DE LA CONFRÉRIE DO SACRE - COEUR
Outre les indulgences attachées , par divers souverair Pontifes , aux pratiques de piété faites en l'honneur d Sacré-Cœur de Jésus , le cardinal de la Somaglia , vicair
de sa Sainteté pour la ville de Rome , permit , le H février 1801 , aux prêtres séculiers de la congrégation de Saint-Paul, d'ériger une confrérie en l'honneur de ce divin Cœur , dans leur église de Sainte-Marie ad Pinearn, dite in Capelld , sur le bord du Tibre. Pie Vil y attacha de nombreuses indulgences , par un bref du 7 mars de cette même année : par un autre bref perpétuel , du 28 janvier 1803 , il déclara cette association archiconfrérie , avec la faculté de s'adjoindre les autres confréries du même institut , qui se formeraient à Rome ou ailleurs , et de leur communiquer les indulgences dont elle jouissait déjà ou dont elle jouirait à l'avenir. Il l'enrichit successivement par d'autres brefs et rescrits , de privilèges singuliers , dont les principaux sont :
4° Qu'elle pourrait avoir plusieurs confréries dans le même lieu , si le nombre des âmes pieuses paraissait le demander , nonobstant la disposition de la bulle Quœ- \cumque , que nous avons rapporté , page 1 89.
2° Que les confréries particulières pourraient s'unir a (une confrérie d'un autre titre , déjà agrégée à une archiconfrérie , et participer ainsi à ses biens spirituels. (Rescrits ,cfu 22 avril et du 22 mai 1805).
3° Que dans l'inauguration d'une de ces confréries , on , pourrait faire , une fois seulement , l'office du Sacré-Cœur , ,avec les messes solennelles et privées , le jour que l'on voudrait , pourvu que ce ne fut ni un dimanche de première ou de seconde classe ; ni une fête de l'un ou de l'autre de ces deux degrés , ni une férié ou une vigile privilégiée, et toujours avec l'agrément de lévcque diocésain. (Décret de la Congrégation des Rits, du 15 avril 1805).
4° Que la fête annuelle du Sacré-Cœur, qui est fixée au premier vendredi après l'octave de la Fête-Dieu, pourrait être transférée, a\ec l'indulgence plénière et le droit de dire toutes les mes«es propres de la fête, à tout antre jour de l'année, du consentement toutefois de l'ordinaire du 'lieu (Rescrit du 7 juillet 1815).
5° Qu'elle pourrait s'agréger toutes les confréries du 5ncré-Cœur , légitimement érigées dans quelque partie
du monde que ce fût. (Rescrit du 16 juillet et du 12 décembre 1814).
Cette dévotion s'étendit avec tant de rapidité , et la congrégation des Prêtres de Saint-Paul y mit tant de zèle que , depuis 1808 jusqu'en 1822 , il y avait déjà dix-neuf cent soixante-deux confréries agrégées. Combien n'en a-t-on pas agrégé depuis ce temps-là? et quel nombre prodigieux dames ferventes compose cette grande famille ! Ces âmes sont séparées par la distance des lieux , mais elles sont toutes réunies par les liens d'un amour commun dans le cœur de Jésus.
Etablissement de la confrérie du Sacré- Cœur et admission de ses membres.
Un curé qui désire avoir la confrérie du Sacré-Cœur dans son église , doit d'abord obtenir le consentement de son évèque , par écrit : il l'enverra au secrétaire de l'archiconfrérie , à Rome , avec sa supplique motivée. Lorsqu'il aura reçu le diplôme d'érection ou d'agrégation , il le présentera au même prélat , qui en constatera l'authenticité ; permettra d'en faire usage, et nommera le directeur de cette nouvelle institution. Celui-ci procédera à l'exécution du diplôme, de la manière suivante.
1° 11 déterminera un jour de concert avec son évêque, pour procéder à l'inauguration de cette confrérie : on s'y préparera par une neuvaine ou au moins par trois jours de prière, et il fera en sorte que la solennité soit accompagnée d'un discours en l'honneur du Sacré-Cœur.
