A. SYMPTOMES PRODUITS PAR UN CHANGEMENT DANS EA FORME DU CERVEAU
Dans cette sous-division de symptômes d une maladie cérébrale produite par une lésion de nutrition , se trouveront les viciations de lorme du cerveau dues à une altération du tissu osseux crânien, telles que les exostoses intérieures, les dépressions centrales et saillies cérébrales extérieures. Les symptômes de cette lésion de nutrition sont : le trouble des organes des sens , les perceptions
fausses , la perte de la mémoire , le jugement faux , quelquefois la cécité , la surdité complète ou incomplète , un état d’idiotisme , l’épilepsie , excitations ou accidents nerveux passagers.
Les accidents que produira une lésion de la forme du cerveau , varieront de nature et d’intensité suivant le lieu qu’elle occupera dans le centre nerveux , suivant aussi qu’elle sera plus ancienne , plus profonde et plus prononcée.
i 0 Le trouble dans les organes des sens , comme lésion de nutrition cérébrale , est dû à ce que les points du cerveau où devaient s’effectuer les fonctions propres à chacun d’eux, ne jouissent pas de toute l’énergie nécessaire ; leur composition n’est pas assez parfaite , l’arrangement de la trame organique est viciée , bien que le tissu soit sain , et que la substance organique n’ait subi aucune modification ; les impressions qui arrivent du monde extérieur ne sont pas perçues convenablement , les sensations qu elles déterminent sur le centre nerveux sont ou nulles ou confuses : dans ce dernier cas , les bizarreries les plus extraordinaires sont produites. L’explication de ce désordre fonctionnel trouvera sa source dans la perversion de l’arrangement du tissu du cerveau qui ne peut fournir aux sensations produites par les corps extérieurs : une conformation cérébrale assez parfaite pour la production des phénomènes intellectuels et sensuels : si cet état d’engourdisssemenî et il affaiblis-
sement cérébral persiste pendant quelque temps , on ne tardera pas à voir chez l’individu s’allier à la nullité morale , la nullité physique ; ce sera alors que l’idiotisme le plus parfait, si on peut s'exprimer ainsi, se montrera. Indépendament de cet état produit par la vicieuse conformation cérébrale , le fluide nerveux qui n’est plus sécrété en meme quantité , peut concourir à produire les memes résultats, c’est-à-dire le trouble des fonctions des sens ; mais plus tard-, la difficulté' doit augmenter de plus en plus dans l’exercice des fonctions du cerveau.
Lorsque la lésion qui produit les symptômes dont nous nous occupons maintenant , a une intensité très forte , l’existence de l’individu est compromise, la vie est ébranlée, il ne lui est plus permis de continuer, elle se suspend. Nous ne placerons pas dans cette section ces vices de conformations originelles avec lesquels la vie ne peut que difficilement continuer, nous n’avons en vue que les vices de conformations acquis , dans le cas contraire ce serait nous occuper des monstruosités au lieu de lésions pathogénèses acquises.
2° Les perceptions fausses , que nous plaçons ic comme symptôme d’une lésion de nutrition cérébrale , 'peuvent être produites par chacune des trois autres lésions. Comme le cerveau a une figure déterminée qui est une condition essentielle de l’exercice parfait et régulier de scs fonctions , aus-
sitôt que cet important organe a éprouve nn changement dans sa composition intime , ses actes ne doivent plus s’accomplir avec la même régularité et la même facilité ; si l’altération nutritive est simple ou faible , il y a seulement un peu de changement dans les fonctions de ce centre , il en sera de même si la lésion s’éloigne du centre cérébral. Si la modification est plus considérable , si elle est voisine de la protubérance cérébrale , si enfin la forme de l’organe est changée , la vie est menacée dans ses fondements les plus solides. Dans ces divers cas les perceptions fausses ont pour causes l’état vicieux du cerveau dont la forme est altérée , il ne peut réagir sur les impressions qu’il reçoit du dehors ; tous les matériaux impressionnables développent des sensations fausses, confuses, qui ne laissent aucune trace de leur passage. Tout ce que nous avançons ici s’explique facilement , surtout lorsqu’on réfléchit un instant à ce qui se passe dans la déformation vicieuse du cerveau , qui résulte directement, d’un désordre dans la nutrition. Sous l’influence des causes qui favorisent cet état , les linéaments du cerveau prennent une forme vicieuse de plus en plus grande à mesure que le temps s’écoule. Les matériaux nutritifs en arrivant constamment dans cette trame cérébrale, la déforment et mettent le cerveau dans l’impossibilité de pouvoir réagir sur les impressions venues par les sens des corps extérieurs. L innervation qui n’est plus sé-
crétée aussi abondamment , contribue beaucoup pour sa part à produire les perceptions fausses en ce que les organes des sens n’ont pas leur excitabilité ordinaire pour conduire au cerveau les matériaux qu’il doit digérer. Aucun des points du corps n’est capable de remplir ses fonctions accoutumées et normales , ils souffrent tous de la privation de leur aliment ordinaire , le fluide électroanimal.
