CHAPITRE TH
DES CONDITIONS NÉCESSAIRES POUR QUE LES UNDULGEY ES TU1SSEKT ÊTRE GAGJNÉES.
Une indulgence ne peut être accordée qu'à ceux qui sont membres de l'Eglise; par conséquent ceux qui n'ont point reçu le baptême ne peuvent y avoir part. Mais les cathéchumènes justifiés par la charité parfaite en sontils susceptibles? Oui, selon plusieurs théologiens, parce qu'ils appartiennent à l'âme de l'Eglise ' j non, selon la plupart, attendu qu'ils ne sont point entrés dans l'Eglise par la porte du baptême , comme s'exprime le saint Concile de Trente, sess. 14 , ch. 2 , et ne sont point soumis à la juridiction ecclésiastique ; ils ne peuvent donc recevoir l'application de l'indulgence que per modum suffragii, et non per tnodum absolutionis.
Cette controverse est inutile pour la pratique, puisque nous ne voyons plus de catéchumènes dans nos contrées
Venons donc aux conditions requises pour que le fruit de l'indulgence soit validement obtenu. Ces conditions se réduisent aux dispositions de la personne et aux œuvres prescrites.
ARTICLE I
DISPOSITIONS REQUISES DANS LA PERSONNE QUI VEUT GAGNER LES INDULGENCES.
Deux dispositions sont absolument nécessaires dans ceux qui veulent gagner les indulgences, Tétat de grâce et l'intention formelle.
1 Ferraris, ort. 2, n° 38.
J I De l'état do grâce dans ceux qui veulent gagner l'indulgence.
Nous avons dit ailleurs qu'il n'est pas toujours nécessaire d'être en état de grâce pour appliquer l'indulgence aux morts , mais il en est autrement si on veut la gagner pour soi-même. Car l'indulgence ne remettant jamais le reatum ou la coulpe du péché, ni mortel, ni véniel , mais seulement la peine temporelle , et cette peine ne pouvant être remise tandis que le péché lui-même subsiste dans l'âme, il s'ensuit qu'il faut être en état de grâce pour recevoir l'application d'une indulgence , soit plénière , soit partielle , quelque petite qu'on la suppose.
Les théologiens conviennent unanimement qu'il n'est pas nécessaire de faire en état de grâce tout ce qui est prescrit ; mais il faut y être au moment où l'on termine la dernière action; car c'est alors que l'efTetde l'indulgence est appliqué. Par exemple, une indulgence est attachée à la visite de plusieurs églises , il suffira qu'on se réconcilie avec Dieu avant de visiter la dernière. Tout ce qui précède pouvant être considéré comme une préparation à faire rentrer en grâce avec Dieu , lui sera par là même agréable. Rien n'empêche donc que ces premières actions ne puissent concourir à faire obtenir l'effet de l'indulgence.
Irp Qcestion. — L'affection au péché véniel empêche- t-elle de yagner l'indulgence ?
(.Ile n'empêche pas de gagner l'indulgence correspondante aux péchés mortels déjà remis , ou même aux autres péchés véniels dont on a une véritable douleur; il est. certain , et tout le monde en convient , que l'affection » «in ou à plusieurs péchés véniels , n'empêche pas que les autre? , tant mortels que véniels , ne puissent être remis, quant à la coulpe et quant à la peine : ainsi point de difficulté à cet égard. Mais alors l'indulgence ne sera pas plénière dans son application ; car les péchés véniels pour lesquels on conserve de l'affection ne sont point remis ;
nH TU A! TÉ
par conséquent 1 indulgence ne peut effacer la peine temporelle qui leur est due (Collet , page 184).
2e Question. — Celui qui, en accomplissant les œuvres prescrites pour l'indulgence, pèche véniellemcnt , en perçoit-il néanmoins le fruit ?
Il faut examiner quelle est la nature de la faute dont il s'agit. Cette faute vénielle influe-t-elle sur l'action entière, de manière à en vicier la substance ? Dans ce cas elle empêche l'effet de l'indulgence ; car une action substantiellement viciée est mauvaise et ne peut répondre aux intentions qu'a eues le supérieur ecclésiastique en accordant l'indulgence. Ainsi, celui qui donnerait l'aumône uniquement par vanité , ne ferait pas un acte de charité ; cependant, c'est un acte de charité que le Pape a prescrit, et non un acte de vanité. (Collet, page 188) embrasse ce sentiment et le regarde avec raison comme le seul vrai.
