CAUSES HÉRÉDITAIRES DES MALADIES CÉRÉBRALES
Ce que nous pourrons dire dans cette série sera en partie du à M. le professeur Barbier d'Amiens , dont nous sommes l’élève. C’est dans son excellente nosologie que nous avons puisé ce qui suit : il dit avec raison que si les enlants apportent en naissant , sur leur physionomie , des traits qui , en se développant, représentent de plus en plus ceux de leurs parents , pourquoi le même rapport n’aurait-il pas lieu pour les organes intérieurs? En effet, ce qui se passe à l’extérieur, sur la face, peut se représenter sur les viscères internes. Les attitudes , les goûts, les penchants, le caractère , les talents qui sont propres à certaines familles , ne dépendent-ils pas de la même similitude dans quelques parties du cerveau ? Des os et des muscles pour les attitudes. Nous ne nous permettrons qu’une seule réflexion qui renfermera tout ce que nous pensons sur les lésions héréditaires qui sont le résultat d’une organisation originelle, c’est qu on hérite des infirmités de ses parents et des aptitudes ii les contracter, comme on hérite de leur fortune. Une fois l’importance de ces causes reconnue , il ne nous reste plus qu’à expliquer leur manière d’agir sur le cerveau.
D’après les observations de M. Esquirol , près de la moitié des individus qui deviennent aliénés , ont apporté en naissant une prédisposition héré-
ditaire à cette maladie : ils comptent des aliénés parmi leurs proches parents.
Cox croit, d après scs remarques, que les individus nés de parents adonnés à l’ivrognerie, sont sujets à l’aliénation mentale. Comme nous fesons de cette maladie un symptôme d’une altération du tissu cérébral , nous en renvoyons la description au chapitre suivant, seulement nous allons décrire le mode d’agir des causes héréditaires.
Les individus qui, en naissant, 'apportent un cerveau disposé à devenir le siège d’un trouble fonctionnel t sont reconnus par une tête dont la forme est viciée, mal conformée, très petite, le front étroit, aplati, luyant en arrière , ou au contraire , beaucoup trop saillant ; le cerveau étant moulé très exactement sur les parois du crâne, doit présenter les mêmes variétés que le crâne à l’extérieur ; comme l’aliénation mentale , dans plusieurs cas, ne se déclare qu’à un âge qui approche la puberté, lorsqu’une cause assez active vient pervertir totalement les fonctions cérébrales , on ne peut expliquer les désordres de l’intelligence que par la loule d’impressions qui arrivent de toutes parts au centre cérébral. Comme son organisation ne peut être compatible avec ce degré d’excitation et qu’il ne peut réagir sur elle, les fonctions intellectuelles qu’il tenait encore sous son empire , se troublent sans que le malheureux s’aperçoive de sa débilité intellectuelle et de l’antipathie qu’il a pour
les personnes qu’il chérissait auparavant. Le temps qui se sera écoulé depuis la naissance de l’aliéné jusqu au jour où a éclaté l’aliénation s’appelle incubation : ici les lésions de nutrition et d’innervation sont prédominantes.
D’autres lésions héréditaires peuvent produire des maladies cérébrales, mais comme nous avons décrit toutes les causes organiques des maladies cérébrales , nous y renvoyons le lecteur.