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sous l’influence d’un malaise général et indéfinissable , des provocations morbides ont lieu vers le cerveau , il se trouble , ses fonctions se pervertissent, les principaux viscères avec lesquels il est lié et sympathise si étroitement , participent à cet état de souffrance , leurs fonctions s’exécutent plus lentement , le centre cérébral est impressionné d’une façon tout-à-fait morbide, les principes vitaux qu’il envoyait dans tous les tissus sont nuis, la vie est. comme anéantie, la stagnation sanguine est générale , le cerveau , en vertu de sa structure si molle , si diüluentc , en contient davantage, tous ses vaisseaux sontpleins et engorgés, s’ilsséjournent plus long-temps dans son intérieur , sa présence y allume infailliblement une phlogose, une fois celleci déclarée , l’innervation reprend son empire pour quelque temps , mais un empire irrégulier ; tantôt la circulation est précipitée est ralentie, tantôt l'intelligence est nette et obtuse. A la lésion de quels systèmes rapporterons-nous la cérébrite , si ce n’est à celle du système circulatoire et du système nerveux, c’est-à-dire de l’innervation?
2° La suppression d’une saignée, comme causes d’une maladie cérébrale , paraît assez difficile à expliquer, à moins que nous remontions à la cause pour laquelle elle a été pratiquée une première fois : ou elle a été faite pour suppléer à un écoulement sanguin qui se fesait difficilement , tel que le flux hémorroïdal chez l’homme, et chez la femme , l’é-
ruption et l 'écoulement difficile des règles; ou par précaution, pour mettre à l’abri de quelques maladies régnantes.
Dans le premier cas , ce que nous dirons pourra s’appliquer à l’éruption difficile des règles. Il ne sera pas facile de se rendre compte du mode d’agir d’une saignée dans une maladie cérébrale , chez l’homme , à moins qu’il ne soit soumis à un flux hémorroïdal périodique, supprimé, car alors l’écoulement sanguin qui se fait par ces parties, ne peut être arrêté sans danger. Si , à l’aide d’une saignée, on rétablit le calme, on ne pourra sans inconvénient cesser d’y avoir recours , sans être exposé à une réaction cérébrale dangereuse ; et, chose non moins remarquable , ce sera toujours à l’époque fixe de l’écoulement qu’elle devra être faite. Lorsque la saignée supplémentaire n’est pas pratiquée , la partie qui est le siège de l’écoulement supprimé , s’engorge , se congestionne ; elle est dans un état de tension , sous l’influence d’un tel état, la circulation est accélérée , les vaisseaux plus pleins , un malaise général annonce la part que prend le cerveau au trouble général ; si cette congestion persiste, le cerveau se fatigue , s’irrite , s’engorge, le sang qui y arrive en plus grande quantité , le fatigue , en trouble les fonctions , comme le témoignent les symptômes que nous venons de décrire. Si jamais on doutait de l’influence du sang sur la production des phénomènes cérébraux ci-dessus désignés , c’est
d’après ce tableau que tout soupçon devrait disparaître.
