuillettes de 100 litres ont 1"*,80 de longueur, et se vendent 1 fr. 40 la botte de 48 ; ceux pour quartauts de 58 litres ont l^jSO de longueur, et se vendent 1 fr. 25 la botte de 48, sur wagon départ.
Les prix ci-dessus s'entendent des cercles de toutes essences (charme, coudrier, cornouiller) ; ceux fabriqués exclusivement avec des coudriers et des cornouillers sont vendus 2 fr. 10 la botte de 48 pour feuillettes, et 2 fr. 10 la •botte de 24 pour tonneaux. La façon est en moyenne de 1 fr.. par botte de 48 ou de 24.
LES PETITS BOIS D INDUSTRIE
Une corde de charbonnette (i st. (>G) renferme environ 700 perches pouvant donner 2.000 cercles à feuillettes
87 fr. 50.
valant
Déduisant :
les frais de recherche, ci. . 4fr. 20 \
» façon, ci. . 41 fr. 66 | soit au total. 50 fr w transport, ci. . 5 f r. )
Il reste comme valeur de la corde sous feuilles . . .
36 fr. 64,
ce qui porte à environ 14 francs le prix du stère sur pied.
En d'autres régions, on classe et on paye de la manière suivante les lances de cornouiller pour cercles, prises en coupe :
Défignation
Loiigaear
CirconréreDce
petit boat
Priï
da mille
Pour tonneaux de Bourgogne. .
Pour feuillettes de Bourgogne .
Pour hAntolitres .....
fr.
Pour quarts de Bourgogne .
Pour barils à harengs, beurre
On compte alors, qu'un stère de charbonnette renferme environ 450 brins pour cercles à feuillettes, et vaut 9 francs sous feuilles.
Les lances de coudrier, ayant de 0'",08 à O^jiO de tour, rognées à 3 mètres (cercles pour tonneaux), à 2", 70 (cercles pour feuillettes), à i'",r)5 (cercles pour quarlauts), sont échantillonnées et vendues comme suit :
Perches ayant.
moins de 0n,09 de tour ; 0-,09 à 0'°,14 »
12 à 15 fr. le mille 25 à 30 f r. »
75 à 80 fr. »
On estime que, d'un stère de lances de coudriers, on retire 300 cercles à tonneaux, 500 cercles à feuillettes et 1.000 cercles à quartauts.
Rouleaux de 84
Dans les Pyrénées Orientales, les cercles, généralement en micocoulier, sont classés et vendus ainsi :
Bottes de 100 cercles, longueur 1«»,90, prix sur vagon dépari 2 fr. 25
"'—''- °' - lm,75 » 2fr.35
2" • 2 fr. 40
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