‹ Traite dogmatique et pratique des indulgencesChapitre 43 sur 69 · DE LA CONFRÉRIE DÏ7 SAINT- SACREMENT · texte numérisé non relu

DE LA CONFRÉRIE DÏ7 SAINT- SACREMENT

Cette confrérie commença à Rome dans l'église de Sainte-Marie sur la Minerve , vers le commencement du •eizième siècle. Sa fin était d'honorer spécialement Jésus - Christ dans le sacrement de son amour, et de réparer les outrages qu'il y reçoit de toutes parts.

Paul III, touché des représentations qu'on lui fît à ce sujet , approuva , par une longue bulle , du SO novembre 1539 , une si louable institution , aussi bien que les statuts qui devaient la régir.

Par ces statuts les confrères s'engageaient :

1° A veiller continuellement au respect dû au Saint- Sacrement , à ce qu'il fût environné , dans les églises paroissiales , des ornements extérieurs que la foi exige , et à ce qu'une lampe brulàt jour et nuit en sa présence.

2° Au défaut des ressources nécessaires dans les églises pour fournir aux frais qu'entraînaient ces honneurs, ils s'obligeaient à y pourvoir à leurs dépens , et à ne pas permettre que le saint Viatique fut jamais porté aux malades sans un voile fait exprès , dont chaque église paroissiale serait pourvue.

Ils devaient, lorsqu'ils n'en étaient point légitimement empêchés, accompagner cet auguste Sacrement , un flambeau à la main , quand on le portait aux malades , ou le faire accompagner de la sorte par une des personnes les plus notables de leur famille. A cet efFet, le curé ou tout autre prêtre appelé pour porter le saint Viatique aux malades , devait faire sonner quelques coups afin d'appeler les membres de la confrérie qui pouvaient venir , et avertir les autres de prier à l'intention du malade.

-4° Le troisième dimanche de chaque mois, tous les confrères se réunissaient dans l'église de Sainte-Marie sur la Minerve, y faisaient célébrer la messe, y assistaient , et à l'élévation prenaient chacun un flambeau.

5° Le vendredi dans l'octave de la Fête-Dieu , il y avait autour de l'église, extérieurement, une procession du Saint-Sacrement très-solennelle , à laquelle tous les con frères de l'un et de l'autre sexe assistaient, tenant des flambeaux allumés.

6° Si un des confrères tombait malade, son curé, et un des membres de la confrérie le visiteraient et le prépareraient à recevoir les derniers sacrements.

7° Les membres de cette confrérie, tant hommes que femmes, s'engageaient à dire, toutes les semaines, cinq Pater et cinq Ave, en l'honneur du Saint-Sacrement.

8° Comme il aurait été inconvenant que les femmes courussent à chaque instant dans la ville pour accompa gner le saint Viatique, il était réglé qu'elles resteraient chez elles , et se joindraient en esprit aux confrères , en récitant cinq fois le Pater et Y Ave , lorsqu'elles entendraient sonner la cloche pour les appeler.

Indulgences accordées à la confrérie du Saint-Sacrement.

Paul IU, après avoir approuvé les statuts dont nous venons de donner la substance, rendit, par la même bulle, S 18 , la confrérie du Saint-Sacrement participante de toutes les grâces , privilèges , exemptions et indulgences dont jouissaient déjà beaucoup d'autres confréries établies à Rome , et approuvées par ses prédécesseurs. Il accordait, en outre, aux confrères, plusieurs autres indulgences, savoir :

1° Indulgence plénière en forme de jubilé, le jour de leur entrée dans la confrérie, pourvu que, s'étant confes ses, ils communiassent avec dévotion. Même indulgence et aux mêmes conditions trois fois dans leur vie.

2° Cent jours d'indulgence à ceux qui accompagnent le saint Viatique avec des flambeaux , ou qui , ne pouvant

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f faire , prient comme il a été dit ci-dessus. Semblable idulgence leur est accordée pour assister à la procession i Saint-Sacrement ou à l'office qui est célébré au nom de

confrérie. A ceux qui visitent avec dévotion, tous les îndredis de l'année , l'église de Sainte-Marie sur la inerve, dix ans et dix quarantaines pour cbaque fois. 3° Aux femme3 qui ne peuvent décemment suivre le int Viatique , même indulgence qu'aux confrères qui iccompagnent, pourvu qu'au son de la cloche, elles se ignent à eux, et récitent, avec piété, cinq fois l'oraison >minicale et la salutation angélique 7 comme il est dit us haut.

4° Faculté aux confrères de l'un et de l'autre sexe de ioisir à la mort le confesseur qu'ils voudront , et d'être souts par lui de toute espèce de péchés et de censures , m\e réservés au Saint-Siège.

5° Les administrateurs de cette confrérie sont autori- } par le même Pontife à en changer les statuts ou à les )difîer , pour le plus grand bien , selon que leur prunce le leur fera juger expédient

6° Toutes les confréries du Saint-Sacrement , établies leurs sur le modèle de celle-là , jouiront des mêmes iviléges , grâces et avantagea spirituels déjà accordés,

qui seront accordés par la suite, et cela sans nulle conssion et sans association spéciale , dès qu'elles auront 3 établies par l'autorité apostolique ou par l'autorité de rdinaire , comme la Congrégation des Indulgences le clara le 16 février 1006.

Paul V accorda le 3 novembre 1606 :

1° Indulgence plénière aux confrères qui, s étant conisés, communient et assistent à la procession solennelle

Saint-Sacrement, faite par la confrérie le jeudi dans ctave de la Fête-Dieu. Cette procession* été fixée par nocent XII au vendredi , lendemain de l'octave. 2° Même indulgence à ceux qui, ne pouvant assister à procession, se confessent c > mmmient et prient selon

intentions du souverain I' •. -tife.