Dans le deuxième cas , c’est-à-dire lorsque l’omission d’une saignée qui remplaçait l’écoulement des règles , est la cause d’une cérébrite , on ne peut se rendre compte de sa manière de la déterminer sans admettre que, puisque chez la femme, quelques jours avant leur apparition , des symptômes précurseurs annoncent le travail qui doit s’opérer. Le cerveau, dans ce cas, doit déjà être surexcité avant le jour où doivent avoir lieu les règles, ou bien la saignée qui doit les remplacer. Maissi, à 1 époque fixée par les lois qui régissent l’économie , l’évacuation du sang n'avait pas lieu , les parties qui sont liées le plus intimement avec l’organe qui est le siège du flux, doivent s’engorger, s’irriter, c’est ce qui arrive chez toutes les femmes dont les règles sont supprimées. Le centre cérébral est l’organe qui devient le siégé de cette réaction , parce qu’il est celui qui souffre : l’irritation utérine se déplace, se révulse, si on peut s’exprimer ainsi, elle va se fixer sur ce viscère , en modifie la vitalité , en trouble les fonctions . et empêche 1 innervation, ce principe matériel de vie , d’animer tous les tissus , parce que l’organe qui en est la source , est modifié dans sa composition intime : ici encore la lésion de la circulation occupe le premier rang dans la production de la phlogose cérébrale. Quelques personnes ont 1 habitude , dans certaines saisons
Je l’année Je se faire saigner parce qu’elles croient que c’est le seul moyen Je se mettre à l’abri Je plusieurs malaJies régnantes Jans chaque saison. Expliquons comment les saignées Je précautions ont eu tant Je vogue , saignées qui , Jans certains cas , renJent plus Je mauvais services que Je bons. Lorsque nous avons étuJié le moJe J’agir Jes saisons sur la proJuction Jes malaJies cérébrales, nous avons suffisamment prouvé que le printemps était l’époque Je l’année qui accélérait le plus la circulation ; Je là , ces Jouleurs Je tête , ces fièvres et ces éruptions cutanées, si communes Jans cette saison.
Tous ceux qui regarJent la saignée comme un spécifique pour toutes les malaJies, n’ont vu J’autres moyens Je se mettre à l’abri Jes malaJies que nous venons Je nommer, qu’en recourant à la saignée , alors elle a pu ren Jre quelques services ; mais comme les mêmes circonstances extérieures ont reparues avec chaque année , la saignée Jevra toujours être pratiquée. Si bien ce qui en commençant n’était que pure précaution , devient plus tarJ nécessité absolue, besoin impérieux qu’on ne peut sans danger étouffer. Si par oubli ou négligence on n’évacue pas la portion annuelle du sang , la circulation s’accélère , la fièvre s’allume , et la réaction qui s’établit à la suite de chaque accès , congestionne le cerveau. Cette fièvre reparaissant , soit à des intervalles rapprochées ou éloignées , laisse
toujours à sa suite un embarras au cerveau qui est le produit d’une stagnation sanguine. Sous l’influence d’un tel concours de causes morbides, cet organe s’irrite, s’enflamme, comme il le fait lorsque le fluide sanguin l’engorge, le comprime trèssouvent. La lésion de circulation est donc seule ici la cause de la cérébrite ; celles de nutrition , de sécrétion et d’innervation sont nulles dans le cas qui nous occupe.
3° Ce que nous pourrions dire ici de l’influence qu’a la suppression d’un écoulement sanguin naturel pour la production d’une cérébrite, a été décrit plus haut lorsque nous nous sommes occupés du mode d’agir de la saignée supprimée pour le développement de la maladie qui nous occupe, ce serait tomber dans des redites inutiles, nous y renvoyons le lecteur.
Le vomissement , soit qu'il ait été provoqué ou qu’il dépende d’une irritation de l’estomac , agit à peu près de la même manière pour produire la plilogose cérébrale , cependant comme il existe un peu de différence lorsqu’il est du à une irritation gastrite ou sympathique , nous allons la faire connaître. Comme cet organe sympathise et est lié d’une façon si intime avec le cerveau, il doit donc troubler les autres fonctions de l’économie lorsqu’il est irrité ; le cerveau lui-même participe à ce trouble général ; la circulation s’anime , s’accélère , le malaise augmente ; à ce degré , le cerveau est déjà
irrité, il ne lui faut plus qu’une secousse imprimée par le vomissement dont nous allons rendre compte pour que la phlogose s’établisse.
Lorsque le vomissement est du à l’ingestion d’une substance médicamenteuse , l’explication de sa manière d’agir est très simple ici. La lésion de circulation , son ralentissement dans la pulpe cérébrale , sa gène en un mot , sont les seules causes de la cérébrite , tandis que dans le vomissement ■ par l’inflammation gastrite , la lésion de l’innervation est presque cause de la cérébrite ; celle de circulation ne lui est que consécutive : distinction très importante à connaître pour le sujet que nous traitons.
