‹ Traite dogmatique et pratique des indulgencesChapitre 51 sur 69 · DD JUBILÉ ORDINAIRE A ROME · texte numérisé non relu

DD JUBILÉ ORDINAIRE A ROME

Il faut que nous fassions connaître en abrégé son histoire et ses cérémonies.

quantième année : un grand nombre de savants soutiennent cependant que c'était la quarante-neuvième qu'il 6e célébrait, comme le 8e verset du même chapitre semble le dire; dans ce cas, le mot cinquantième aurait été mis pour faire un compte rond , à peu près comme nous disons le huitième jour, ou tous les huit jours, en parlant de la semaine.

DES INVOLGENCëS. "KÏÏ

l I Ilistoire du jubile ordinaire de Rome.

Nous ne savons point positivement quand ce jubile a commencé. Vers la fin de l'année 1299, le bruit se répandit à Rome qu'il allait y avoir une grande indulgence pour ceux qui visiteraient les églises de Saint-Pierre et de Saint- Paul. Le 1er janvier suivant , une foule de peuple se porta comme par inspiration à l'église de Saint-Pierre. Un vieillard italien , âgé de cent sept ans , fut amené au pope Uonifnce VIII , et lui déclara que son père lui avait recommandé de ne pas manquer daller à Rome en 1300, s'il vivait encore, et de visiter l'église de Saint-Pierre pour y gagner l'indulgence plénière , comme lui-même l'avait gagnée en 1200. Quelques autres italiens et deux vieillards du diocèse de Beauvais en France confirmèrent cette tradition orale.

Alors le Pape , après avoir pris l'avis des cardinaux , donna le 22 février sa bulle Antiquorum , dans laquelle il dit que , d'après des relations dignes de foi , des indulgences ont été accordées par ses prédécesseurs à ceux qui visiteraient l'église de Saint-Pierre. 11 les renouvelle toutes , et , dans l'intention de faire honorer davantage les apôtres saint Pierre et saint Paul, il accorde, pour l'année 1300 et pour toutes les centièmes années suivantes, indulgence plénière à ceux qui , repentants de leurs fautes , se confesseraient et visiteraient les églises de l'un et de l'autre pendant trente jours, de suite on par intervalle, s'ils ■ont de Rome, ou quinze fois dans quinze jouis, de suite ou par intervalle, s'ils sont étrangers. Il annonce que l'effet de celte grâce sera néanmoins proportionné à la dévotion qu'on apportera et à la fréquentation des églises.

L aiiluenee des pèlerins fut si grande que pendant toute

l'année il se trouvait habituellement à Home jusqu'à deux

cent mille étrangers de toutes les nations du monde, toute-

les vivres n'v manquèrent point , ce qui fut regardé

comme un prodige.

Eu 1 84Î, les Romains députèrent fws le pape Clément N I,

résidant à Avignon , et lai demandèrent qu'il réduisit le temps de cent ans , fixé par Boniface VIII, comme étant de beaucoup trop long pour le terme commun de la vie humaine. Le Pontife ayant égard à ces représentations , rendit une bulle , en date du 8 janvier 1343, par laquelle il statua que désormais le jubilé aurait lieu tous les cinquante ans comme autrefois chez les Juifs. En conséquence le jubilé fut célébré à Rome en 1350 , avec un concours plus grand encore qu'en 1300. On comptait le§ pèlerins par millions; c'était de toutes parts un ébranlement inexprimable pour aller au tombeau des Apôtres : toutes les routes étaient couvertes de monde.

Une autre bulle, touchant les indulgences du jubilé, en date du 28 juin 1344, est attribuée par quelques auteurs à Clément VI ; mais elle est généralement regardée comme apocryphe pour plusieurs raisons , qui paraissent très-solides. Elle est d'ailleurs ridicule et pleine d'absurdités : par exemple, on y commande aux Anges de conduire promptement au Ciel les âmes de ceux qui mourront aprè» avoir gagné le jubilé; on donne permission générale au» religieux d'aller à Rome malgré leur supérieur, etc.

Urbain VI , faisant réflexion que beaucoup de personnes ne pourraient encore participer à la faveur du jubilé , s'il ne revenait qu'une fois tous les cinquante ans, prit la résolution d'abréger ce temps ; adoptant l'opinion qui donne trente-trois ans de durée à la vie de Jésus- Christ sur la terre, il régla par une constitution du 11 avril 1389, qu'en mémoire de ce nombre d'années, le jubilé serait célébré, à l'avenir, tous les trente-trois ans, et l'indiqua pour l'année suivante 1390. Le schisme d'Occident empêcha ce troisième jubilé d'être aussi suivi que l'avaient été les deux précédents.

Comme les Français ne reconnaissaient point Urbain VI, ils ne comptèrent pour rien le jubilé de 1890, accordé par lui, et la réduction qu'il avait faite : ils faisaient même peu d'attention à la réduction de Clément VI. Tous étaient persuadés qu'en tous cas on devait gagner la grande indulgence l'année séculaire 1400, comme Boniface VIII

i'avait ordonné. Ils s'y préparèrent donc , et malgré le grand schisme, les guerres et les divisions, ils se portèrent à Rome en si grandes troupes , que le roi Charles VI , vovant le royaume se dégarnir d'hommes et s'appauvrir d'argent , défendit à tous ses sujets , de l'avis de son conseil , d'entreprendre à l'avenir ce voyage.

Le pape Nicolas V publia, en 1449 , le jubilé pour l'année suivante , ouvrit la porte sainte avec grande solennité la veille de Noël ; et renouvelant la disposition de la bulle de Clément VI , il ordonna qu'on le célébrerait de môme tous les cinquante ans. Le concours des pèlerins fut immense pendant toute l'année.

Paul 11 trouva , comme Urbain VI, que beaucoup de personnes ne pourraient profiter du jubilé , s'il n'était célébré que tous les cinquante ans ; pour cette raison il ordonna par une bulle du 19 avril 1470 , qu'il serait célébré tous les vingt-cinq ans , à partir de 1475 , ce qui s'est toujours pratiqué depuis. Sixte IV le publia quatre ans après. Les autres Pontifes ses successeurs l'ont ainsi publié de vingt-cinq en vingt-cinq ans.

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