3° La perle, de la mémoire , comme symptôme d’une lésion de nutrition cérébrale , doit être distinguée de la perte de la mémoire qui dépend d’un vice de conformation originelle ; tandis que le symptôme dont nous nous occupons ici , ne se montre que chez un individu dont le cerveau est modifié anatomiquement par la nutrition. Cet individu a joui de toutes les facultés intellectuelles dont l’abolition est due soit à un coup qui a enfoncé les os du crâne dont le résultat le plus immédiat est la compression , soit à une viciation dans l’arrangement des molécules nutritives du cerveau ; dans ces différents cas , le cerveau est mis hors de la possibilité de remplir ses hautes fonctions accoutumées , ses actes sont suspendus ; aucune impression n’est perçue, d’où il suit qu’il ne peut être excité à se rappeler et se ressouvenir de rien. Lorsque la portion du cerveau qu on sait présider à la mémoire , n’est pas viciée de façon à suspendre complètement la mémoire, il peut ar-
river et il arrive très souvent quelle n’est pas modifiée , diminuée; l’individu se ressouvient encore du passe, mais aussi il faut le dire, ce n’est qu’en fixant long-temps son attention qu’il y parvient. On se rend compte de la perte de la mémoire par l’impossibilité clans laquelle est mis le cerveau par le fait de la viciation de sa nutrition, de réagir sur les matériaux intellectuels résultat de l’impression faite par les corps extérieurs.
Les serviteurs de l’intelligence eux-mèmes, les sens enfin , sont aussi privés de leurs excitants ordinaires, c’est-à-dire le fluide nerveux dont la privation les met dans l’impossibilité , ainsi que le cerveau , de remplir leurs fonctions. Pour que les fonctions de l’intelligence et de scs sentinelles s’accomplissent parfaitement, il faut que le cerveau et les sens soient à l’abri de toutes viciations de structure et que l’innervation soit fournie et envoyée partout avec la meme régularité; dans le cas contraire, l’harmonie des fonctions ne peut exister, et bien mieux elles peuvent être suspendues plus ou moins complètement.
4° Le jugement faux , comme les perceptions fausses, est dû à une lésion de l’acte nutritif de la portion du cerveau sur laquelle le jugement est effectué ; cette partie reçoit bien tous les matériaux nécessaires à l’accomplissement parfait de cette faculté , mais les raisonnements qui en découlent, portent le cachet le plus faux et le plus irrégulier
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qu’il soit possible de rencontrer. Les sens qui charient au centre cérébral les principes sensitifs , c’est-à-dire les impressions , ne jouissent pas de toute leur énergie accoutumée; ils sont sans vigueur, et ces conducteurs passifs des excitations extérieures sont, ainsi que le cerveau, dans l’impossibilité de réagir sur elles ; les impressions qu’elles font alors , sont déjà fausses , sans vérité. Ce produit anormal étant transmis à un autre point du cerveau pour être jugé, ne peut l’être convenablement, car cette partie importante est elle-même altérée dans sa composition anatomique. Il résulte de cette perversion de nutrition un désordre tel dans les idées, que l’individu qui est sous l’influence de celte altération nutritive cérébrale, est mis hoi*s le cas de pouvoir remplir scs devoirs sociaux. Notez bien cependant qu’il ne s’aperçoit pas que ces actes sont déraisonnables , il croit que tout ce qu’il fait, dit et pense est sensé ; il n’est pas du tout étonnant qu’il en soit ainsi, puisque les impressions qu’il reçoit du dehors sont fausses par elles-mêmes, et l’organe qui doit les élaborer, est altéré dans sa composition.