Si la faute vénielle n'infecte pas la substance de l'action, elle n'empêche pointdegagner l'indulgence, tout le monde en convient. Par exemple, un homme , en jeûnant , en faisant l'aumône , en priant , se laisse aller à quelque mouvement de vanité ; il pêche sans doute , mais le mouvement vicieux de vanité auquel il s'est laissé aller , n'est qu'un accessoire de l'acte principal et n'en doit pas empêcher l'effet.
$ II. De l'intention nécessaire pour gagner l'indulgence.
Pour gagner l'indulgence, il faut un acte humain et non un acte purement matériel ; il est donc nécessaire d'avoir l'intention réelle de la gagner. Tous les auteurs sont d'accord là-dessus. Celui qui a fait, sans y penser et sans y avoir pensé auparavant , une œuvre à laquelle une indulgence est attachée , ne la gagne point. II n'est pas nécessaire que cette intention soit actuelle, néanmoins , une intention virtuelle; c'est-à-dire, une intention qui a été actuelle et qui persévère virtuellement dans une suite
non interrompue d'actes provenant de cette première intention, suffit. Ainsi, une personne forme le dessein de gagner l'indulgence plénière attachée à telle fête ; elle se confesse et prie dans cette intention ; puis, quand le moment de la communion est venu, elle va à la sainte table sans se souvenir de ce qu'elle s'était proposé en commençant ; elle gngne néanmoins l'indulgence.
(1 y a bien encore une autre sorte d'intention qu'on appelle habituelle ou interprétative, c'est celle qu'aurait un homme de gagner telle indulgence, s'il la connaissait et >'il y pensait. Cette intention suffirait-elle pour l'indulgence ? Beaucoup de théologiens disent que non , parce quelle n'influe point sur l'action ; d'autres soutiennent «pi'elle serait suffisante. On peut voir ce que dit à ce sujet saint Liguori , liv. 6 , n. 534 , 14.
Il faut donc tâcher d'avoir au moins l'intention virtuelle. Cette intention pouvant , selon l'opinion commune, durer un jour entier sans être renouvelée, pourvu qu'elle n'ait point été révoquée par quelque acte proposé, c'est une pratique salutaire de former tous les matins la résolution de gagner les indulgences qui seront attachées aux œuvres que l'ou fera pendant la journée , et de les appli quer à telle ou telle fin, à soi ou à un défunt. Par cette détermination, on se conforme suffisamment aux intentons ordinaires du supérieur ecclésiastique.
Si cependant ce supérieur avait voulu qu'on se propotà( une fin particulière ; par exemple, qu'en priant, on Jemandàt telle chose déterminée, l'intention général de •aire une œuvre de piété ne suffirait pas : mais si l'on e proposait ce qu'il a eu en vue, sans savoir explicitement ce que c'est, il n'en faudrait pas davantage : Dieu e sait, et la volonté serait assez déterminée par là. De . il n est pas nécessaire de connaître positivement fuelle est l'indulgence accordée pour telle pratique, ni uème de savoir s'il y en a une ; il suffit d'avoir l'intention le gagner cette indulgence , si elle a été accordée , et telle |u elle a été accordée.
60 TEAITÉ
ARTICLE II
DES OEUVRES PRKSCIUTE9 TOUR GAGNER l'iNDCLGENCE.
Le principe fondamental est qu'il faut s'en tenir strictement à l'acte de concession ; car, dans cette maliere, tout dépend de la volonté du supérieur ; et , selon la maxime du droit canonique, verhi tantùm valent quantum semant.
Cette observation générale suffit pour ce qui concerne les indulgences partielles; mais comme certaines œuvres ordinairement prescrites pour l'indulgence plénière , peuvent causer quelque embarras dans la pratique, il esl bon de les exposer ici en peu de mots, et d'éclaircir les difficultés qu'elles présentent. Ces œuvres sont : la confession , la communion et des prières faites à l'intention du souverain Pontife.
