‹ Traité du cerveau, de ses fonctions, des causes, des symptômes, du diagnostic, du prognostic, et du traitement de ses maladies, etcChapitre 4 sur 28 · DES ENVELOPPES EXTERIEURES DU CERVEAU · texte numérisé non relu

DES ENVELOPPES EXTERIEURES DU CERVEAU

La plus solide des enveloppes du cerveau est la boîte osseuse , sorte de rempart , protecteur contre les violences extérieures qui ne manqueraient pas de léser le centre cérébral ; car le résultat le plus commun, le plus immédiat, le plus dangereux des commotions dirigées sur les os du crâne , est l'ébranlement et la secousse imprimés à toute la masse cérébrale. Mais en vertu de sa dureté et des parties molles qui recouvrent cette boîte , les chocs s’affaiblissent très souvent, alors le cerveau peut ne re- . cevoir qu une bien faible atteinte des percussions.

Dans ce chapitre, nous établirons deux sections ; dans la première , nous décrirons d’une manière générale l’anatomie des méninges cérébrales; dans la seconde nous nous occuperons du cerveau.

PREMIÈRE SECTION

Description anatomique des membranes du cerveau.

L’intérieur de la cavité cérébrale est tapissée immédiatement d’une sorte de membrane fibreuse, élastique, qui est appelée périoste interne et duremère ; sa couleur est blanchâtre , nacrée , elle est divisée en deux surlaces qui adhèrent , l’une à la voûte et la base du crâne où elle est unie assez intimement aux sutures et dans leurs intervalles; à la base du crâne, elle tapisse toutes les cavités qu’on y remarque ; l’autre face est en rapport avec la séreuse crânienne qui la fait paraître comme lisse et polie.

La deuxième enveloppe du cerveau à l’intérieur du crâne, est l’ arachnoïde , ainsi appelée parce qu’elle ressemble à une toile d'araignée. L’excessive ténuité de plusieurs membranes , leur avait fait donner ce nom par les anciens qui appelaient ainsi , tantôt la capsule du cristallin et tantôt la membrane hyaloïde. Il est démontré aujourd’hui que la société anatomique d’Amsterdam, est la première qui se soit servie de ce mot pour désigner l’une des membranes du cerveau , la seconde méninge , découverte par elle vers l’année i665 ou

Elle tapisse toute la face interne de la duremère à laquelle elle adhère d’une matière très-intime; cependant chez les sujets peu avancés en âge on en sépare de très- larges lambeaux. Elle revêt encore la surface de la pie-mère , de telle sorte cependant , qu elle n’est en rapport qu’avec ses portions les plus saillantes, c’est-à-dire qu’elle ne recouvre que les circonvolutions cérébrales , sans pénétrer dans aucune anfractuosité qui les sépare, au dessus desquelles elle est tendue et passe en forme de pont. Après avoir tapissée l’extérieur du cerveau, cette membrane revêt ses cavités intérieures.

Jusqu’à présent aucun anatomiste n’a pu trouver dans son intérieur ni vaisseaux sanguins, ni nerfs; cependant plusieurs autres assurent y avoir rencontré des vaisseaux blancs en grande quantité. Comme on n’en possède aucune figure , il est permis d’ignorer qu’ils y existent; ceux qu’on a cru découvrir dans cette membrane , ont été nommés vaisseaux lymphatiques ; nous pensons qu’on ne les y a admis que par voie d’analogie, et que si on avait pu les découvrir, tous les anatomistes seraient d’accord sur leur existence , ce qui n’est pas.

L’arachnoïde fait partie de la classe des séreuses si bien décrite par Bichat, elle exhale un fluide séreux qui en lubréfie ses deux faces et favorise les glissements dont est susceptible le cerveau contre les parois du crâne.

La pie -mère , pin ma fer, est la troisième membrane qui enveloppe le cerveau clans l’ordre de superposition ; elle recouvre immédiatement le centre cérébral , elle n’est en rapport par sa face extérieure que dans sa petite elendue a 1 arachnoïde , tandis que dans tous les autres points , elle est en rapport avec elle-même. Cette membrane estmince, ou plutôt , est un réseau vasculaire très délié qu’on peut regarder comme la membrane propre du cerveau , et étant indispensable à sa nutrition. C’est dans son intérieur que sc ramifient les nombreux et volumineux vaisseaux destinés à cet organe : ils se divisent à l’infini dans son intérieur avant de pénétrer dans la masse cérébrale ; c’est donc en un mot une membrane de capillarisation des vaisseaux artériels du cerveau , et une membrane de réunion de capillaires en troncs veineux plus volumineux. Il paraîtrait que les vaisseaux artériels t d’après les recherches du célèbre anatomiste moderne M. Cruveilhier , seraient en moins grand nombre que les veineux , ces derniers y existeraient comme 5 est à i. Le tissu cellulaire qui unit 1 a— rachnoïde à la pie— merc des circonvolutions , est très dense et serré , tandis qu’au contraire celui qui unit les vaisseaux est très lâche.