5° Le Irouble de La vision , symptôme d’une lésion de l’acte nutritif cérébral , peut être le produit aussi de diverses autres lésions , mais ici nous le regardons comme dépendant d’une altération du cerveau très rapproché du point central ; ce symp-
sordrc anatomique cérébral. Cette modification de la partie importante du cerveau sur laquelle les impressions visuelles se rendent, peut dépendre d’une compression brusque , alors elle aura dû perdre à l’instant sa figure normale; dans ce cas , il devra en résulter un désordre subit et très prononcé , la vue pourra être troublée ou suspendue. Mais si au contraire la compression est lente, les molécules organiques se déplaceront sans en altérer la texture comme lorsqu’elle le fait brusquement ; dans ce dernier cas , la pression se fait d’une manière graduée , insensible , progressive ; ses lonctions peuvent encore s’accomplir et conserver pendant quelque temps une certaine aptitude à fonctionner, lorsque les impressions qu’elle recevra des yeux et des nerfs qui en partent , seront de nature à l’affecter convenablement. Donc, ici le trouble de la vision dépend de la déformation du point du cerveau sur lequel les impressions visuelles sont envoyées, bien que les parties environnantes jouissent de leur énergie accoutumée.
Quelquefois , avons-nous dit plus haut , la cécité se rencontre à la suite d’une modification de nutrition cérébrale, c’est que dans ce cas, ou cette modification de structure centrale est portée à un haut degré d’intensité , ou la pression environnante , tout en altérant la structure , aura froissé la partie; cette compression existant toujours, la nutrition se sera totalement déviée de ses lois or-
cli naircs ; et de là, la cécité qu’on remarque chez les individus où la nutrition cérébrale est pervertie.
G" La surdité , comme symptôme d’une maladie cérébrale due à une lésion de nutrition , peut être complète ou incomplète , c est- à-dire que l’individu peut être plus ou moins complètement sourd , suivant que l'altération de la structure anatomique du cerveau aura un degré plus ou moins élevé. Dans le premier cas , l’individu n’entend plus aucun bruit qui se fait autour de lui , malgré toute l’attention qu’il apporte pour saisir ce qu’on dit : les deux côtés peuvent encore être alfeclés, c’cst-à-dipc que l’organisation des portions du cerveau sur lesquelles arrivent les sensations provoquées par les ondes sonores, peut être viciée et avoir sa structure mal conformée: il devient donc, après cela, très facile de se rendre compte de la surdité complète chez un individu dont le cerveau a sa nutrition troublée. Puisque le centre auditif n'existe que dans un état anormal, les ondes sonores, quoiqu encore transmises par les nerfs de l’ouïe , ne font plus aucune impression , elles n’ont plus assez de force pour ébranler le centre qui, à son tour, n’a plus la qualité pour remplir ses importantes fonctions. Il peut arriver que les parties du cerveau qui sont chargées d’accomplir l’audition, soient intactes, tandis que celles voisines en pressant par leur volume sur elles , les mettent dans I impossibilité de recevoir les vibrations sonores du monde extérieur.
Dans le second cas, c’est-à-dire lorsque la surdité est incomplète , elle peut exister des deux côtés à la fois, comme elle peut ne se montrer que d’un seul : ce symptôme est expliqué par la possibilité qu’a encore le cerveau , malgré les désordres de forme qui existent , de remplir scs fonctions quoiqu imparfaitement , en ce qui a rapport à l’audition. Si les ondes sonores les plus fortes qui font impression sur le contre auditif , par l intermédiairc des nerfs de l’ouïe, l’ébranlent encore, ce n’est qu’à un degré bien faible. La structure vicieuse de celte importance partie du cerveau rend compte aussi dans la description de ce symptôme , de la difficulté qu’on éprouve de sc faire entendre d'ut? individu dont le centre auditif est modifié , -.omiquement.
