AUTOUR DE LUI
Le cerveau est peut-être de tous les tissus du corps celui où l’on rencontre le plus souvent du pus. Il s’y trouve , soit à l’c'tat d’infiltration , soit rassemblé dans une cavité. On sait que toujours ce produit sécrétoire morbide , est accompagné d’un ramollissement du cerveau. Nous pensons que plusieurs causes concourent à l’accomplissement de cette sécrétion purulente , qui est un produit de la fonction sécrétoire troublée.
Le pus dans le cerveau ayant été observé à la suite de plusieurs lésions différentes de cet organe , nous croyons être dispensé de décrire les symptômes que sa présence peut produire , par la raison qu’il faudrait rappeler les nombreux symptômes des maladies cérébrales qui nous ont occupés jusqu’ici. Lorsque nous nous occuperons de l’anatomie pathologique des centres nerveux , nous entrerons dans plus de détails sur la cause qui , chez l’un, fait observer le pus disséminé, et chez un autre , le remet en foyer à parois plus ou moins épaisses.
Si nous ne décrivons ici aucun symptôme , ce n’est pas parce que nous ne le pouvons, et qu’il n’en existe point, c’est que d'un côté nous serions obligés d’entrer toujours dans des répétitions , et de l’autre , qu’il est impossible qu’une sécrétion
purulente, quelque cachée qu’elle soit, ne se décèle par quelque signe ou local ou général. Lorsque du pus sera trouvé après la mort dans le cerveau d’un individu ou pendant la vie , des symptômes dus, soit à une lésion de circulation ou de nutrition , soit à une lésion de sécrétion autre que celle dont nous nous occupons en ce moment, auront été observés, et cela, d’après le tempérament, l’âge , le sexe et le genre de vie des individus, on devra lui rapporter en partie tous les symptômes qui seront venus se mêler à ceux qui existaient déjà et qui auront changé leur mode de succession. Il n’est pas de notic sujet de parler du pus trouvé dans les sinus de la dure-mère et de ce même liquide répandu sur la face extérieure du cerveau , par la perforation d un de ces sinus, attendu que nous n’avons en vue que les symptômes produits par des lésions du ccntie céiébial seul ; au surplus nous ne pourrions rapporter que les observations du docteur Hoopei ( I fie morbid ancitorny oj the Ütcuji. London, 182G , in-^0, fig. coloriées.), puisque nous n avons eu occasion d en voir qu’une seule fois , et encore n avons-nous pas observé attentivement les symptômes.
C. SYMPTOMES PRODUITS PAR LA PRÉSENCE DES TUBERCULES DANS LE CER- VEAU.
Dans cette sous-division , nous devons nous occuper des tubercules qu’on rencontre dans les cen-
très nerveux, et notamment des symptômes qu’ils développent; mais avant, nous lcrons observer qu’il résulte des travaux intéressants de MM. Gendrin , Léveillé et Ollivier, que ces tubercules sont plus fréquents dans l’enfance qu’à toute autre époque de la vie , et il est à remarquer que c’est le cerveau qui en est le plus souvent le siège. Comme la portion du cerveau qui entoure les tubercules se présentant avec différents degrés d’altération , tels qu’hypérémiée , ramollie, détruite ou atrophiée; les symptômes qu’elle provoque devront varier d’intensité ou d’aspect , suivant le genre de lésion dont nous venons de parler.
On a prétendu que chez des enfants on a trouvé dans le cerveau des tubercules qui n’ont donné , pendant la vie , naissance à aucun symptôme ; dans ce cas , nous pensons avec M. Andral , que cela dépend de l’état d’intégrité dans lequel se trouvait la portion du cerveau qui les entourait. Si quelquefois aussi , on a observé des accidents intermittents, on doit en chercher la cause dans l’intermittence même des lésions qui se développent autour des tubercules. Ainsi, dit encore M. Andral, un tubercule ne produit pas lui-même des convulsions, mais il les détermine par la congestion périodique dont il favorise le développement dans la substance nerveuse environnante. Cette explication est de la plus grande justesse et s’accorde parfaitement avec notre manière de voir, sur la cause de l apparition
des convulsions dont nous avons parlé en ses lieu et place. On sait que nous avons dit qu’une irritation plus forte dans le cerveau, appelait davantage de sang dans son intérieur, et que, par conséquent, une plus grande quantité de fluide vital devait être sécrétée.
Quant au mode d’agir des tubercules dans le cerveau , pour la production des symptômes qui annoncent leur présence, nous renverrons encore le lecteur à la section où nous avons traité des symptômes dus à la compression du cerveau , soit, par le fait de sa circulation , de sa nutrition ou de sa sécrétion viciées. On sait qu’il résulte de l’examen attentif des faits cliniques , que la compression du cerveau entraîne constamment à sa suite la diminution de la sensibilité et du mouvement , son abolition , d où résultera une perversion dans les fonctions animales. Les nombreux symptômes qui dérivent des dérangements des fonctions cérébrales, ont donc du ctre précédemment décrits. Plusieurs auteurs, entre autres Lorry, Fontana et Schilliger ont bien parle de 1 influence de cette compression sur les phenomenes intellectuels et organiques. Cependant nous ferons observer que les symptômes qui résultent de la compression , sont moins dangereux lorsqu’ils dépendent d’un tubercule qui se sera développé lentement, que de la présence du sang dans le cerveau ; mais dans ce dernier cas , est-ce bien à la présence dans le cerveau d’une
petite quantité de sang, à peine capable de remplir une cuillère à café , qu’il faut rapporter l’assoupissement et la mort ? Nous pensons qu’il soit permis d’en douter, et qu’il serait plus raisonnable de dire que, si dans le premier cas, les symptômes sont moins funestes , cela dépend de l’état d’intégrité dans lequel sont les portions du cerveau qui entourent les tubercules, et de l’habitude qu’a le cerveau de leur présence. Dans le second cas , le sang , en fesant irruption tout à coup dans le cerveau , détruit la continuité de ses libres , et par conséquent , apparition des symptômes funestes. Nous ne laisserons pas passer sous silence le cas cité d’une femme qui, ayant eu une portion du crâne emportée , s’en servait pour demander l’aumône : une personne ayant pressé la dure-mère , qui n’était recouverte que d’une cicatrice molle, cette femme jeta un grand cri , et dit avoir vu une quantité considérable de lumières.
D. SYMPTOMES d’uNE LÉSION DE SÉCRÉTION CÉRÉBRALE , DUS A LA PRÉSENCE