Dans les efforts de vomissement, le sang artériel est chassé avec force vers les extrémités , le cerveau est congestionné par secousses, le sang veineux engorge tous les tissus, le cœur droit s’engorge ainsi que les poumons qui ne peuvent livrer passage au sang; les veines du cou sont pleines, volumineuses , tendues , elles ne peuvent se dégorger du sang qu’elles contiennent. Si le vomissement cesse pour un instant , la respiration cesse précipitamment: mais lorsqu’elle continue long temps, la circulation s’affaiblit de plus en plus , le pouls devient petit, fililorme, ce qui dépend de la petite quantité de sang que le cœur chasse dans l’arbre artériel , tandis que les troncs et tous les vaisseaux veineux en sont remplis outre mesure. L’engor-
gement cérébral est donc tout veineux dans ce degré, mais lorsque le vomissement cesse tout-àfait , il s’établit une réaction générale , la circulation est précipitée , le cerveau alors se congestionne pai le sang artériel , donc 1 hyperemie cerebrale peut être le résultat de la congestion sanguine veineuse d’abord et artérielle ensuite.
N’oublions pas de dire ici que le vomissement , après avoir été cause d’une légère irritation cérébrale , devient à son tour comme effet de cette irritation, d’après tous les auteurs des ouvrages sur les maladies du cerveau On conçoit facilement que le cerveau surexcité doit envoyer dans tous les viscères principaux de 1 économie , une somme plus grande de fluide vital ; ou les fonctions de ces organes essentiels a la vie seront sui excitees a^c plus d’énergie , ou elles seront troublées , ce dernier cas est le plus commun. Dans le premier, l’estomac a acquis dans un temps donné , une masse plus considérable de fluide nerveux ; le besoin de l’alimentation se fait plus promptement sentir, on mange une plus grande quantité d’aliments et ils sont facilement digérés
Dans le deuxième cas, 1 estomac, quoique recevant une surabondante innervation, n’exécute pas ses fonctions normalement , elles sont perverties ; ce qui ne dépend bien certainement que du trouble qui existe dans la distribution des pi incipes vitaux sur l’organe essentiel de la chymification.
Modifie-t-on le cours de ce fluide par des moyens reconnus utiles, le vomissement cessera et la digestion se fera sans difficulté.
L’inflammation du conduit digestif et notamment de l'estomac , est peut-être de toutes les causes de laphlogose cérébrale, celle qui la produit le plus souvent , en raison de son importance dans l’économie et de sa relation si étroite avec tous les autres organes , surtout avec le cerveau ; son inflammation doit exercer une bien grande influence sur ses fonctions. C’est en effet ce qui existe ; tous les organes participent et la partagent, tous enfin réagissent sur lui et en augmentent le trouble. Il il est pas de notre sujet de décrire les causes d’une inflammation digestive et les symptômes qui la décèlent, nous ne devons avoir égard qu’à sa manière d’enflammer le cerveau, qui n’est pas sans importance et pour le malade et pour le médecin.
L’estomac , en vertu de sa liaison intime et étroite avec le cerveau , doit , lorsqu’il est irrité , produire une modification dans ses fonctions. Comme il est reconnu que suivant la manière dont il est enflammé , il provoque soit des mouvements précipités, mais encore compatibles avec la santé ; soit des perturbations générales dont les impressions qui en résultent vont encore retentir vers le cerveau , il est facile de se rendre compte de l’importance de l’inflammation des voies digestives sur la production de la phlogose cérébrale. Comment
en serait-il autrement quand on connaît les sympathies nombreuses qui ont lieu lorsque le système digestif est irrité? La violence de la douleur qui , dans ce cas , retentit vers le cerveau, trouble et accélère la circulation , l’innervation est comme en plus grande quantité d’abord, et plus tard, au dessous de son type normal : de ce trouble nerveux résultent tous les phénomènes mobides de la phlogosc cérébrale , tels que douleur , accélération de la circulation , et ralentissement de cette même fonction ; nous nous croyons dispensés de rendre compte de la cause de cette augmentation de sensibilité; plus haut, nous avons suffisamment prouvé qu’elle dépendait de la modification de la pulpe cérébrale, modification inappréciable pour nos sens , il est vrai , mais qui n’en existe pas moins, comme nous l’avons déjà dit.
