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nombreux que j'ai observés, qui m'a conduit au procédé que J'ai imaginé.
« Les bègues que j'ai opérés jusqu’à présent sont au nombre de trente-trois. Sur ce nombre trois femmes seulement étaient affectées de bégaiement. Les autres résultats statistiques que j'ai chtenus ne sont pas encore appuyés sur un assez grand nombre de faits pour que j'en puisse tirer des conclusions rigoureuses. En attendant, je dirai cependant que chez quelques bègues l’hérédité et les convulsions dans l'enfance peuvent être considérées comme cause de leur infirmité.
« Les résultats que j’ai obtenus par la section des muscles génio-glosses sont tout-à-fait satisfaisants ; ils sont survenus quelquefois immédiatement après l'opération ; d’autres fois l'amélioration ne s’est manifestée qu’au bout de quelques jours. Parmi les bègues que j'ai opérés, il en est un certain nombre chez lesquels on trouverait difficilement des traces du bégaiement dont ils étaient affectés ; chez d’autres, les résultats ont été moins complets. Enfin sur six bègues, Le premier temps de l’opération, c’est-à-dire la section complète du filet de la muqueuse et des tissus fibreux jusqu'aux muscles, a sufhi pour faire cesser le bégaiement.
« Il survient quelquefois, pendant et après l'opération du bégaiement, un accident sur lequel j’ai déjà insisté, c’est-àdire l’hémorrhagie. Pour le faire cesser, j’emploie l’eau glacée en injections, ou des plumasseaux de charpie mélanés avec de la glace pilée en petits morceaux , je joins à ces moyens la compression avec deux doigts de chaque main placés dans la bouche sur la charpie, et prenant un point d'appui avec les pouces sous le menton et en arrière.
« Une seule fois j'ai été obligé, à cause de la persistance de l’hémorrhagie, d’avoir recours à un corps dur que j'ai placé sur la charpie, en faisant serrer les dents. Si ces moyens ne suffisaient pas, il faudraitemplover les styptiques et même le
« fer rouge. Du reste, dans les cas ordinaires, j’ai renoncé aux « styptiques et à l’eau de Rabel qui m’ont paru augmenter « l’inflammation. »
M. Bonnet de Lyon (Gazett. Med., n° des 4 et 11 décene bre 1841), partant des idées qui lui sont propres et qui consistent surtout dans la supposition de la brièveté trop grande du tissu de la langue, conseïlle la section sous-cutanée des muscles génio-glosses.
« Ma méthode actuelle, dit-il, consiste donc :
« 1° Dans la section du génio-glosse par la méthode sous- « mentale, à son insertion aux apophyses géni.
« 2° Dans la section de son aponévrose latérale et le décol- « lement des tissus sous-muqueux, à son insertion à la « mâchoire.
«39 Dans le refoulement du muscle en arrière,
« Toutes ces opérations sont faites avec un seul instrument, « successivement les unes après les autres et de manière à ‘« n'arriver aux dernières que lorsqu'on s’est assuré que les « premières sont insufhisantes ( Voy., pour le manuel opér. « le numéro du 11 décembre, p. 789). »
Comme phénomènes consécutifs, M. Bonnet signale : une salivation abondante ; dans d'autres cas, la formation d’un épanchement sanguin au-dessous de la membrane muqueuse de la bouche entre la langue et la mâchoire , épanchement quelquefois assez considérable pour soulever la langue et gêner la déglutition et la respiration.
Dans trois cas il a observé un état plus grave ; il y eut un soulèvement complet de la langue, dont la pointe était repoussée vers la partie de la voûte palatine, ce qui causait une gène extrême de la déglutition avec menace de suffocation.
M. Bonnet a pratiqué cinquante-sept fois l’opération qu’il conseille ; il ne donne toutefois dans son mémoire que le résumé des quarante-deux premières qu’il a faites ; car, au commencement surtout, dit-il, il confondait les bégaiements par
obstacle à la respiration, avec ce'qu'il appelait les bégaiements véritables, et qui sont dus suivant lui à une certaine difficulté dans les mouvements de la langue. M. Bonnetatort à monavis de se plaindre d’avoir fait cette confusion, car on ne peut établir cette distinction ; et la deuxième cause qu’il assigne au bégaiement n’est, la plupart du temps, comme je l’ai démontré, qu’une conséquence de la première. Quoi qu'il en soit, voici le résumé de cette statistique de quarante-deux cas.
« Deux fois l'opération a été pratiquée chez des malades qui n’étaient pas affectés de bégaiement véritable, mais dont la parole était confuse, difficile à comprendre : le résultat a été nul. |
« Quatre fois elle a été faite sur dès malades dont le vice de la parole dépendait d’une gêne dans les mouvements respiratoires, et surtout dans l’expiration qui était arrêtée brusquement au commencement et au milieu des mots; chez deux de ces malades il n’y a pas eu de changement, et si deux autres ont éprouvé une amélioration assez marquée, il faut l’attribuer sans doute à ce qu’il y avait, avec la gêne dans la respiration, une difficulté dansles mouvements de la langue.
« Six malades, âgés de 31 à 42 ans, n’ont retiré aucun avantage de l’opération. | « Sur les trente qui restent et quiétaient âgés de 16 à 31 ans, 9 ont été complétement guéris, douze ont éprouvé des améliorations très-grandes, deux des améliorations médiocres, et sept n’ont retiré de l’opération aucun résultat avantageux ; de telle sorte que dans les bégaiements véritables des personnes qui avaient moins de 31 ans, j’ai obtenu des résultats avantageux dans plus des deux tiers des cas.
Plus loin (p. 792), M. Bonnet dit : « J’attribue la moitié de ces insuccès à l’âge; quant à l’autre, j’en ai longtemps cherché la raison. Elle peut venir de ce que d’autres muscles
« ou d’autres aponévroses que ceux qui ont été coupés, maïntenaient la langue dans une position vicieuse; mais je suis
plus disposé à penser aujourd’hui que j'ai cru avoir affaire