$ I. De la confession prescrite pour gagner l'indulgence plénière.
Si la confession n'était point exigée comme condition essentielle de l'indulgence, elle ne serait pas strictement nécessaire, même pour ceux qui sont coupables de péché mortel ; car la contrition parfaite, jointe au vœu du sacrement de Pénitence, justifie le pécheur, et le rend par là même susceptible de recevoir l'application de l'indulgence.
Néanmoins cette décision, admise par tous les théologiens , ne peut être d'une grande utilité dans la pratique, parce que le pécheur ne peut compter sur la contrition parfaite, à moins qu'il ne soit dans l'impossibilité de se •onfesser. D'ailleurs, la confession est ordinairement pres-i crite.
On convient que la clause, rite contritis et confessis, qui se trouve communément dans les bulles d'indulgences plénières, exige la confession sacramentelle de tous ceux qui sont en état de péché mortel, quelqne contrits qu'ils soient. S'ils étaient dans I'imposibilité de se confesser , ils
DES INDULGENCES. i)i
ne pourraient gagner l'indulgence. La Congrégation des Indulgences, consultée à ce sujet par l'évêque de Méliaponr, répondit, le 19 septembre 1729, que les missionnaires étaient assujettis à la rigueur de cette clause, comme les autres; elle donna le conseil d'en demander la dispense. Ils la demandèrent effectivement, et l'obtinrent, comme l'atteste Benoit XIV, dans sa constitution Inter prœte/itos du 3 décembre 1749, § 6. La même dispense fut aussi accordée, en 1734 , aux PP. Capucins de France et d'Irlande, qui travaillaient dans les missions parmi les hérétiques \
1 Te Question. — Ceux quinont que des fautes vénielles sontils également obligés, en vertu de la précédente clause, de se confesser pour obtenir l'indulgence ?
Presque tous les théologiens disaient autrefois que non, parce qu'ils étaient persuadés que la confession n'était prescrite que comme moyen d'obtenir la grâce sanctifiante. De là, ils concluaient qu'on n'avait besoin de se confesser ni la veille ni le jour de la fête à laquelle était attachée l'indulgence que l'on voulait gagner, ni même de se confesser du tout, pourvu qu'on n'eût pas péché mortellement depuis sa dernière confession. Navarre , Suarez , Bonacina, Collet, Ferraris et beaucoup d'autres étaient de ce sentiment.
Tous convenaient que si la confession était prescrite comme œuvre essentielle à l'indulgence, elle devenait nécessaire même à ceux qui n'auraient que des fautes vénielles à se reprocher. On ne disputait donc que sur le rentable sens des paroles que nous avons citées, rite contritis et confessis.
La Congrégation des Indulgences se prononça, le 19 mai 1759, contre l'opinion des théologiens, et décida (pie la confession était une condition essentielle de l'indulgence; Clément XIII approuva ce décret, et voulut qu'il pût partout force de loi.
1 Théodore du Saint-Esprit , {*• part ch. xi, p. 347
l>*2 TRAITÉ
Cette décision contrista beaucoup de personnes : une foule de communautés d'hommes et de femmes , des < urés et des évèques supplièrent humblement le Saint Père de la modifier.
Clément XIII fit de nouveau examiner l'attire ; la Congrégation s'en occupa sérieusement , et fut d'avis que Sa Sainteté, sans toucher à ce qui avait été réglé, accordât un induit perpétuel propre à satisfaire les pieux fidèles. Elle demandait que ceux qui sont dans l'usage de se confesser habituellement toutes les semaines , s'ils n'en sont légitimement empêchés , pussent gagner les indulgences qui se rencontreraient, sans être obligés de se confesser chaque fois, pourvu qu'ils eussent conservé l'état de grâce , en acceptant toutefois le jubilé ordinaire et extraordinaire, pour lequel la confession continuerait d'être nécessaire.
Le pieux Pontife adopta l'avis de la Congrégation , fit dresser son induit dans ce sens , et le publia le 9 décembre 176S.
La Congrégation des Indulgences a rendu un décret qui a été approuvé par Pie VII, le 12 juin 1822, portant que, pour ceux qui n'ont pas l'habitude de se confesser aussi souvent, la confession pourra se faire huit jours avant la fête où ils se proposent de gagner l'indulgence.
