A XVIII
Dans un premier chapitre nous ferons V anatomie en général du cerveau , des parties molles et dures qui l’enveloppent et le protègent. Nous emprunterons en partie tout ce que nous dirons sur la composition du centre cérébral , aux ouvrages de nos plus grands maîtres.
Dans un deuxième chapitre , nous décrirons les fonctions du cerceau à l’état naturel et parfait ; dans ce chapitre nous passerons en revue plusieurs systèmes philosophiques: nous lutterons , autant qu’il nous sera possible , avec les philosophes ; nous essayerons de leur prouver que rien n’est stable ni solide dans leur science, et qu’elle n’est que le fruit du raisonnement le plus souvent faux, enfanté dans le fond de leur cabinet , tandis que le système des physiologistes basé sur l’observation, est le seul qui doive traverser tous les siècles et leur résister comme il l’a fait depuis que les hommes se sont occupés de l’art de guérir.
Dans un troisième chapitre , nous passerons en revue les ouvrages de ceux qui se sont occupés des maladies de l’arachnoïde , nous invoquerons à l’appui de notre raisonnement les symptômes et les cause s des maladies du centre nerveux , nous puiserons nos armes dans les ouvrages mêmes des partisans de la maladie de cette membrane , pour leur montrer qu elle ne s’enflamme que rarement ; nous leur prouverons qu’ils se sont trop hâtés d’attribuer à cette séreuse tous les symptômes
qui ne sont dûs qu’à une cérébrite, et que s’ils ont cru trouver cette membrane très rouge, plus épaisse, ils ont confondu avec l’arachnoïde la pie-mère qui bien certainement s’enflamme plus souvent quelle, en raison de sa vascularité, et que cependant on n’a jamais décrite comme pouvant revêtir un caractère inflammatoire ; l’esprit de système et l’analogie trompent trop souvent maintenant , pour qu’il ne soit pas permis de relever de pareilles erreurs.
Dans un quatrième chapitre nous décrirons les causes des maladies du cerveau, nous les diviserons en deux sections; dans la première seront placées celles extérieures, à laquelle se rattacheront les spécifiques ; dans la deuxième se trouveront toutes celles qui ont leur siège dans l’individu. Ces dernières sont bien nombreuses et très souvent difficiles à saisir et à supprimer. Nous expliquerons le mode d’agir de chacune d’elles, car c’est en procédant de cette manière qu’il est seulement possible de rendre service à l’élève qui vous lit , et pour lequel on est souvent inintelligible si on agit autrement : comme il n’est pas d’effets sans causes , il est facile dans l’état actuel de la science, de se rendre compte de leur plus ou moins grande intensité à agir sur la masse cérébrale , sans avoir besoin de recourir à ces mots de bien des auteurs : « Il ne nous est pas donné de pouvoir saisir ce qui provoque tel effet, seulement qu’il nous suffise de le savoir. » Dans un cinquième chapitre , nous traiterons
avec beaucoup de détails des symptômes qui se inonlrcnt dans les maladies cérébrales , nous expliquerons aussi la cause de leur apparition, nous établirons plusieurs sections dans ce chapitre : dans une première, nous parlerons des symptômes dûs à une lésion de la circulation ; dans la deuxième , de ceux dûs à une lésion de la nutrition; dans la troisième , de ceux de secrétion et d 'absorption ; et dans la quatrième qui sera la plus étendue , nous traiterons des lésions de \' innervation , qui comprendront celles du mouvement , du sentiment et de l’intelligence. A l’occasion de cette section, nous ferons la part de la constitution de chaque individu , de son tempérament et de son idiosyncrasie cérébrale , etc. Nous aurons égard au sexe , à l’âge et au climat sous lequel habite l’individu.
Dans un sixième chapitre , le diagnostic et le pronostic seront décrits. De la connaissance exacte du premier, dépend souvent la guérison du malade, car s il était faux, le traitement ne pourrait jamais être rationnel; et pourtant le médecin se garde bien d attribuer la cause de la mort à son ineptie. De la connaissance exacte du pronostic dépend sa réputation, et le plus souvent le retour du malade à la santé.
Dans un septième chapitre, nous donnerons en général les diverses sortes de traitements à opposer aux maladies cérébrales ; nous les diviserons en
deux classes : dans la première, seront places ceux qui sont du ressort de l’hygicnc ; feront aussi partie de cetle classe les moyens moraux et intellectuels ; dans la deuxième, seront places ceux médicinaux et chirurgicaux. Les médicaments de cette deuxième classe sont très-nombreux et malheureusement trop souvent nuisibles et inutiles; nous ne décrirons que ceux qui ont été reconnus utiles dans ces derniers temps , et nous passerons sous silence ceux qui ne jouissent d’aucun effet salutaire, car c’est grossir inutilement le nombre des remèdes usités dans ces maladies ; la pharmacie des lésions cérébrales gagnera à ce triage ; les malades n’auront plus à faire usage de tous ces médicaments imaginés par une routine aveugle et plus souvent dangereux que vraiment salutaires.
Dans un huitième chapitre qui sera consacré à l’étude des caractères anatomiques des maladies cérébrales , nous établirons plusieurs sections qui comprendront chacune les lésions de circulation , de nutrition , de sécrétion et d’ exhalation. Nous ne parlons pas à dessein de celles de Y innervation proprement dite, c’est-à-dire qui ne sont pas dus soit à celles de secrétion ou d’exhalation, car, lors qu’elles sont dues à une perversion de l’innervation, il est impossible de les saisir, la modification est trop moléculaire pour être appréciable à nos sens , elle n’existe pourtant pas moins ; déjà nous l’avons dit, il n’est pas d’effets sans causes, ce qui veut
dire qu’il n’est pas ou qu’il ne peut y avoir de lésions de fonctions sans lésions d’organes ; il faut espérer qu’un jour on pénétrera facilement l’essence de ces désordres ! En attendant nous sommes obligés d’avouer notre ignorance , et nous aimons mieux faire cet aveu , que donner des explications hasardeuses qui ne satisferont jamais un esprit judicieux.
Telle est la marche que nous suivrons pour l’étude des maladies du cerveau , nous la croyons rationnelle et facile à comprendre. Heureux si nous pouvons réussir.