Les hémorroïdes , comme causes des maladies cérébrales , peuvent , par l’intensité de la douleur qui les accompagne , développer la phlogosc du cerveau. Nous [ne devons parler ici que de celles dont l’écoulement mensuel ou périodique se fait régulièrement sans obstacle , car fpour celles dont la suppression du flux a lieu , nous nous en sommes occupés plus haut , en parlant de la suppression des écoulements sanguins. Tous ceux qui ont eu occasion d’observer des individus atteints d’hémorroïdes , ont dû remarquer qu’à l’époque de leur apparition elles exerçaient une grande influence sur
le cerveau de ceux qui sont sous leur empire ; les fondions de toute l’économie sont troublées , l’intelligence devient exaltée, les sensations sont exagérées , la circulation est plus vive , le pouls est fort , la faim est nulle , la défécation ne peut avoir lieu sans angoisses inexprimables. Immédiatement après chaque évacuation stercorale , le pouls devient petit , la douleur devient générale , le cerveau y-participe beaucoup, la tension est forte au pourtour de l’anus , des élancements insupportables ont lieu vers la fin de l’intestin rectum. Dans cet ensemble de symptômes, il est facile de s’apercevoir que la plupart sont dus à une lésion de l’innervation et les autres à une lésion de circulation Si les prodromes de l’écoulement du sang hémorroïdal durent trop long-temps, c’est une preuve certaine que l’irritation , dont ces petites tumeurs sont le siège , excitent le cerveau qui, à son tour, distribue une plus grande quantité de fluide vital à tous les organes ; les fonctions qui sont propres à chacun sont troublées , le cerveau participant à ces desordres , se phlogose en raison de sa vitalité et de son importance sur l’entretien de l’harmonie des phénomènes vitaux.
La présence des corps étrangers dans la pulpe cérébrale suffit dans bien des cas pour produire une inflammation , mais comme ils peuvent être le résultat d’une ancienne maladie du cerveau , nous devons entrer dans quelques détails sur la cause
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de leur production : la lésion de sécrétion sera celle qui nous fournira le plus de causes de plilogose cérébrale , telles que les tubercules, les collections purulentes , les hydatidcs ; celle de la circulation en fournira aussi , mais moins , tels seront les épanchements sanguins ; celle de la nutrition, l’hypertrophie locale. Tous ces divers produits morbides peuvent quelquefois séjourner dans la masse cérébrale sans se dessiner à l’extérieur par des symptômes bien tranchés ; mais le plus souvent , après y être demeurés un temps plus ou moins long , suivant la constitution de 1 individu , ils lont fonctions de corps irritants , ils agacent les portions de masse pulpeuse qui les entourent. La phlogose , à ce degré , tend à envahir une plus grande quantité de cerveau. L’innervation ne peut plus être répartie sur toutes les fonctions , alors elles se troublent et se pervertissent totalement.
Certaines qualités du sang peuvent très facilement concourir à la production d’une maladie du cerveau, surtout i° lorsque la portion fibrineuse prédomine sur la séreuse; 2° lorsque certain obstacle dans les poumons en empêche l’artérialisation; 3° lorsqu’il contient des liquides excitants, résultat de l’usage trop répété des boissons fortes ; 4° enfin lorsqu’il existe quelque changement dans sa composition intime, comme dans le scorbut, la chlorose et l’ictère.