Un rescrit de l'audience de Pie VII, du 16 mars 180o, signé Caprara, donnait aux fidèles du diocèse du Mans ta faculté de gagner les indulgences plénières qui se rencontreraient , en se confessant seulement deux fois par mois, bis in rnense, pourvu qu'ils fussent en état de grâce et remplissent les autres conditions requises. Ce rescrit était motivé sur le petit nombre des confesseurs, et n'annonçait aucune limite pour la durée.
Cette concession, peu conforme à ce qui se pratique ordinairement à Rome, n'ayant point paru assez sûre dans son usage indéfini, 51. de Pidoll désira la faire renouveler; il obtint un autre rescrit en date du $ avril 1818, conçu à peu près dans lea mêmes termes, mais pour cinq ans seulement.
DES IJSDLLGENCES. 65
M. de la Myre, successeur de M. de Pidoll, obtint un induit du «J octobre 1825, qui accordait la même faveur, aussi pour cinq ans. Une concession semblable fut faite à )I. Carron , le 7 février 1832, et elle a déjà été renouvelée plusieurs fois depuis.
Dans les diocèses où l'on ne jouit pas du même avanies fidèles doivent se confesser habituellement toutes les semaines , ou dans les huit jours qui précèlent la fête à laquelle est attachée l'indulgence qu'ils
ulent gagner. De plus, ils doivent le faire avec l'inten-
ion de la gagner, puisque la confession est considérée nain tenant comme œuvre prescrite.
' Qlestion. — Celui qui se confesse quelques jours avant la fête, pourrait-il gagner une indulgence plènière qui se rencontrerait dans cet intervalle ?
Nous ne le croyons pas , et voici sur quoi nous nous
ondons : par le décret du lf) mai 1759, la confession est dé-
laree condition essentielle de l'indulgence. Clément XIII
déroge à cette disposition, mais seulement en faveur de
eux qui se confessent toutes les semaines. Pour les autres,
i confession reste donc prescrite comme il avait été décidé.
(r, le décret du 12 juin 1822 n'accorde aucune dispense
cet égard , puisqu'il n'en dit rien. Nous ne voyons donc
as sur quoi l'on s'appuierait pour faire gagner plus d'une
idulgence au pénitent dont il s'agit, dès qu'il n'est pas
MM l'usage de se confesser toutes les semaines. Quelques
«nea dont noua respectons les lumières, pensent
u il pourrait gagner toutes les indulgences qui se rencon-
•ent dans les huit jours après sa confession : nous n'a-
itM pas vu le texte du décret; mais, d'après l'analyse
u en doni.e Y Ami de la Religion, t. %%,p. 808, nous ne
mvons regarder cette opinion comme bien fondée.
Peut-être, dira-ton, dans cette hypothèse, que le déet du 12 juin n'accorde pas de grands avantages. lien corde beaucoup moins, il e*t vrai, que l'induit qui pert't de ne m Confesser que bis in mensc : néanmoins com-
l>4 TRAITÉ
me cette mesure est générale , perpétuelle, et ne restreint point la concession faite par Clément XIII , elle est réellement précieuse pour ceux qui ne sont pas dans l'usage de se confesser toutes les semaines. Car beaucoup de ces pénitents ne pourraient se confesser le jour mémo ou la veille de la fête : ils seraient donc privés de l'indulgence. En vertu du décret, tous ceux qui auront bonne volonté pourront participer à cette grâce.
Une décision du 15 décembre 1841 porte qu'on peut gagner les indulgences qui se rencontrent : ainsi tombent nos arguments. (Ami de la Religion, n° 3,6S3.)
Ze Question. — Dans ces confessions fréquentes, est-il nécessaire de recevoir toujours l'absolution sacramentelle, pour avoir droit à l'indulgence?
