‹ Traité du cerveau, de ses fonctions, des causes, des symptômes, du diagnostic, du prognostic, et du traitement de ses maladies, etcChapitre 13 sur 28 · A. SYMPTOMES LOCAUX DE LA CÉUÉBUITE · texte numérisé non relu

A. SYMPTOMES LOCAUX DE LA CÉUÉBUITE

i° Les étourdissements sont bien des symptômes d’une cérébrite dus à la lésion de circulation ; cependant, soit que le cerveau reçoit plus de sang, soit qu’il en reçoit moins , ils se montrent absolument les mêmes , avec cette différence que , dans le prem ier cas , les étourdissements sont continus et dépendent de l’inflammation ; tandis que dans le ' second , ils ne sont que passagers et sont précurseurs de la syncope , ils se dissipent avec la cause qui les provoque. Expliquons maintenant la cause des étourdissements dus à une lésion de circulation hypérémique. On sait que ce sont des sensations singulières pendant lesquelles on se croit sur le point de tomber, elles sont dues à la présence dans le tissu cérébral d’une circulation plus énergique ; tous les points de cet organe sont le siège de cette activité circulatoire ; la fatigue s’empare bientôt de ce viscère , qui n’a plus l’énergie suffisante pour réagir sur les impressions venues du dehors. Le sang engorge tous les vaisseaux cérébraux, il les distend quelquefois outre mesure. Ces symptômes ne se montrant que dans les premiers degrés d une cérébrite , le cerveau a encore à cette époque assez de force pour se rendre maître momentanément de l’abord du sang dans son tissu. Comme dans le cas qui nous occupe il y a alternative de conges: tion et d’exaltation produite par le sang dans le cerveau, il n’est plus difficile de se rendre compte

des éblouissements. Lorsqu’il y a une trop grande quantité dq sang dans les vaisseaux du cerveau , l’innervation est bien encore sécrétée et fournie à toute l’économie, mais en moindre quantité, de manière que l’individu qui se trouve sous l’influence de cette lésion de circulation , se croit sur le point de tomber. Les fonctions du cerveau sont gênées, il ne gouverne plus l’économie avec autant d’empire , il lui est impossible d’envoyer sur tous les points le fluide qui tient toutes les parties en harmonie parfaite. Lorsque la congestion se dissipe , les forces et l’empire du cerveau se rétablissent , non pas parfaitement cependant, car un engorgement sanguin laisse toujours à sa suite des traces qui ont la propriété d’en provoquer un deuxième et ainsi de suite.

2° L 'éblouissement ou trouble de la vision , accompagné d’une sensation pénible, dépend de la présence dans le cerveau d’une grande quantité de sang, ce liquide presse fortement cet organe contre les parois du crâne ; par cette pression, il est mis dans l’impossibilité de recevoir les impressions visuelles. Dans le premier degré de l’éblouissement, c’est-à-dire lorsque plus de sang excite le cerveau, il y a presque toujours contraction et resserrement de la pupille ; ce phénomène s’explique par la plus grande somme de vitalité que reçoivent les parties constituantes de l’œil ainsi que tous les autres points du corps ; mais dans le second degré ,

c’est-à-dire lorsque la congestion augmente , la pupille se dilate, se paralyse , si on peut s’exprimer ainsi ; dans cet état. , les corps extérieurs ne font plus sensation sur l’œil, il est privé de la faculté de transmettre au cerveau les matériaux de la vision. Dans ce deuxième degré , l’éblouissement est donc encore dû à l’accumulation dans le centre cérébral d’une trop grande quantité de sang. La justesse - de notre explication est prouvée par les moyens révulsifs dont la médecine se sert pour dégorger le cerveau. Lorsque la congestion disparaît et que les symptômes que nous passons en revue ici continuent, il faut admettre que l’inflammation qui a son siège dans le cerveau , en modifiant la texture du ce centre nerveux , empêche qu’aucune fonction soit accomplie.