7° l/i état d'idiotisme , comme sympi 'ma d'une lésion de nutrition cérébrale, a re montra assez souvent : cct état peut être originaire ou acquis : dans le premier cas, le crâne de l’individu, par sa mauvaise conformation, a donné au cerveau une forme anormale qui le met dans l’impossibiiit de pouvoir remplir les hautes fonctions :n!< iloctuellcs, fonctions qui lui ont été assignées par les lois de. la nature. La vicieuse composition anatomique du cerveau ne peut perm ttre aux sensations qui lui arrivent de toutes parts , de faire naître dos impressions capables de prtu uirc ce raisonnement qui distingue l’homme des autres êtres ; cet état
vicieux le met dans l’impossibilité de créer aucune idée sensée. Le fluide nerveux, ce principe vital, n’est plus sécrété en assez grande quantité pour animer les autres points du système nerveux , c’est ce qui fait que l’idiot est aussi nul au physique qu’au moral ; cependant quelquefois il n’existe point de paralysie des membres : il manque à l’idiot de l’intelligence pour les mouvoir. Il ne nous appartient pas de décrire l’idiotisme , car notre ouvrage n’est point un traité de pathologie ; nous nous sommes engagés seulement ici à le décrire comme symptôme, et alors nous avons dû chercher à expliquer la cause de son apparition.
Dans le second cas, c’est-à-dire lorsque l’idiotisme est acquis, la tête, tout en conservant son volume , peut présenter çà et là quelques enfoncements résultant d’un coup avec un instrument contondant ; il peut se présenter chez un individu dont le crâne est bien conformé et qui a joui jusqu’au moment où s’est déclaré l’idiotisme , de toutes ses facultés morales. La cause de ce grand changement est une modification , une perversion de la nutrition dans le tissu cérébral , par conséquent il est rare de voir cet état se montrer tout à coup ; car, comme on le conçoit facilement , le dérangement nutritif ne se manifestant pas de suite , il lui faut un certain temps avant qu’il soit parvenu à un degré assez élevé pour mettre le cerveau hors d’état de pouvoir remplir scs fonctions
importantes. Mais lorsque la viciation nutritive a tellement modifié cet organe dans sa structure anatomique , qu’il lui est impossible de réagir sur les impressions accoutumées , l’idiotisme se déclare , l’individu devient nul au physique comme au moral. 11 en est de meme dans le cas où l’idiotisme est originaire : que cet état soit originaire ou acquis , les fonctions nutrives peuvent s’accomplir régulièrement, le corps se bien développer.
8° L 'épilepsie ou accidents nerveux , résultant d’une modification de nutrition de la pulpe céré- ' braie , peut ctre due à diverses autres causes, cependant elle se rencontre très souvent chez les individus dont le cerveau a subi une altération anatomique de tissu. Tous les médecins connaissent le cortège hideux des symptômes qui l’accompagnent, et c’est pourquoi nous ne les décrivons pas ici. Il est facile de se rendre compte de cette redoutable maladie dans le cas qui nous occupe, lorsqu’on sait que la pulpe cérébrale ne jouit pas de toutes les prérogatives anatomiques, c’est-à-dire qu’elle est viciée dans sa composition.
Cependant ce symptôme affreux ne se montre qu’à des intervalles plus ou moins éloignés ; il faut qu’une grande quantité de fluide nerveux trouble les fonctions du cerveau déjà disposé à cette infirmité pour qu’il se déclare. Cette accumulation du fluide vital est expliquée par la difficulté qu’a à la ser l’individu dont le cerveau est lésé mit ri-
tivcment , parce qu’on sait encore qu’il est d’une aussi grande nullité au physique qu’au moral ; cependant cette nullité variera suivant la constitution. TSous disons qu’il faut qu’une grande quantité de duide nerveux soit sécrété pour troubler les fonctions du cerveau, parce que tous les symptômes qui accompagnent l’épilepsie sont tous nerveux, et qu il est imposible qu’il en soit autrement. Bien que le fluide sanguin soit la cause de cette sécrétion du fluide électro-animal , la modification cérébrale en sera la cause permanente, et l’abondante sécrétion du fluide vital, ou l’irritation nerveuse enfin , en sera la temporaire.