2° Ce jour-là, tous les prêtres de la paroisse feront l'office du Sacré-Cœur, tant en particulier qu'en public.
S° Ce même jour, on lira publiquement le diplôme d'association : les nouveaux confrères communieront. Ensuite on donnera à chacun , une image du Sacre- Cœur et le certificat de sou admission.
Voici quelle est substantiellement la force de ce certi ficat, tel qu'on le donne à Rome, et tel qu'il convient de le donner ailleurs, quoique rien ne paraisse exigei qu'il toit ainsi conçu sous peine de nullité :
Moi pour la plus grande gloire de Jésus
mort en croix , et de son divin Cœur brûlant d'amour dans \la sainte Eucharistie, et en même temps pour réparer les ouvrages qu'il reçoit dans cet auguste Sacrement , je m'associe, âe mon plein gré, aux fidèles reçus dans cette pieuse confraternité : je désire participer aux indulgences dont elle est enrichie et aux bonnes œuvres qui s'y pratiquent , tant pour l'expiation de mes propres péchés , que pour le soulagement îcs dnics qui souffrent dans le purgatoire.
0 doux Jésus ! renfermez dans votre Cœur sacré , tous les membres de cette association: faites que, gardant fidèlement [ks préceptes de votre loi , et remplissant les devoirs propres 'îe leur état , ils soient de plus en plus embrasés du feu de [ooire divin amour. Ainsi soit-il.
Reçu à le
Cette formule , signée au bas par le directeur de !a cort- •rérie, et portant en tète le nom et même la signature du îonfrère, s'il sait signer, lui reste entre les mains comme itre de son admission et comme monument de sa consécraion au divin Caiur de Jésus.
Lorsqu'un évoque jouit de la faculté d'ériger cette con- 'rérie , c'est à lui que doivent naturellement s'adresser es prêtres de son diocèse qui veulent obtenir cette faveur, ./érection étant faite canoniquement par lui , conforménent à ses pouvoirs délégués , les confrères pourront ga- ;ner les indulgences dont nous allons parler plus bas ;
ais ils ne participeront aux biens spirituels des autres ionfréries de l'univers, que lorsqu'ils auront été légitimement, associés à la confrérie de Rome.
Chacune de ces confréries particulières doit avoir un •egistre ; tenu par le directeur ou par un secrétaire , sor equel tous les confrères soient inscrits , selon l'ordre de eur admission.
Indulgences attachées à la confrérie du Sacré-Cœur. Ces indulgences sont ou plénibresou partielles.
Indulgences pïênières.
Les indulgences plénières dont jouit cette confrérie sont les suivantes :
1° Le jour de l'entrée dans la confrérie (Rescrit du 7 mars 1801).
2° Le jour où l'on célèbre la fête du Sacré-Cœur , par ordre ou du consentement de l'évêquc, ouïe dimanche suivant (Rescrit du 20 mars 1802).
3° Le premier vendredi ou le premier dimanche de chaque mois. (Rescrit du 12 juillet 1803).
A° Un jour par mois, au choix des confrères (Rescrit du 15 juillet 1803 et du 5 juillet 180o) , et une autre indulgence plénière aussi un jour du mois, à volonté , pour ceux qui auraient récité trois Gloria Patri à la très-sainte Trinité , tous les jours, le matin , dans le cours de la journée et le soir, en action de grâces des privilèges accordés à la très- sainte Vierge ; outre, cent jours pour chaque fois , c'est-à-dire , trois cents par jour. (Rescrit du 10 septembre 1814).
5° A l'article de la mort , sous la condition d'invoquer intérieurement le saint Nom de Jésus , si on ne peut le faire de paroles. (Rescrits des 7 et 20 mars 1801 et 1802).
6° Les jours de Noël , du Jeudi-Saint , de Pâques el de l'Ascension. (Rescrit du \o novembre 1802).