3° Les vertiges, avant-coureurs presque toujours d’une apoplexie , sont des perceptions fausses , erronées , des hallucinations passagères pendant lesquelles on croit voir tourner autour de soi les objets environnants. Ils dépendent le plus souvent d’une inflammation du cerveau , due à la présence dans ses vaisseaux d’une grande somme de fluide sanguin. Ce liquide excite le cerveau , par sa présence, à sécréter une plus grande quantité de fluide vital ; il l’envoie à tous les organes par saccades , par secousses , comme le témoignent les tintements d’oreilles dont nous parlerons plus bas , le tournoiement, les envies de vomir, l’augmentation de

toutes les sécrétions , etc. Le centre nerveux épigastrique contribue aussi puissamment à augmenter le malaise qui accompagne le vertige. Le grand sympathique jouit d’un surcroît d’énergie dans le cas qui nous occupe , il contribue à accélérer la circulation et donner de la force au pouls lorsque le vertige est dissipé. La grande somme de fluide électroanimal que ce centre nerveux a reçu du cerveau a développé en lui un surcroît d’énergie qui rend compte de l’augmentation de vitalité de tous lesvaisseaux sanguins qu’on sait qu’il accompagne.

4° Les tintements et les bourdonnements d’oreille sont une conséquence d’une hyperémie cérébrale active, le sens de l’ouïe jouit d’une vitalité exagérée qu’il reçoit de la plus grande quantité de fluide électro-animal qui sécrète le cerveau. Les matériaux de sensations auditives font une impression très vive sur les nerfs de l’ouïe. L’air qui, dans l’état normal , portait à ce sens les ondulations nécessaires à l’accomplissement de scs fonctions , n’y développe ici que des bruits anormaux qui sont portés au centre cérébral comme ils ont été reçus. Plus tard , lorsque la cérébrite fait des progrès, ces symptômes cessent et font place à la surdite qui dépend à son tour, dans certains cas , de la paralysie des sens de l’ouïe par délaut du lluide nerveux, ou d’une désorganisation des nerfs auditifs ou de la portion du cerveau qui élabore les impressions faites sur ce sens. Dans d’autres cas, la sur-

dite dépend d’une forte congestion cérébrale; cette congestion paralyse toutes les fonctions du cerveau lorsqu’elle est générale ; lorsqu’elle est partielle , au contraire , c’est seulement la fonction qu’anime la portion congestionnée du cerveau , qui se trouve paralysée.

5° La rougeur et la vivacité des yeux sont des symptômes qui sont dus infailliblement à une lésion de la circulation. Comme le cerveau , en vertu de son état maladif, reçoit une plus grande quantité de sang que dans l’état sain, il doit oflrir plus de rougeur que nous ne voyons pas, il est vrai, mais que nous admettons par voie d’analogie de ce qui passe accessible à nos sens. Les yeux étant liés au cerveau d’une manière très intime et reçevant le sang d’une partie des vaisseaux qui en envoient à cet organe , il n’est pas du tout étonnant que les vaisseaux des sens de la vue soient plus pleins et donnent aux yeux cette rougeur et cette vivacité que nous leur connaissons. Ce qui contribue à donner cet éclat caractéristique à ces organes est l’augmentation de la sécrétion de la glande lacrymale qui dépend de la plus grande quantité de sang que reçoit ce petit organe sécréteur. INous pensons qu’à leur tour les larmes peuvent augmenter la rougeur des yeux en appelant dans les vaisseaux de la conjonctive, une plus grande quantité de sang.

6° Les pesanteurs de tête sont des symptômes

les plus caractéristiques d’une cérébrite commençante due à une lésion de circulation. Le système sanguin cérébral redouble d’activité lorsque la cause qui développe l’inflammation cérébrale persiste quelque temps. Au chapitre des causes des maladies du cerveau, nous nous sommes étendus assez longuement sur le mode d’agir de chacune , pour qu’il soit besoin que nous y revenions ici ; il nous suffit seulement de savoir que la portion de l’arbre circulatoire qui a son siège dans le cerveau, fonctionne avec une énergie inaccoutumée : le tissu cérébral s’engorge, est comprimé contre les parois du crâne ; tous les vaisseaux sont distendus outre mesure ; le cerveau enfin , est gêné dans ses fonctions ; il n’a plus autorité sur aucun viscère ni sur aucun sens , il est comme inutile.

Si cet état de nullité cérébrale persiste pendant quelque temps , on peut être presque certain qu’une modification du tissu du cerveau fait des progrès, que la conséquence la plus ordinaire des pesanteurs de tête , c’est-à-dire de ce genre de lésion de la circulation , est toujours ou une apoplexie mortelle ou une cérébrite grave.