Dans le premier cas , lorsque la partie fibrineuse
prédomine sur la séreuse , l’effet qu’il produit est facile à expliquer et à saisir : l’impression trop vive que fait ce sang sur le cerveau en irrite à la longue le tissu ; la modification moléculaire qui résulte de toute surexcitation , trouble le cours de l’innervation. Comme les organes du corps sont aussi en contact avec ce sang trop riche en principe excitant, ils doivent réagir sur le qerveau et contribuer pour leur part à en troubler les fonctions dont le résultat inévitable est la phlogose de son tissu. L’accélération de la circulation étant toujours la conséquence ou d’une forte douleur ou d’une plus grande quantité du fluide nerveux envoyé sur le cœur. Nous n’en dirons pas davantage ici, car plus bas nous devons nous étendre plus longuement sur ce point.
Dans le deuxième cas , quand certains obstacles à la respiration empêchent l’artérialisation du sang de se faire , son mode d’agir pour la production d’une cérébrite est expliqué par les principes moins excitants qui existent dans la composition de ce fluide. Le centre cérébral est privé de son vivifiant ordinaire , il tombe dans une sorte de coma , la circulation est ralentie , le pouls est petit et misérable ; malgré cette lenteur dans la progression du fluide sanguin, la congestion cérébrale n'a pas moins lieu ; d’un côté , parce que le sang a sa composition intime dans un état non compatible avec la santé; de l’autre, parce
qu il engorge le cerveau et devient corps irritant par la suite.
Dans le troisième cas , lorsqu’il contient des particules excitantes , volatiles, âcres, l’irritation et la congestion cérébrales déterminent promptement la phlogose du cerveau. Plus haut , comme nous avons parlé du mode d’agir de ce sang, ainsi surexcitable , dans la section consacrée à l’étude des effets des liqueurs fortes sur le centre nerveux , nous nous croyons dispensé d’y revenir ici ; nous rappellerons seulement que les liquides excitants agissent en agaçant, en irritant le cerveau, et en concourant à augmenter la formation du fluide nerveux qui se distribue avec profusion dans tous les points du corps, surtout dans le premier degré qui nous occupe.
Dans le quatrième cas , lorsqu’il existe quelque changement morbide dans la composition intime du sang , dans ses qualités physiques , comme nous avons dit dans le scorbut, la chlorose et l’ictère , 1 hypérémie du cerveau peut être produite par lui , parce qu’en vertu des propriétés nouvelles qu’il a acquises , il excite et aiguillonne cet organe comme toutes les autres parties qui le reçoivent. Son tissu est agacé , scs molécules constituantes s’agitent , pressent leurs mouvements , le corps est tout entier surexcite. Sous l’empire d’une telle influence sanguine , le cerveau se congestionne et la phlogose se déclare promptement. Ici , comme dans plusieurs
cas cites plus haut, la lésion de circulation est prédominante ; quant aux autres lésions , elles existent à peine.
La répercussion brusque d’une congestion sanguine , ce qui s’entend , ce nous semble , d’une inflammation locale , extérieure , circonscrite , concourt aussi à la production d’une phlogose du tissu cérébral. Tout ce que nous pourrions dire ici a été déjà exposé plus haut lorsque nous nous sommes occupés de la suppression et de l’omission d’une saignée , donc nous n’y reviendrons pas , seulement nous ferons remarquer qu elle peut être due i° à diverses causes extérieures , ce qui constitue la répercussion proprement dite ; 2° que très souvent elle dépend d’une inflammation intérieure , ou mieux, de ce que la partie engorgée tend à appeler sur le cerveau une certaine irritation qui, plus tard, devient à son tour un centre de révulsion à l’égard de la congestion sanguine : cette répercussion est donc cause et effet de la cérébrite.