7° Aux fêtes de la Conception , de la Nativité, de l'Annonciation, de la Purification et de l'Assomption de la sainte Vierge ; à la Toussaint , à la Commémoration des morts , aux fêtes de saint Pierre et de saint Paul , de saint Joseph et de saint Jean l'Évangéliste. (Bref du 2 avril 1805).
8° Les six vendredis ou les six dimanches qui précèdent immédiatement la fête du Sacré-Cœur. (Rescrit du 4 mart 1806).
9° A la fête de saint Grégoire-le-Grand, qui se célèbre le 12 mars. (Bref de Grégoire XVI, du°20juin 18S4).
Indulgences partielles.
1° Trente ans et (rente quarantaines , les trois jours
après Noël , aux fêtes de la Circoncision et de l'Epihanie, les dimanches de la Septuagésime , delà Sexaésime et de la Quinquagésime, le Vendredi et le Saîedi-Saint, tous les jours de l'octave de Pâques , le dilaoche de Quasimodo , les jours de saint Marc et des Roations , le jour de la Pentecôte et pendant toute l'octave.
2° Vingt-cinq ans et vingt-cinq quarantaines , le dilanche des Rameaux.
8° Quinze ans et quinze quarantaines , le jour des endres , le quatrième dimanche de Carême , le troisième e l'Avent , la veille de Noël, à la messe de minuit et à îlle de l'aurore.
4° Dix ans et dix quarantaines, le premier, le second et
quatrième dimanche de l'Avent , tous les jours de Caîme, non exprimés dans ce que nous venons de dire , la
ille de la Pentecôte et les trois jours des Quatre-Teraps ix quatre saisons de l'année {Bref du 2 avril 1805).
5" Sept ans et sept quarantaines , les jours de la Visiition et de la Présentation de la sainte Vierge , et aux ;tes des Apôtres , que nous n'avons pas nommées ciessns.
6° Mêmes indulgences, tous les jours de la neuvainequi récède la fêle du Sacré-Cœur.
Ces indulgences sont exprimées dans les pièces que nous
ons citées plus haut et dans un rescrit du -4 mars 1806.
7° Sept ans et sept quarantaines, les quatre dimanches ai précèdent immédiatement la fête du Sacré-Cœur.
Egalement sept ans et sept quarantaines, toutes les fois
on visitera , avec un cœur contrit , l'image du Sacrér de Jésus dans quelque église ou oratoire qu'elle soit tposée à la vénération publique ; à condition d'y prier nelque temps selon lintention du souverain Pontife.
8" Soixante jours, pour chaque œuvre de piété que iront les confrères.
Toutes ces indulgences sont applicables aux âme* du purgatoire.
Pratiques de la Confrérie du Sacré-Cœur.
t° Pour avoir droit aux indulgences tant partielles que plénières dont nous venons de parler, il faut être inscrit au nombre des membres d'une confrérie légitimement établie en l'honneur du Sacré-Cœur , prier selon les intentions du souverain Pontife , réciter habituellement , chaque jour , un Pater, un Ave, le Credo et l'oraison jaculatoire suivante :
« Doux Cœur de Jésus ! faites que je vous aime de plu! » en plus. »
2° Il faut, en outre , pour gagner les indulgences plénières , se confesser , communier , et , pour les indulgence* plénières des n08 6 et 7 et pour les indulgences partielles des nos 1 , 2 , & , h et b* , visiter la chapelle de la confrérie ou bien, si l'on en est empêché , pratiquer une œuvre df piété, qui sera enjointe par le confesseur , non comme pé nitence sacramentelle, mais comme condition de l'indul gence. Il n'est pas nécessaire que cette œuvre de piéti fcoit déterminée à chaque fois ; le confesseur peut dire \ son pénitent , qu'il sait ne pouvoir ordinairement visite la chapelle ou l'autel du Sacré-Cœur , toutes les fois qne pour une indulgence de la confrérie cette visite est né saire, vous pourrez faire telle chose dans la place , exemple , visiter le Saint-Sacrement dans telle église dans telle chapelle, etc.