11 arrive encore quelquefois, par la miséricorde de Dieu , que des âmes privilégiées mènent une vie si réglée, si pure et si sainte, qu'au bout de quelques jours elles n'ont rien de précis à se reprocher, ou rien que le confesseur puisse regarder comme péché : dans ce cas, faut-il, en rigueur, leur faire accuser des péchés de la vie passée, les exciter à en concevoir une douleur actuelle et leur donner l'absolution? On le peut, sans aucun doute, et souvent même il est avantageux de le faire; mais cette condition n'est point essentielle. Nous l'enseignions comme probable dans nos précédentes éditions ; une décision de la Congrégation des Indulgences, du 15 décembre 1841 , lève tout doute à cet égard. Elle porte expressément que quand la bulle ou le bref accordant une indulgence prescrit la confession comme condition , i n'est pas nécessaire que les pénitents reçoivent l'ab' solution. (Ami de la Relig. n° $fi%%.)
GENCtiS. 05
J II. De la communion requise pour gagner l'indulgence plénière.
Questions. — Peut -on faire la communion avec l'intention a l'obtenir quelques (/races pour une personne , et de gagner l' indulgence pour une autre ?
On peut quelquefois gagner une indulgence plénière • sans communier: par exemple, à l'article de la mort, quand on ne peut recevoir le saint Viatique; de même , en faisant le Chemin de la Croix ; parce que ni la confession ni la communion ne sont prescrites pour gagner les indulgences plénières qui y sont attachées.
Ordinairement cependant , dans les bulles ou brefs d indulgences plénières , on met tout au long la clause verè pœnitentes confessi et sacrdeommunione refecti, ou bien on la suppose évidemment : dans ces cas , il faut regarder la communion comme nécessaire.
La communion doit être offerte dans l'intention au moins virtuelle de gagner l'indulgence , et faite avec toutes les dispositions requises pour être une œuvre sainte : car il serait absurde de dire que par une communion sacrilège on put gagner une indulgence.
Pourrait-on faire la communion dans l'intention d'obtenir quelque grâce pour une personne et de gagner une indulgence pour une autre? Nous pensons que oui; car pour l'indulgence la communion seulement est prescrite et non sa fin spéciale. Le plus sûr est de vouloir d'abord gagner l'indulgence , puis avoir une ou plusieurs intentions secondaires.
D'après les règles ordinaires, il faut faire la communion le jour même de la fête où l'indulgence doit être gagnée : mais le décret de la Congrégation des Indulgences, approuvée par Pie VU le 12 juiu \iiV2 , et déjà cité , permet de la faire dès la veille l.
On trouve souvent des concessions portant indulgence
1 L Atni 'le la Religion ei du lioi , /. 53 , n° 855 ,• et la Rucolta aiuii 1837, i> \*.
plénière une fois par mois, à ceux qui feront telles pratiques , ehaque jour , durant le mois , et choisiront, à leur volonté , un jour pour se confesser et communier. Nou» pensons qu'il ne faut faire la communion à cette intention, qu'à la fin des pratiques, ou qu'on ne gagnera l'indulgence que le jour où on les terminera. Par conséquent, il faudrait être en état de grâce dans ce moment.
Un mois doit être un mois usuel , comme janvier , février , etc. , et non une espace de fractions de temps , ou la fin d'un mois avec le commencement du suivant; ce9 fractions ainsi réunies ne feraient pas plus un mois dans le langage ordinaire , que sept jours pris en différente» semaines ne feraient une semaine proprement dite.
| III. Des prières ordinairement requises pour gagner l'indulgence
plénière.
Comme déjà nous l'avons dit, la concession d'indulgences plénières exprime ordinairement la condition de prier avec piété , qui piè ornverint. Souvent les fins pour lesquelles la prière doit être faite, sont déterminées. Alors on doit se les proposer. C'est ordinairement l'union avec les princes chrétiens , l'exaltation de la sainte Eglise notre mère , l'extirpation du schisme et de l'hérésie , et la conservation du souverain Pontife. Si les fins ne sont pasainsi déterminées , il suffit qu'on se propose simplement de prier dans les intentions de celui qui a accordé l'indulgence.
1 r0 Question. — Quelles sont les prières nécessaires , et dans quel temps faut-il les faire pour remplir la condition prescrite de manière à gagner l'indulgence ?
1° Aucune prière n'est déterminée en particulier comme nécessaire, les souverains Pontifes se contentent de dire qu'il faut prier avec piété , sans rien spécifier davantage. Cinq Pater et cinq Ace sont généralement regardés comme remplissant au fond la condition exigé
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