‹ Traité du cerveau, de ses fonctions, des causes, des symptômes, du diagnostic, du prognostic, et du traitement de ses maladies, etcChapitre 21 sur 28 · DANS LE CERVEAU DES PRODUCTIONS SQUIRRHEUSES ET ENCÉPHAL01DES · texte numérisé non relu

DANS LE CERVEAU DES PRODUCTIONS SQUIRRHEUSES ET ENCÉPHAL01DES

Cette sous-division ne nous offrira rien de particulier à décrire, attendu que la compression que toutes ces productions déterminent, développent les mêmes symptômes que toutes autres tumeurs. Nous allons le prouver par un cas rapporté dans la Revue medicale, i826,tom.I, pag. i3y , parle docteur Wedmeycr de Hanovre.

Le sujet de cette observation est un militaire âgé de cinquante-deux ans , et qui avait reçu un coup de sabre sur le côté gauche du crâne , et un coup de pied de cheval sur le pariétal droit : plusieurs années après cet accident, il lut atteint de divers symptômes d’une affection cérébrale , tels que céphalalgie continuelle, vertiges, amaurose, somnolence , secousses épileptiformes , et enfin paralysie du côté gauche. A l’ouverture du cadavre , on trouva que le lobe antérieur de l’hémisphère gauche du cerveau était converti dans une étendue de deux pouces en longueur et d’un pouce de largeur, en une masse squirrheuse au milieu de laquelle existait une substance purilorme qui contenait quelques hydatides : le corps strié aussi participait à la dégénération squirrheuse. Celte histoire n est rapportée ici qu’en abrégée , mais disons-le avec M. Andral, que de réflexions ne doit-elle pas inspirer ! Dans combien de circonstances des corps de toutes sortes n’ont-ils pas été portés sur le crâne sans qu il en résultât rien de semblable à ce qui fut remarqué ici ? Les symptômes observés sont propres à plusieurs lésions.

Le mode d’agir des symptômes que ces masses squirrheuses ont développés , s’explique par la dégénérescence partielle du cerveau et probablement par la pression et l’irritation de sa pulpe auxquelles il aura été soumis. Dans d’autres divisions , nous nous sommes occupés avec assez de détails des

signes qui annoncent la compression du cerveau pour que nous nous trouvions dispenses d expliquer ici la cause de leur appax'ition.

E. SYMPTOMES D’UNE LÉSION DE SÉCRÉTION CÉRÉBRALE DUS A LA PRÉSENCE DANS LE CERVEAU DES PRODUCTIONS GRAISSEUSES.

De même que pour la sous-division qui précède, nous serons très courts ; cependant , comme la présence des productions graisseuses produisent plusieurs symptômes propres , nous dirons quelques mots de leur apparition : il est à observer que toutes ces productions ont un aspect brillant, argenté comme celui de certaines coquilles ; elles ressemblent assez souvent à une masse d’adipocire, et on sait que M. Gonclin a dit qu il existait naturellement dans le cerveau de l’homme de la cholestérine , et que M. Barruel a démontré par l’analyse chimique. M. Dalmas et M. Rullier ont aussi rencontré de semblables productions ; au chapitre ou nous devons nous occupei de l ana tomie pathologique , nous ierons tous nos efforts pour expliquer la cause de la présence de la graisse dans le cerveau, qu’on sait en sécréter normalement.

M. Cruveilhier , dans son excellente anatomie pathologique , cite 1 observation d une jeune fille qui, âgée de dix-huit ans, fut apportée mourante à l’hôpital de la Charité; elle était sans chaleur et sans pouls, la respiration courte et frequente , les

membres dans un état de résolution complète ; elle mourut deux heures apres son arrivée. A 1 ouvei turc du crâne , on remarqua que la protubérance annulaire, les pédoncules anterieurs et postciieuis du cerveau étaient masques par une tumeur volumineuse , préominente , ayant 1 aspect de la pcilc la plus brillante. On alla interroger les parents qui apprirent seulement que leur fille avait pci du la raison depuis deux mois, qu elle n était paialysee ni de sentiment ni de mouvement. Ces renseignements ne sont peut- être pas exacts, cai il est im possible que les désordres observés ne remontassent qu’à deux mois. Il est plus juste de pensci que les parents n’auront pas fait attention à 1 affaiblissement moral et musculaire de leur enfant , ou ne s’en seront pas aperçus , par cette raison qu elle était constamment sous leurs yeux. Nous 1 avons déjà dit, les symptômes observés chez cette fille , lors de son entrée à l’hôpital , résultent de la compression de la protubérance des pédoncules cérébraux , des faisceaux sus-olivaires et des couches optiques , ainsi que du ramollissement de ces couches optiques ; on est étonné que la vie ait pu se continuel avec iyi pareil désordre dans le cerveau ; mais , quand on réfléchit qu une compression qui s établit lentement , d’une manière chronique enfin , peut laisser presque intactes les facultés cérébrales , on s’expliquera facilement ce qu’on observe ici. Cependant l’invasion subite et prompte de la mort,

ne doit pas moins surprendre, attendu que les compressions ont en propre cette terminaison fatale et inattendue , par l’irritation que les causes de la compression finissent toujours par développer, malgré leur constante présence dans le cerveau ou autour de lui.