8° Pour l'indulgence plénière n° 8 , et l'indulgence p tielle n° 6 , il faut visiter une église ou une chapelle da laquelle on célèbre la fête du Sacré-Cœur , et , dans le ca où l'on ne le puisse pas , faire une œuvre pieuse enjoint par le confesseur.
On recommande aux directeurs des confréries de fair chaque semaine, on au moins tous les mois, un exercic public en l'honneur du Sacré-Cœur , auquel les confrère seront invités d'assister ; les prêtres delà congrégation d
iaint-Paul en font un tous les dimanches dans leur église le Sainte-Marie ad Pineam; mais cet exercice n'est auunement prescrit comme condition essentielle aux indulences promises.
Par un rescrit du lo mai 1816, Pie VII a accordé que i3s indulgences attachées à la confrérie du Sacré-Cœur lourraient être gagnées par tous les fidèles, en quelque
artie du monde que ce soit, quoiqu'ils ne puissent for-
îer de confrérie, ni s'agréger à l'archiconfrérie de Rome, tourvu qu'ils accomplissent les œuvres prescrites. Tout ce que nous venons de dire, touchant la confré-
e du Sacré-Cœur, est tiré d'un ouvrage imprimé à iome en 1822, à l'usage de l'archiconfrérie. Cet ouvrage
e laisse aucun doute sur l'authenticité des renseignements qu'il donne.
ARTICLE V
DE LA CONFRÉRIE DE l/lIEERE-SAlNTE.
L Heure-Sainte est un exercice d'oraison mentale ou h prière vocale , qui se fait la nuit du jeudi au vendredi, 1 qui a principalement pour objet les douleurs du Cœur Jésus dans son agonie au jardin des Oliviers. Elle a li pour occasion une révélation faite à la vénérable mérite- Marie Alacoque, religieuse de l'ordre de la jsitation, morte vers 167o au monastère de Paray-lenal, diocèse d'Autun, dans laquelle notre Seigneur lui t : J'attends de vous que vous passerez en oraison les nuits \ Jeudis, depuis onze heures jusqu à minuit, pour partager moi les douleurs de mon agonie au jardin des Oliviers , pour apaiser ma colère envers les pécheurs. Les éminentes vertus de cette pieuse fille, dont on rsuit maintenant la canonisation, rendent son témoiîage digne de foi. Aussi, a-t-on cru faire une chose réable à Dieu, en établissant à Paray-Ie-Monial une ifrerie qui aurait pour but de perpétuer, dans l'Eglise, ie pratique également sublime dans son objet et divine is 6on origine. Elle se compose d'associations particu-
lieres de trois personnes, qui conviennent entre elles de faire l'Ueure-Sainle chacune à son tour , l'une un jeudi , i'autre le jeudi suivant, la troisième le jeudi d'apr< ainsi de suite, de sorte que ï'exercice de l'Heure-Sainte ait lieu tous les jeudis, quoique chaque membre delà confrérie ne soit tenu à le faire qu'une fois en trois semaines.
Avantages spirituels de l'Heure-Sainte.
Pie VIII, par un bref du 22 décembre 1829, avait accordé une indulgence plénière aux confrères qui feraient l'Heure-Sainte dans une chapelle de Paray : par un autre bref du 28 mai 1830 , il accorda la même indulgence pour tout le diocèse d'Autun. Notre saint Père le Pape Grégoire XVI, par un rescrit du 27 juillet 18S1 , a étendu la même faveur à tous les fidèles de l'un et l'autre sexe, non-seulement quand ils feraient l'Heure-Sainte à leur tour, mais aussi les autres jeudis intermédiaires.
Conditions pour gagner les indulgences de l Heure- Sai
1° Il faut que les personnes s'associent entre elles conviennent du rang dans lequel elles feront cet exercice cette clause n'est point nécessaire pour les personnes qu vivent en communauté religieuse, comme les religie les religieuses, les sœurs de la charité, les séminaristes, frères des écoles chrétiennes, et généralement toutes les qui forment des réunions dans un but religieux : suffit qu'elles fassent l'Heure-Sainte, avec la permissfc de leur supérieur ou supérieure, n'importe quel jour, à quelle heure.