Dans rémunération des symptômes dus à une modification de la nutrition du cerveau sans changement dans ses qualités physiques , nous n’avons pas parlé des changements qui peuvent survenir du côté des autres fonctions importantes, telles que la circulation , la respiration , la digestion , etc. , parce qu’ils sont toujours dus à une perversion de fluide électro-animal dont la cause est le changement de l’acte nutritif cérébral. Ces importantes fonctions sont mal vivifiées par le centre cérébral ; leur action est languissante, elles suivent un rhythme tardif et affaibli. Ce serait des répétitions inutiles d’y revenir ici, attendu que plus haut, lorsque nous nous sommes occupés de lésions de la circulation cérébrale, nous nous sommes étendus le plus longuement qu’il nous a clé possible sur leur description.
B. SYMPTOMES DUS A UNE LÉSION DE NUTRITION CÉRÉBRALE QUI A DIMINUÉ LE VOLUME DU CERVEAU.
Ces symptômes ne sont pas très nombreux, la cause de leur apparition est facile à saisir, leur cou" naissance est d’une grande importance pour le malade et le médecin; le premier aura beaucoup plus de chances de guérison , et le second plus de succès à espérer. Ces symptômes sont la mémoire infidèle , les perceptions obtuses , la volonté laible^ -les impressions extérieures moins senties, l’aptitude à toutes les directions qu’on donne aux individus qui ont le cerveau diminué par la viciation ou le ralentissement de la nutrition, la perte absolue de toute volonté, les habitudes totalement changées, la lenteur dans les mouvements , la nonchalencc , le peu de résistance vitale , l’affaiblissement de toutes les fonctions importantes de l’économie.
i® La mémoire infidèle , comme symptôme d’une lésion de nutrition cérébrale qui diminue la masse du cerveau , dépend de ce que cet organe n’a plus la faculté de réagir sur les impressions extérieures comme il avait contracté l’ habitude de le faire; la diminution de sa masse qui l’assimile au rang de celui d'un enfant, peut être due soit au ralentissement de la nutrition , soit à l’activité exagérée de l’absorption dans les tissus du cerveau. Dans ce cas , la substance cérébrale n’a pas changée , c’est la capacité seulement qui est moindre. D après cela
il est facile de concevoir que cette perversion de la nutrition en diminuant la masse cérébrale , doit la rendre moins apte à se ressouvenir des impressions éprouvées. Le cerveau en est presqu’au point où il était lorsque les premières sensations ont été ressenties par lui. C’est une nouvelle vie qu’il est obligé de recommencer, c’est enfin presqu’un exercice nouveau pour lui. Dans cet état, il devient donc bien facile de comprendre comment la modification de la nutrition cérébrale , en portant sur son volume, doit en affaiblir la susceptibilité et diminuer la puissance de l’innervation dont le concours est si utile à l’accomplissement de cette importante faculté , la mémoire.
2° Les perceptions obtuses doivent nécessairement résulter du moindre volume du cerveau et de son activité moins grande à être excité par les corps extérieurs;et comment en serait-il autrement quand on sait que l’étendue des perceptions se calcule sur le volume du cerveau ? Cette régie n’est nullement exclusive comme on serait porté à le penser, car lorsqu’on compare les individus à petits cerveaux avec ceux dont le volume est très marqué , on s’aperçoit de suite de ce que nous avançons ici. Donc, toutes les fois que la nutrition cérébrale sera pervertie , on devra rencontrer un changement dans les facultés morales ; changement qui sera plus ou moins marqué suivant le degré d’altération ou de modification anatomique de ce centre important.
La sécrétion du fluide électro-animal étant modifiée dans sa quantité , tout le centre cérébro-rachidien étant moins vivant, leurs fonctions doivent se ressentir de ces états anormaux ; la débilité , la langueur des hautes fonctions intellectuelles auront un caractère bien tranché , et feront connaître de suite à l’observateur attentif, quel est le genre de lésion qui existe dans le cerveau.