Cette séreuse présente une surface plus étendue que l’ arachnoïde , de manière que si le cerveau pouvait se déployer comme le supposait G ail , sa surface déplissée serait entièrement recouverte par la pie-mère (Cruveilhier).

La pic-mère est encore unie au cerveau par une innombrable quantité de vaisseaux qui pénètrent dans son intérieur, cependant on peut détacher une portion de la pie-mère sans intéresser la substance cérébrale. N’oublions pas de mentionner certains corpuscules arrondis , la plupart du temps mous, d’un blanc jaunâtre, réunis en plusieurs groupes, et qu’on désigne sous le nom impropre de glandes dePacchionni , leur organisation n’ayant rien de commun avec celle des glandes.

Après avoir tapissé la surface extérieure du cerveau , elle pénètre dans son intérieur, et diflère de la pie-mère extérieure et par sa texture et par sa configuration ; elle est en effet plus mince , plus déliée et d’un tissu plus délicat ; elle adhère d’ailleurs aux parties quelle revêt , et s’identifie réellement avec elles.

DEUXIÈME SECTION

Description- anatomique du Cerceau.

Le cerveau proprement dit , est cette portion de la masse encéphalique qui occupe toutes les cavités du crâne, les fosses occipitales exceptées. Le cerveau est comme le couronnement de la tige rachidienne qu’il surmonte en même temps qu’il lui est

antérieur, aussi, a-t-il été considéré tour à tour comme 1 origine ou comme l’épanouissement de la moelle. (Cruveilhier). Le volume considérable du cerveau est sans contredit un des traits les plus caractéristiques de notre organisation Le serin , le sapajou , le dauphin, ont été cités parmi les animaux comme ayant la masse encéphalique plus volumineuse ; mais pour ce qui a trait au cerveau, proprement dit, aux hémisphères cérébraux, les animaux les plus favorisés sous ce rapport le cèdent de beaucoup à l’homme ; le poids de cet organe varie depuis deux jusqu’à trois livres; chez le cheval, le bœuf (animaux bien plus volumineux que l’homme) le poids du cerveau n’est guère que la moitié de celui de l’homme.

Le cerveau peut augmenter par l’exercice de cet organe, et diminuer par l’inaction : comme les autres organes , il doit obéir aux lois qui les régissent, cependant la boite osseuse qui le contient, oppose de la résistance. Si on nous cite des exemples de compression du cerveau et de mort qui ont été produites par 1 hypertrophie : nous dirons que cette hypertrophie a pu se faire trop brusquement. L exercice de telles fonctions du cerveau se répétant à chaque instant modérément, peut développer la portion du cerveau qui la tient sous sa dépendance et qui fournit la dose d 'innervation suffisante pour l’exécuter. Ce qui explique comment à la naissance et pondant les premières années de la

jeunesse , aucune saillie crânienne et extérieure ne se faisant remarquer, plus tard , après la répétition journalière de ces mêmes actes, ces développements partiels peuvent exister avec un état de santé parfait. Ces faits rentrent dans le domaine de la pluralité des systèmes nerveux, de la phrénologie en un mot , que l’on blâme trop amèrement.

Le cerveau remplit très-exactement la cavité crânienne ; il varie donc dans sa forme , comme cette boîte osseuse, dans l’enfance surtout, par la compression soutenue , on peut lui faire prendre telle forme qu’on voudra.

La masse cérébrale a donc comme le crâne la forme d’une ovoïde dont la grosse extrémité serait en arrière, et la petite extrémité en avant : il est divisé inférieurement en lobes qui remplissent les divers compartiments de la base de cette cavité. Toute sa surface est creusée de sillons profonds et sinueux qu’on appelle anfractuosités et qui lui donnent l’aspect des circonvolutions intestinales , d’où le nom de circonvolutions qu’on donne aux espèces de replis qui limitent les anfractuosités (Cruveilhier).

Le cerveau est composé de deux substances dont l’une est grise ou cendrée . l’autre blanche et médullaire : la première serait plus vasculeuse , elle paraît partout en rapport avec les vaisseaux, afin de les diviser à l’infini et de contribuer au développement de la substance blanche , M. Gail, l’appelle

matrice de nerfs; la seconde présente un tissu assez dense, elle forme la partie principale de l’organe cérébral , ses lésions les plus faibles entraînent de graves désordres dans l’exécution des actes dont elle est chargée , tandis que la substance grise , à mesure qu’on se rapproche de l'extérieur , devient de plus en plus insensible , elle peut être attaquée ou détruite sans que l’organe éprouve de trouble notable dans ses fonctions. Première preuve que l’arachnoïdite prétendue , n’est pas la cause de tous les symptômes qu’on lui attribue gratuitement.

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