2° Toutes, sans exception, doivent être inscrites sur registre ouvert à cet effet à Paray-le-Monial , et placé 8» le tombeau de la vénérable Marguerite-Marie , dans monastère qu'elle a édifié par les plus sublimes et les pi héroïques vertus , et qui est devenu si célèbre par l'éi blissement de la dévotion au Sacré-Cœur l.
1 On est prié, pour faire parvenir les noms, de profiter des ooeasi
3° On permet de commencer l'exercice de l'Heure- Sainte aussitôt après le coucher du soleil , et de le faire ou à l'église, si on en a la facilité, ou partout ailleurs.
4° Dans le cas où un confrère ne pourrait le faire , pour cause de maladie ou pour toute autre raison légitime, il pourrait y suppléer en s'unissant d'esprit et de cœur aux souffrances de ^otre-Seigneur dans son agonie.
5° Lorsqu'un des associés cesse, par la morl ou autrement, d'être membre de la confrérie, il faut pourvoir à son remplacement.
6° Pour gagner l'indulgence attachée à ce pieux exercice, on doit remplir les conditions ordinaires, c'est-à-dire se confesser, communier et prier selon les intentions du houverain Pontife. Par un rescrit du 23 février 1882, fcrcgoire XVI permet de faire la communion le jeudi ou e vendredi , comme l'on voudra.
7° Rien n'indique que cette indulgence soit applicable iux âmes du purgatoire 1.
ARTICLE VI
DE LA CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME-AIXILlATRICE DE MUNICH.
Les Turcs, faisant contre les chrétiens d'Europe des hrogrcs effrayants, vinrent, en 1683, mettre le siège dorant la ville de Vienne, capitale de l'Autriche, avec une irmoe formidable : tout le monde était dans une désolalion extrême. Un pieux Capucin prêchait alors à Saintierre-de- Munich , en Bavière ; il exhorta fortement les (idoles à prier et à se mettre sous la protection de ISotreime-Auxiliafrice qu'on avait coutume d'invoquer dans les dangers pressants. Ses exhortations furent efficaces; nultitude de personnes s'unirent de prières, et involèrent le secours puissant de la Mère de Dieu. L'armée
irraient se trouver, ou d'affranchir les lettres. On les adressera à Il R. H. Supérieure du monastère ou au chapelain de la maison.
1 II existe un petit livre in- 18. intitulé : l'Heure- Sainte ou Méthode faire cet exercice arec fruit.
ennemie fut vaincue, le siège de Vienne levé, et la chrétienté sauvée.
On attribua cet heureux événement à la protection de la très sainte Vierge. On continua d'avoir une grande dévotion pour elle , et on manifesta le désir qu'une nouvelle confrérie fût érigée en son honneur sous le titre de Notre-Dame-Auxiliatrice. Maximilien , électeur de Bavière, un'des chefs ds l'armée chrétienne, en fit lui-même la demande au Saint-Siège.
Innocent XI , accédant à la demande du religieux prince, donna une bulle, le 8 août 1684 , pour établir ladite confrérie dans l'église Saint-Pierre , à Munich , et y attacha plusieurs indulgences. Un grand nombre de personnes de toutes les classes s'y engagèrent , de sorte qu'en 1738 on en comptait plus de trois millions. Cette confrérie a subsisté jusqu'à nos jours, et est encore maintenant très-répandue.
Admission dans la confrérie de Notre-Dame-Auxiliatrice.
L'admission dans cette confrérie ne requiert pas autre chose qu'un certificat délivré au nouveau confrère pan un prêtre autorisé à le faire. Or, tout prêtre qui en est membre, peut, par-là même, y admettre ceux qu'il en I juge dignes, non en son nom, mais au nom de ladite confrérie qui le députe à cet effet, pour donner plus de faci lité à tout le monde d'y entrer.
Autrefois les noms des confrères devaient être envoyé; au directeur de la confrérie à Munich, pour être inscrit sur le registre général. On n'est plus dans l'usage de le y envoyer ; au moins on ne le fait pas ici ni dans les dio cèses voisins.