Ainsi donc , les symptômes qui ont été observés chez cette fille, avant sa mort , tels que l’absence de la chaleui et du pouls , la gene et la fréquence de la respiration , la resolution complète des membres , et la mort enfin , peuvent être attribués et a la compression des couches optiques , observées par 1VI. Cruveilhier, et à la perversion de l’innervation. Plus haut, lorsque nous nous sommes occupés de ce genre de lésion de nutrition ; nous avons déjà suffisamment expliqué la cause de l’apparition de ces symptômes.

E. SYMPTOMES I) UNE LÉSION DE SÉCEÉTION CÉRÉBRALE, DUS A LA PRÉSENCE DANS LE CERVEAU , DES PRODUCTIONS FIBREUSES , CARTILAGINEUSES ET OS- SEUSES.

Ici , bien que ces diverses productions se développent le plus souvent autour du cerveau ou autour de leurs membranes enveloppantes , bien que certaines tumeurs s’élèvent d’un des points de la dure-mère et vont exercer une compression sur le cerveau, il n’existe aucun symptôme propre et qui soit capable de faire connaître , avant la mort , ce genre «le lésion d<* sécrétion : les symptômes qu’on

observe ne diffèrent aucunement de ceux qui dé-

compression du cerveau. M. Blandin a observé avec M. Andral , sur un des lobes latéraux du cervelet d’une petite fille morte à l’hôpital des Enfants, une demi-douzaine de petites concrétions dures comme de la pierre , etc-, semblables à des esquilles ; autour de chacune existait un ramollissement. Ils disent qu’aucun symptôme spécial n’avait annoncé, pendant la vie, cette singulière altération.

M. Thion , médecin à Orléans , a observé sur une vache un des lobes du cervelet transformé dans son étendue en une masse dure , ovoïde , qui résistait au bistouri : à l’intérieur, elle laissait voir des arborisations cartilagineuses qui , vers la périphérie , se terminaient par des points osseux.

G. SYMPTOMES D’UNE LÉSION DE SÉCRÉTION CÉRÉBRALE, DUS A LA PRÉSENCE DES ENTOZOAIRES DANS LE CERVEAU.

Le développement des vers vésiculaires dans le cerveau de l’homme, ne s’annonce par aucun signe particulier : il faut toujours supposer qu’il existe une compression. Les acéphalocystes et les cysticerques sont , jusqu’à ce jour, les seuls entozoaires trouvés dans le cerveau de l’homme. M. Calmeil a trouvé plusieurs vers vésiculaires chez un individu âgé de quarante-sept ans , qui , à la suite des excès en tout genre , fut pris de manie et d ’un délire fébrile au milieu duquel il succomba. Ces symptômes

ressemblent totalement à ceux qui résulteraient de 1 irritation provoquée par un corps quelconque qui ferait compression sur le cerveau , etc. On sait que chez les animaux , et notamment chez le mouton , la présence des hydatides dans le cerveau, donne lieu à une espèce de vertige appelé tournis. Zeder cite 1 observation d une jeune fille qui avait l’habitude de consacrer la plus grande partie des nuits à la lecture ; elle éprouva d’abord des douleurs de tète et des vertiges , qui augmentèrent graduellement , jusqu’à ce qu’elle ne put plus supporter la lumière ; elle perdit la mémoire et mourut. On trouva dans son cerveau douze hydatides potycéphales, dont quelques-unes avaient le volume d’un œuf de poule, et qui toutes résidaient dans le troisième et le quatrième ventricules. Ce même genre avait déjà été observé par Meckel , et décrit par Goeze.

Ici se termine l’étude des nombreux symptômes d’une lésion de sécrétion cérébrale, étude qui semblera bien imparfaite peut-être , mais que nous avons craint de prolonger, tant parce que plusieurs symptômes appartiennent à différentes lésions, qu’à cause des redites nombreuses , attendu que dans la section suivante, nous aurons de nouveau occasion d’en citer beaucoup , que nous avons à dessein omis ici.

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