‹ Traité du cerveau, de ses fonctions, des causes, des symptômes, du diagnostic, du prognostic, et du traitement de ses maladies, etcChapitre 15 sur 28 · IÔ · texte numérisé non relu

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la perturbation qui , dans certains états de l’organisation , doit résulter pour le cerveau , de la sortie plus ou moins considérable du liquide sanguin ; à moins qu’on ne veuille que pendant que le sang sorte à Ilots de l’économie soit par l’utérus, soit par toute autre partie du corps , il s’accumule outre mesure dans le cerveau. Nous l’avons déjà dit plus haut , lorsque le cerveau reçoit moins de sang que de coutume , ses fonctions se troublent aussi bien que quand il en reçoit trop. Donc, en résumé , la congestion et l’anémie cérébrales déterminent des symptômes souvent semblables.

DEUXIÈME SECTION

Symptômes fournis par une lésion de nutrition.

Dans cette seconde section nous allons nous occuper des symptômes des maladies cérébrales produits par une lésion de la nutrition, de cette grande fonction dont l’état normal sera défini par nous : un mouvement caché , imperceptible et continue qui parcourt tous les organes et déposé dans chacun les matériaux nutritifs indispensables a 1 accomplissement. parfait de la vie. Il est essentiel que nous fassions observer ici que par le mot organisation on entend l’union d une plus ou moins grande quantité fie fluide combiné avec une certaine

quantité de substance solide. Dans le courant nutritif, des combinaisons plus ou moins composées se forment, se détruisent et se renouvellent continuellement , d’où il résulte que les molécules nourricières se fixent et se séparent pour plus loin aller s’attacher et faire ensuite partie de l’individu. Lorsque ces molécules sont demeurées attachées aux parties solides jusqu’à l’époque fixée par les lois de l’économie , elles se séparent pour être entraînées par le courant qui est toujours dans un mouvement continuel. Telle est la définition que nous donnons de l’acte nutritif : nous ne nous étendons pas davantage sur ce sujet, car notre livre n’est pas destiné à faire connaître avec détails ce qu’est la nutrition.

D’après ce qui précède, on a compris déjà , bien que nous n’c.n ayons pas parlé , que malgré les avantages qu'a notre corps de pouvoir conserver la composition intime de tous scs tissus qui consistent, comme nous l’avons dit, en liquides et en solides, de telle façon que l’harmonie la plus parfaite existe et ne soit pas dérangée ; il est pourtant constamment exposé à éprouver de fortes et profondes modifications d’où naissent les maladies. Cette modification de l’acte nutritif ne porte souvent que sur un seul point. Comme ici nous n’avons en vue que le centre nerveux , nous ne parlerons pas des autres organes.

Tantôt le mouvement moléculaire nutritif per-

vcrti, déterminera une alteration de la forme naturelle d’où naissent les conformations vicieuses de la tête telles que les enfoncements, les saillies , etc.

Tantôt la nutrition pervertie porte sur le volume du cerveau , d’où naîtra une diminution de sa masse. A l’exemple de M. Barbier, d’Amiens, nous appelerons cette lésion oligotrophie au lieu d’atrophie qui suppose, comme il le dit, un défaut absolu de nutrition , tandis que la modification organique est ici produite par un simple affaiblissement de cette fonction qui ne répare plus suffisamment les tissus organiques. Les individus chez lesquels ce dérangement nutritif s’observe , peuvent encore avoir une tête assez volumineuse , et les ouvertures cadavériques prouvent que les hémisphères cérébraux occupent moins d’espace, ils ne remplissent plus la cavité du crâne , cependant ni leur consistance ni leur substance n’ont nullement changées.

Tantôt la nutrition anormale porte sur la quantité des molécules que reçoit le cerveau , c’est l’hypertrophie des auteurs ; le centre cérébral a acquis un poids considérable, plus de volume, plus de capacité. Cet état qui est un bienfait et l’attribut d’une grande capacité morale tant qu’il est léger, devient au contraire anormal lorsqu’il est excessif, parce qu’il trouble les fonctions cérébrales.

Tantôt de cette perversion nutritive naît un état opposé à la mollesse du cerveau dont nous allons nous occuper. Le centre cérébral acquiert

une consistance , une dureté , une fermeté morbides ; toutes les qualités physiques du cerveau sont changées, la dégénérescence dure du tissu cérébral est une lésion qui n’est pas très bien connue, elle demande à être étudiée.

Tantôt enfin, l’altération nutritive produit un dérangement dans l’union des molécules nutritives , les combinaisons sont perverties , le cerveau acquiert une mollesse extraordinaire, il n’a plus de résistance, il est sans ténacité et sans consistance, les éléments constitutifs ont perdu leur cohésion habituelle.

Nous aurons donc à nous occuper des symptômes fournis par i° une altération de la forme du cerveau ; 2e la diminution de son volume ; 3° son hypertrophie ; 4° son endurcissement ; 5° son ramollissement ; 6° et par ses lésions de continuité ou ulcérations : nous formerons autant de sections secondaires. Nous prévenons à l’avance que la tâche que nous entreprenons ici de décrire les symptômes produits par chacune de ces cinq lésions, est. bien difficile, que très souvent il nous arrivera de confondre les symptômes qu’une d’elles sera susceptible de provoquer avec ceux déterminés par les autres lésions. L’anatomie pathologique dont nous invoquons les lumières , nous fournira dans cette section toutes les explications sur la cause de l'apparition des symptômes de ces lésions. Lorsque nous les aurons tous décrits , il nous restera à les

comparer à la fin du chapitre des symptômes des maladies cérébrales dont nous nous occupons , afin de pouvoir établir pendant la vie à quelle lésion appartient tel symptôme. Nous croyons qu’il n’est pas déplacé d’avoir égard à l’état d’embonpoint ou de maigreur de l’individu; à son âge, son sexe , son tempérament, car tous ces divers états de l’économie contribuent puissamment à favoriser telle ou telle maladie. Dans la description de nos'symptômes nous aurons soin de noter ce que nous désignons

Au chapitre où nous occuperons de l’anatomie pathologique du cerveau, nous aurons à expliquer la cause de certaines productions morbides et destructions du tissu cérébral, car dans 1 état actuel de la science , il ne nous est pas donné de pouvoir les annoncer comme si elles existaient appréciables à nos sens.

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