M. de Pidoll fît dresser au Mans un registre destiné contenir les noms de toutes les personnes du diocèse entreraient dans cette pieuse association , et un chanein de la cathédrale fut chargé de les inscrire : c'est mainte nant au prêtre sacristain qu'il faut adresser les listes.
On ne regarde pas cette inscription comme essentiel! >.
pour qu'on soit membre de la confrérie; cependant on la recommande, et nous croyons qu'on ne doit pas y manquer.
Il est clair, d'après ce que nou9 venons de dire , que l'on n'a pas besoin de recourir au Saint-Siège pour faire établir cette même confrérie, ni pour obtenir la faculté d'y admettre. Le prêtre qui n'en ferait point encore partie, n'a qu'à s'y faire recevoir; dès lors il pourra admettre tous ceux qui se présenteront.
La forme du certificat d'admission n'étant point déterminée, le prêtre pourra le rédiger comme il l'entendra , pourvu qu'il exprime clairement avoir admis telle personne au nom et en tant, que député de la confrérie,
Chaque confrère doit avoir une image de la sainte Vierge tenant son divin Enfant : cette image devrait être bénite; toutefois la bénédiction n'est point essentielle. On trouve de ces images jointes à des formules de certificat imprimées : on n'a qu'à remplir et à souscrire: rien n'est plus commode.
Avantages spirituels de la confrérie de Notre-Dame Auxiliatrice.
1° Il y indulgence plénière pour les associés le jour de leur admission, pourvu que, s'étant confessés avec douleur, ils communient ce jour-là, et prient selon les fins accoutumées.
2° Indulgence plénière à l'article de la mort , s'ils se confessent et reçoivent le saint Viatique, ou , au cas qu'ils ne puissent le faire, s'ils se repentent de leurs péchés , et prononcent de bouche, ou au moins de cœur, ne pouvant le faire autrement, le saint Nom de Jésus.
8" Soixante jours d'indulgence, chaque fois qu'ils font quelque acte de piété ou de charité , comme visiter le» prisonniers , soulager les malades , accompagner le saint Matique, loger les pauvres, assister aux enterrements, aux processions , aux litanies, etc.
4° Tous les jours de fête de la sainte Vierge , on dit une messe à l'autel de Notre-Dame Auxiliatrice à Munich ,
pour les confrères vivants , et on chante les litanies à la iuêrae intention.
Le mercredi d'après la Nativité de la sainte Vierge , on célèbre une messe solennelle au même autel , et on chante les litanies pour les confrères décédés.
5° L'autel de la confrérie est privilégié, tous les mercredis de l'année , en faveur des confrères pour qui on dit la messe.
6° En un mot , sans parler des prières et autres bonnes œuvres auxquelles cette confrérie excite , on a calculé qu'il se dit annuellement dans son sein plus de quarante mille messes, et un nombre infini de chapelets : tout cela est mis en commun , et profite à tous les confrères morts et vivants.
Ces grands avantages sont accordés à des conditions très-peu onéreuses : ceux qui sont prêtres doivent dire une messe par an , dans les intentions de la confrérie, le jour qu'ils veulent , dans laquelle ils recommandent spécialement à Dieu les confrères morts ; ceux qui ne sont pas prêtres récitent le chapelet les jours de la Conception, delà Nativité , de la Présentation , de l'Annonciation , de la Visitation , de la Purification, de la Compassion , et de l'Assomption de la sainte Vierge; ils y ajoutent un Pater et un Ave pour les confrères défunts.
Si, par oubli ou par quelque empêchement, ils manquent à dire le chapelet un de ces jours-là, ils peuvent le reprendre un autre jour, ou faire dire une messe dans l'année pour toutes les prières omises.
11 n'y a rien de plus à faire : cette confrérie est d'ailleurs appropriée aux divers états de la vie , de sorte que tout bon chrétien peut en faire partie, quel que soit le genre de ses occupations.
ARTICLE VIL