7° U embarras de Japarole est un symptôme de maladie cérébrale qui peut être dû , soit à une lésion de circulation , soit à une lésion de l’innervation. Mais comme notre première section de l’étude des symptômes de la cérébrite est consacrée à ceux dus à la lésion de circulation , nous allons

le décrire ici , en reconnaissant toutefois, comme nous venons de le laisser entrevoir, que la modin fication de l’innervation peut aussi bien produire primitivement l’embarras de la parole que la modification.circulatoire. Dans le chapitre des fonctions du cerveau , nous avons rapporté les opinions des plus célèbres physiologistes sur la part que prend le cerveau dans la manifestation de chaque acte vital; nous avons vu que le cerveau pouvait être regarde comme un organe composé de plusieurs parties qui ont chacune une détermination propre et fixe ; d’où nous pouvons conclure que si la portion du cerveau qui préside à la parole est engorgée , comprimée , distendue par le sang qui y arrive en plus grande quantité , cet acte devra s’abolir ou fortement diminuer. Nous devons faire observer ici que l’embarras de la parole peut être du , soit à une lésion des nerfs propres de la langue , soit à une modification par le sang de la portion de cerveau qui effectue cette fonction , soit enfin à une compression exercée par les parties voisines cérébrales sur cette portion qui anime la langue.

Dans le premier cas , le cerveau travaille et fournit encore les matériaux de cet acte , mais les ncrls par lesquels le fluide nerveux est distribué à la ' langue , ne peuvent plus fonctionner.

Dans le deuxième cas, le sang , par sa présence, irrite la portion du cerveau qui anime la langue , plus de lluide nerveux lui est envoyé , elle ne peut

le dissiper au fur et à mesure qu’elle le reçoit, de là , l’embarras dans la parole. Ici encore , ce que l’absence du lluide électro-animal produit , sa trop grande quantité le produit aussi.

Enfin dans le troisième cas, c’est-à-dire lorsque la partie du cerveau qui vivifie et anime la langue , est pressée par les parties voisines , les suites sont les mêmes que dans les deux premiers cas.

8° Le coma, symptôme d’une maladie cérébrale , est un mot grec , passé dans la langue latine , puis dans la langue française , il désigne un assoupissement morbide ; nous supposons qu’il est dù ici à une lésion de la circulation portée à un degré d’intensité très élevé ; c’est une sorte de paralysie du cerveau. Ce symptôme de maladie cérébrale a tant d’analogie avec l’apoplexie , qu’on ne peut se refuser d’admettre qu’il est dû à une lésion de la circulation. Le centre cérébral, fatigué de l’abord dans son intérieur d’une plus grande quantité de sang , ne peut plus réagir sur les excitations qui lui arrivent de toutes parts ; si l’individu qui est sous l’influence de cette lésion , est remué , secoué , il se réveille un instant, ouvre les yeux et retombe sur-le-champ dans son assoupissement. Ce que le fluide sanguin produit ici , le fluide aqueux , lympathique , séreux, peut le produire par 1 accumulation de la sérosité dans 1 intérieur du cerveau ; l’effet produit par ce liquide , est absolument le même que celui produit par le sang. Un observa-

leur attentif ne pourra jamais se méprendre sur ce genre de lésion circulatoire , soit sanguine ou séreuse. Un coup d’œil jeté rapidement sur les causes qui ont développé le coma, sur les symptômes qui l’ont précédé , et enfin sur la constitution du malade, suffira pour mettre le médecin a l’abri de toute méprise.

9° V abolition des facultés intellectuelles , comme symptôme d’une maladie cérébrale, peut être duc a une lésion de nutrition et aux lésions de sécrétion et d’innervation , comme a la lésion de circulation dont nous nous occupons ici. Le sang , en s accumulant énergiquement dans les vaisseaux du cerveau , empêche les combinaisons de l’intelligence d’avoir lieu; il est comme étouffé dans cette importante fonction; les excitants apportés sur le cerveau du monde extérieur, à l’aide des sens, ne laissent aucune trace de leur présence. Si quelquefois ils font impression sur la partie qui doit réagir sur eux, elle doit être très faible et ne rouler que sur ce qui a rapport aux fonctions instinctives seulement , c'est-à-dire aux fonctions qui peuvent s’accomplir passivement, sans que l’attention ait besoin d’être soutenue. Comme lorsque nous nous occuperons des lésions de nutrition , de sécrétion et d’innervation , nous devons parler des facultés intellectuelles comme symptôme de maladies cérébrales dû à ces lésions, nous n’en dirons pas davantage ici ; cependant nous allons faire connaître