8° Pareille indulgence aux confrères qui , à l'article (k la mort, s'étant confessés et ayant communié, invoque ront au moins de cœur , s'ils ne peuvent le faire de bouche , le saint Nom de Jésus.

■4° Indulgence de sept ans et sept quarantaines au? confrères qui , s'étant confessés, communieront le jour d< la Fête-Dieu , et prieront selon les intentions du souverain Pontife.

5° Cent jours, tous les vendredis de l'année, pour visi ter l'église où la confrérie existe.

6° Cent jours , chaque fois qu'ils assisteront aux office ou aux processions de la confrérie.

7° Sept ans et sept quarantaines si, s'étant confessés , il communient et assistent à la procession du troisième di manche du mois , ou du Jeudi-Saint.

8° Sept ans et sept quarantaines , toutes les fois qu'il accompagneront le Saint-Sacrement avec ou sans lumk res, quand on le portera aux malades ou ailleurs.

9° Cent jours, pour visiter le Saint-Sacrement quelqc part qu'il soit , le Jeudi-Saint , et prier avec dévotion.

10° Cent jours, pour accompagner le corps d'un fidè quelconque à la sépulture. Cette concession est de ment X , du 24 janvier 1673.

11° Benoît XIV accorda, le 2 août 1749, cent jo d'indulgence aux confrères, pour chaque fois qu'ils a teraient à la messe dans l'église ou la chapelle de la co frérie , aux réunions publiques ou particulières , ou ai processions faites avec l'autorisation de l'ordinaire, donneraient l'hospitalité à un pauvre, ou réconcilierai des ennemis , ou , ne pouvant assister à une procession accompagner le Saint-Sacrement quand on le porte à malade , diraient , au signal donné , une fois le Pâte y Ave , ou cinq fois pour le repos de 1 ame d'un confr défunt , ou ramèneraient ceux qui s'égarent , instruirai des ignorants , visiteraient des infirmes , des prisonnie feraient l'aumône corporelle ou spirituelle , ou exe raient quelque autre œuvre de piété ou de charité. 12° Le même Benoît XIV a rendu toutes ces in

ces , tant plénières que partielles, applicables aux âmes du purgatoire , par décret du 13 septembre 1749.

Etablissement de la confrérie du Saint- Sacrement.

Un curé qui désire établir la confrérie du Saint-Sacre- 'nent dans son église , doit obtenir un diplôme qui l'y au- I orise , ou de son évèque , si celui-ci est muni d'un induit tpostolique en vertu duquel il puisse l'accorder , ou de fltnme même.

Dans lun et l'autre cas , les statuts et règlements, dont ions avons donné la substance , doivent être présentés à evêque qui a le droit , d'après la bulle de Clément VIII , Quœcumque , § 5 , de les examiner , de les changer ou de es modifier , selon les localités qui lui paraîtront le denander.

11 n'y a aucune cérémonie à observer pour admettre lans cette confrérie ceux qui désirent en faire partie : on rend leur nom et on les inscrit sur le registre ouvert à et efFet. Toute personne peut faire cette inscription au om du curé. Si les confrères communient ce jour-là , près s'être confessés , ils gagnent l'indulgence plénière omme nous l'avons dit ; mais s'ils ne le faisaient pas , ils eraient néanmoins validement inscrits , et auraient droit ai autres indulgences.

Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement.

Anne d'Autriche, mère de Louis XIV , fonda , en 1653 , premier monastère des Bénédictines réformées , qui ac reposaient d'offrir habituellement de solennelles réparaons à Jésus-Christ pour les outrages qu'il reçoit sans esse dans la divine Eucharistie. Ces pieuses filles se sucent jour et nuit , sans interruption , dans leur cha- >«« , se tenant humblement prosternées devant le uni-Sacrement , et s'offraient à lui comme des victimes expiation pour toutes les irrévérences commises a son jard. Leur devise était ces paroles : Loué soit le très-saint icremcnt de l'autel , à jamais. Elles les répétaient à cha-

que instant , au commencement et à la fin des heures de l'office, en se rencontrant dans la maison , en allant au tour ou à la grille , avant et après les repas, avant de s'endormir , en s'cveillant , etc. Cette sainte institution fut adoptée dans plusieurs maisons ; elle se propagea et s'est conservée jusqu'à nos jours.

Clément X , voulant encourager les personnes séculières à l'embrasser , accorda , par un bref du ^2 janvier 1674 , indulgence plénière à ceux qui s'uniraient dans le dessein d'honorer ie Saint-Sacrement. Si les associés sont en assez grand nombre, ils doivent s'arranger de manière qu'il y en ait toujours en adoration , et que chacun fasse une heure par an. Voici comment se fait la distribution des rangs: on divise l'année en heures, on fait autant de billets qu'il y a d'heures ; an les numérote , puis on tire au sort , et chacun sait quel jour et à quelle heure il doit aller faire son adoration. C'est ce jour-là , ou dans la semaine , qu'il gagnera l'indulgence plénière , en se confessant , en communiant et en priant selon les fins ordinaires. Si l'un des associés prévoyait ne pouvoir se trouver devant le très-saint Sacrement à l'heure qui lui est échue , il lui serait permis de changer avec un autre , et tous lei deux pourraient également gagner l'indulgence.

Dans les lieux où cette sorte d'association n'est point établie , et dans ceux où les membres ne correspondent point au nombre des heures qui composent une année ou peut néanmoins gagner l'indulgence ; mais il faut s'unir intérieurement aux associations existantes , faire sor heure d'adoration à son choix , ou en tirant au sort , c< qui serait mieux encore , et accomplir les autres condi tions requises.

ARTICLE IV

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