3° La volonté faible , conséquence inévitable d’une diminution du volume du cerveau, s’explique facilement par l’état dans lequel est cet organe. L’état de nullité dans lequel il se trouve aussi , rend compte de l’empire faible qu’il exerce danç l’économie à la tète de laquelle il se trouve placé. L’affaiblissement de l’innervation , résultat de la pénurie dans le tissu cérébral de celte faculté nutritive, originaire ou acquise, explique encore pourquoi l’individu est constamment dans une dé" bilité extrême , sans volonté. Les autres organes qui reçoivent du cerveau le fluide vital, en sont privés; ils ne sont plus vivifiés avec l’énergie convenable ; ils ne peuvent réagir sur le centre nerveux dont la diminution du volume a fait cesser la puissance d’innervation qui les animait. Une conséquence encore de cet état du cerveau, est le défaut d’harmonie dans l’exercice de leurs fonctions qui sont sous la dépendance immédiate de l’encéphale.
4* Les impressions extérieures moins senties ■> s’expliquent facilement par la faible énergie dont
le cerveau jouit : comment pourrait-il en être autrement quand la source du lluide vil al qui se répand sur tous les points du corps est presque tarie? Les agents du dehors agissent vainement sur i individu dont le volume, du cerveau est diminué, car il ne perçoit rien ou presque rien : c’est donc au moindre volume du cerveau , dont la conséquence ordinaire est la suspension du fluide, vital , que nous devons rapporter l'inaptitude à être impressionné convenablement par les agents extérieurs. Les conducteurs de ces impressions , les cordons nerveux dont l’excitant ordinaire et indispensable, enfin le lluide électro-animal, leur est refusé, se trouvent dans l’impossibilité déjà par eux-mêmes de pouvoir transmettre aux cerveaux ces utiles matériaux.
5° L ’ aptitude à i ouïes les directions est nécessairement ici le résultat d’une diminution de volume du cerveau, en ce sens qu'il se trouve dans l’impossibilité de pouvoir, par le fait de son inactivité r commander à aucune de scs fonctions , d’où il suit que l’individu dont le cerveau est dans cet état, est porté à croire tout ce qu’on lui dit, et il adopte d’autant plus facilement ce qui( lui est conseillé, que l’état d’apathie dans lequel il sc trouve,, est actuellement celui naturel et résulte , comme nous l’avons déjà dit, de la perte de l’importance anatomique cérébrale. Après la connaissance de cette dégradation cérébrale, de cette alté-
ration de la source vitale, comment se refuser de croire que l’aptitude à toutes les directions qu’on donne aux individus dont le cerveau est diminue par la viciation ou le ralentissement de la nutrition , n’est pas dû à ce grand changement nutritif?
G0 La perle absolue de toute volonté est un degré plus élevé que la volonté faible dont nous venons nous occuper au quatrième paragraphe : ce que nous avons dit de ce symptôme pourra donc être applicable à celui-ci , avec celte différence cependant que chez le premier le cerveau est encore capable de recevoir et d’analyser quelques impressions ; l’innervation est encore fournie en assez grande quantité peur que l’individu ne soit pas réduit à une position végétative ; tandis que chez le dernier, il y a inaptitude des plus prononcée à l’impressionnabilité. La volonté » cette faculté , produit de l’activité cérébrale , est nulle ici ; enfin tout ce qui distinguait l’homme des autres êtres lui est retiré. Cet état de dégradation morale se rencontre chez plusieurs iudividus qui précédemment avaient fait preuve de grands talents et obtenaient continuellement des succès dans les travaux de l’esprit; ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’il est dans le cours de la vie , des époques, des jours, des mois, des années où des individus se trouvent dans ce cas ; et chose non moins remarquable encore , c est que le cerveau ne paraît pas être dans un état morbide, aucune douleur de tête, aucun
symptôme ne décèle, à proprement parler, aucune affection du cerveau.
y0 Les habiludes totalement changées. Il n’est pas étonnant que les habitudes de l’individu soient modifiées lorsque la nutrition pervertie a diminué la masse cérébrale; elles doivent s’affaiblir d’autant, car la multiplicité des penchants suivent les différents degrés de développement du cerveau , ou mieux , chaque partie de ce centre qui les tient sous sa dépendance. Lorsque toutes les habitudes de l’individu sont viciées, il est à présumer que l’altération nutritive porte sur la masse entière des hémisphères cérébraux. S’il en est ainsi , on se rend facilement compte de l’apparition de ce symptôme par le défaut d’activité du cerveau, par la suspension de la sécrétion du fluide vital qui en est une conséquence.