ce qui nous porte à placer ce symptôme clans cette section. Tous ceux qui sont sous l'influence des causes qui favorisent la progression du fluide sanguin vers le cerveau, ou qui ont un tempérament sanguin , doivent être plus exposés aux lésions de la circulation que ceux qui sont à l’abri des causes morbides cérébrales , ou qui ont un tempérament lympathique ou nerveux. Donc l’abolition des facultés intellectuelles dans le cas qui nous occupe , est reconnue i° aux causes qui lui ont donné naissance et à la constitution de l’individu; 20 à la promptitude de son développement , c’est-à-dire que l’abolition a pu se déclarer en un instant.

Ce symptôme présente plusieurs degrés à étudier depuis la diminution de la mémoire jusqu’à son extinction complète ; depuis la misanthropie jusqu’à la folie la mieux marquée. Dans la quatrième section, lorsque nous nous occuperons des symptômes de la lésion de l’innervation, nous reviendrons avec beaucoup de détails sur ce que nous ne fesons qu’effleurer dans ce paragraphe.

io° La paralysie de la face , stupeur locale ou faciale, que nous fesons dépendre ici d’une lésion de la circulation, est un symptôme d’une maladie cérébrale. Ce symptôme peut ne siéger que sur une petite partie de la face, comme il peut l’envahir complètement : dans ce. dernier cas , le sang qui est la cause de son apparition , doit se trouver en plus grande quantité dans la pulpe cérébrale que dans

le premier cas. Le conducteur du fluide électroanimal , le nerf enfin , est paralyse dans scs fonctions ; il peut être ou ne pas être comprimé par le liquide sanguin. Dans le premier cas , comme nous l’avons déjà dit, la partie ne sécrète plus de fluide nerveux et la face est alors privée de son excitant ordinaire. Dans le deuxième cas, les portions qui avoisinnent le nerf le compriment, et le fluide vital, quoique encore sécrété par la portion de cerveau qui préside aux mouvements de la face , ne lui est plus envoyé ; donc , que l’organe sécréteur soit congestionné et les nerfs sains , qu’il soit sans lésion de circulation ou que seulement les nerfs soient comprimés , l’effet sera le même : la paralysie de la face aura lieu enfin.

ii° La dilatation de lapupille , que nous fesons dépendre d’une lésion de la circulation dans la pulpe cérébrale , est bien certainement un symptôme d’une maladie cérébrale assez avancée ; c’est une paralysie de Vins due aux mêmes causes que la paralysie de la face : ce que nous avons dit de cette dernière , peut donc être appliqué à la dilatation de la pupille. Tous les excitants visuels ne font plus d’impression sur la rétine, cette dernière les charierait en vain quand ils auraient lieu : le nerf optique ne fonctionne plus , ou s’il fonctionne encore , le centre et l’aboutissant des impressions demeure paralysé par la présence , dans son tissu ou dans celui des parties voisines, d’une plus grande

somme de fluide sanguin. De cette lésion de la circulation dépend la dilatation de la pupille qui est due à la paralysie des nerfs qui animaient cette petite cloison oculaire. Ce n’est pas ici le lieu de dire pourquoi la pupille est dilatée dans un état asthénique des nerfs, et pourquoi au contraire dans un état sthénique elle est contractée ; le bon sens du lecteur suppléera à ce que nous ne fesons que désigner en passant.

i2° Les bruits de cloches et de tambour que le malade croit entendre , sont des symptômes d’une cérébrite , et dus à une lésion de circulation. Plus haut nous avons déjà dit plusieurs fois que la présence du sang dans le cerveau l’excitait à redoubler d’énergie lorsque toutefois il n’y est pas en assez grande quantité pour en troubler les fonctions ; sous l’influence de cette activité circulatoire, compatible encore avec l’état de santé , plus de principe vital est envoyé à tous les points du corps, les impressions des corps extérieurs sont exagérées, confuses, elles agissent brusquement; le centre cérébral qui reçoit les impressions pour se les approprier et en faire des sensations , jouit d’un surcroît d’énergie, il ajoute aussi au trouble produit par les excitants extérieurs ; de ce conflit d’impressions , naissent ces bruits anormaux dont nous nous occuperons dans ce paragraphe.

ISous pensons que le bruit de cloches que nous regardons comme symptôme d’une cérébrite , est

dû à une agmentation de la progression du lluidc sanguin dans les vaisseaux cérébraux ; le mouvement de diastole et de systole de ces vaisseaux , est porté à un haut degré d’intensité. La cause qui détermine cette accélération de la circulation est-elle intense, la congestion fera des progrès déplus en plus dangereux.

Au lur et à mesure que ce bruit de cloches se fera entendre plus fort, on pourra être certain que la lésion circulatoire devient de plus en plus manifeste. La dilatation des vaisseaux du cerveau , due à l’impulsion qui lui est communiquée par le sang , presse , percute , dilate la masse cérébrale , et donne lieu à ce bruit anormal dont nous nous occupons ici. Ce bruit peut être comparé à celui qu’on entend , lorsque pendant une légère céphalogic accompagnée d’accélération de la circulation, on est couché sur l’oreille, il n’est personne , nous pensons, qui n’ait entendu ce bruit qui quelquefois devient incommode. Nous pouvons donc conclure dès à présent, et sans crainte de voir repousser notre explication du bruit de cloches comme symptôme d’une célébrité , que toutes les fois que le cerveau aura son système sanguin accéléré , ces bruits pourront se faire entendre.

Quant aux bruits de tambour comme symptômes d’une maladie cérébrale , ils sont encore dus , avons-nous dit plus haut, à une lésion du système circulatoire cérébral ; ici , le fluide sanguin en ar-

rivant en plus grande quantité dans le cerveau , en augmente l’activité et en trouble ensuite les fonctions. Les ondes sonores qui arrivent à l’oreille , font une impression qui est plus sentie , plus vive. Si les nerfs de l’oreille , de leur côté, reçoivent une plus forte somme de fluide électro-animal , et que le point central sur lequel les impressions auditives sont digérées , jouit d’un surcroît d’énergie , il devient facile de se rendre compte de ce bruit agaçant que le malade compare à celui produit par le tambour sur lequel on frappe. Plus tard , lorsque le retour à la santé a lieu, ce bruit cesse, et la congestion sanguine cérébrale cesse aussi. Si au contraire, la stagnation du fluide sanguin augmente, ce symptôme se dissipe , et sa disparition est due à l’engorgement de la portion du cerveau sur laquelle les ondes sonores font impression par l’intermédiaire des cordons nerveux. Dans le premier cas , c’est-à-dire lorsque le retour à la santé a lieu , on doit éviter les causes qui l’ont provoqué une première fois , car la partie hypérémiée conserve toujours une certaine prédisposition à l’irritation lorsqu’elle sera soumise au même ordre de causes. N’anticipons pas ici cependant sur les moyens à opposer à ce genre de lésion , car nous devons y consacrer un très long chapitre. Dans le second cas, c’est-à-dire lorsque le bruit de tambour cesse par l’augmentation de la congestion cérébrale , le fluide nerveux n’étant plus envoyé au sens de l’ouïe

et la partie qui la sécrète étant comme étouffée par la grande quantité' de sang qui engorge le cerveau ou une portion de ce viscère , il est facile de se rendre compte de la disparition du bruit de tam-* bour.

Ici se termine l’étude des symptômes locaux des maladies cérébrales et qui sont dus à une lésion de circulation. Nous en avons décrit très peu, mais comme les lésions de la nutrition , de la sécrétion et de l’innervation nous en fourniront plusieurs que nous aurions pu placer dans cette section , nous avons mieux aimé en renvoyer la description dans chacune de ces sections ; cependant nous aurons soin d’indiquer ici en passant que presque toujours la lésion de la circulation donne naissance aux autres lésions , et que les symptômes qu’elles provoquent pourraient tous lui être rapportés.

Nous allons nous occuper maintenant de symptômes généraux de la cére'brite due à une lésion de la circulation : nous en avons omis plusieurs , tels que les convulsions, etc., que nous avons renvoyés a la quatrième section où nous traiterons des lésions de l’innervation. Nous devons faire connaître pourquoi nous en renvoyons l’étude à cette section. Dans plusieurs cas on n’a pu rien trouver après la mort des individus qui avaient présenté des convulsions fréquentes; il est bien vrai aussi que le fluide sanguin , en plus grande

quantilé dans la pulpe cérébrale, développe des convulsions ; mais ces cas sont plus rares que ceux dans lesquels on n’a rien trouvé d’appréciable à nos moyens d’investigation dans le cerveau après la mort, pour en expliquer l’apparition.

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