Le symptôme dont nous nous occupons ici, peut être produit par la lésion de quelques autres fonctions ; dans ce cas , il pourra disparaître lorsque la cause qui le provoquait n’existe plus , mais au contraire , s’il résulte d’une lésion de nutrition qui aura diminué le cerveau , sa durée sera bien plus longue et il ne pourra cesser qu’avec la vie : cependant , lorsque ce symptôme dépend d une longue maladie ou d’une émaciation générale, c’est-àdire lorsque le cerveau a participé à la diminution générale du corps de l’individu, il y a beaucoup d’espoir de guérison.
8° La lenteur des mouvements , dans le cas qui nous occupe, est infailliblement un symptôme d’une diminution du volume du cerveau , et comment en serait-il autrement lorsque tous les points du corps sont prives de leur excitant ordinaire parl’affaiblisscment de la sécrétion vitale dans le centre nerveux. La puissance du cerveau dans ce symptôme est bien bornée , son empire bien restreint. Les parties dans lesquelles ce symptôme se déclare sont saines ; la langueur de ces parties dépend de ce que le cerveau, centre de vitalité , ne leur envoie plus leur influence accoutumée ou vivifiante, aussi forte, aussi active.
q° La nonchalence , dont nous avons à traiter ici , est une suite de la lésion de nutrition cérébrale , qui a entravé la marche et la sécrétion régulière du fluide électro-animal , ce symptôme est un des degrés de la lenteur des mouvements dont nous venons de nous occuper au huitième paragraphe ; comme ce dernier, on doit lui assigner pour cause capitale l’absence de fluide vital sur tous les points du corps qui doivent exécuter les mouvements.
io* Le peu de résistance vitale , placé ici comme symptôme d’une lésion de nutrition, est une suite de cette perversion nutritive par la raison que le cerveau ne peut réagir sur les impressions qui lui sont encore transmises ; la composition anatomique cérébrale n’a pas les qualités suffisantes pour résister aux chocs des corps extérieurs ; le
cerveau ainsi modifie n’est plus susceptible d’être placé dans le cercle des organes actifs ; scs fonctions , quand quelques unes s’effectuent encore , sont accomplies d’une manière presque toute passive ; il a un degré très prononcé d’infériorité sur les autres organes qu il tenait sous sa dépendance lorsqu’il jouissait de toute sa vitalité , de son énergie importante.
i ï° JJ affaiblissement de foules les fonctions importantes , comme suite d’une perversion de la nutrition du cerveau , mérite que nous nous y arrêtions quelques instants : ce symptôme est infailliblement la conséquence de la pénurie de fluide nerveux sur les organes qui sont chargés d’accom-
plir les hautes fonctions de l’économie, les organes de la vie nutritive étant mal vivifiés par le cerveau doivent avoir une action bien faible, leur exercice suit un rhythme tardif. Les contractions du centre circulatoire sont plus rares , l’action du coeur est très languissante. Les digestions douloureuses, lentes , pénibles : la nutrition sè fait mal dans tous les tissus, parce que le principe de vie indispensable à celte importante fonction y arrive mal , moins puissant : la chaleur est faible , conséquence ordinaire d’une lenteur dafts la circulation ; la température du corps de l’individu dont le cerveau est lésé dans son volume, est toujours au dessus de la température ordinaire : très souvent les intestins se ressentent de cette grande modification ainsi que
la menstruation; mais dans une lLûlUil de nutrition de la moelle épinière, ces derniers symptômes se rencontrent plus marqués.
C. SYMPTOMES d’uNE LÉSION DE NUTRITION CÉRÉBRALE QUI A AUGMENTÉ LE