L’étude du sommeil , comme cause d’une hypérémie de la pulpe cérébrale, doit fixer notre attention un instant. Nous entendons parler du sommeil long-temps prolongé , et non de cet état de l’homme dans lequel il se repose des fatigues du jour. Disons quelques mots du sommeil prolongé seulement pendant le temps nécessaire à la réparation des principes des divers mouvements : l’âge , le sexe vont varier la longueur du sommeil , il est
d autant plus long que l’individu est plus jeune. Les enfants dorment plus que les sujets adultes , et ceux-ci plus que les vieillards; les femmes dorment également plus que les vieillards , ce qui dépend chez les premiers de la plus grande dépense de force nerveuse employée à provoquer le développement des facultés intellectuelles. La nécessité de connaître tous les objets environnants , les impressions plus vives faites par les objets qu’on voit pour la première fois, contribuent aussi, en fatiguant le cerveau , à provoquer le sommeil. Chez les adultes, les impressions perçues par le centre cérébral , quoique vives , le sont moins cependant que chez les enfants , nous venons de laisser entrevoir que plus les impressions étaient long-temps prolongées , moins de fatigue le cerveau doit éprouver; nous le confirmons ici en disant que l’habitude de recevoir des excitations, soit des corps extérieurs , soit des organes de l’économie , fait que l’adulte dépense moins de fluide vital ; d’où il suit que la fatigue du cerveau étant moins grande , le sommeil doit être moins long. Chez les vieillards , si le sommeil est moins prolongé que chez les adultes, c’est que tous les mouvements s’exécutent difficilement et rarement, la dépense nerveuse est plus considérable, toutes les impressions , quoique perçues, ne développent aucune fatigue ; le cerveau ne réagit pas sur elles. Cependant cet organe sécrète bien moins de fluide vital , si on peut s’exprimer ainsi ,
mais comme il n’est pas dépensé, soit par les travaux intellectuels ou organiques , il doit avoir moins besoin de repos.
Chez les femmes , avons-nous dit , le sommeil est plus long que chez l’homme , et cette différence est expliquée par les passions plus fortes et plus mobiles qui l’assaillent de toutes parts ; quoique les mouvements soient plus lents que chez nous, elles ont encore besoin d’un repos cérébral plus prolongé , car ce sont les passions vives et féminines qui dépensent le plus de force nerveuse.
Cependant rien n’est absolu dans ce que nous venons de dire , car l’homme épuisé de fatigue et dont les soucis sont nuis, dort plus long-temps que celui qui est agité par les passions et dont la vie est oisive; chez d’autres, le travail intellectuel prolongé et assidu , qui entraîne des excitations cérébrales, rend le sommeil plus court, non réparateur: quelquefois cette habitude d’excitations finit par en détruire totalement la nécessité.
Concluons de ce qui précède que , comme l’estomac fatigué de recevoir des aliments , se refuse d’en recevoir aucun, quoiqu’étant impressionné par lui; le cerveau , après avoir présidé à toutes les sensations, à toutes les actions intellectuelles et à tous les mouvements volontaires , se trouve dans la nécessité de chercher dans le sommeil, le repos, la dissipation du malaise qu’il éprouve et de la douleur que l’état de tension dans lequel il est de-
meure long-temps , y a fait naître. Nouvelle preuve encore que l’innervation , le fluide nerveux , le fluide vital , l’ame , si vous voulez, étant dépensés, la matière a besoin de repos pour en former d’autres ; et si parfois cette matière vient à être lésée , le cours de ce fluide vivifiant sera troublé , la vie sera menacée, ébranlée; ce que nous ne fesons qu’avancer est connu de tous ceux qui observent les phénomènes vitaux et qui en cherchent l’explication. Donc, encore une fois, nous pouvons dire que la vie est le résultat de l’organisation, comme l’intelligence est le produit des fonctions du cerveau , et non de quelque chose inconnue.
Reprenons l'étude de l’influence du sommeil trop long-temps prolongé, sur la production des maladies cérébrales. Tous les individus peuvent donner leur avis sur le cas qui nous occupe : d’abord les sensations sont difficiles à supporter, elles fatiguent facilement le grand dormeur, les mouvements musculaires sont lents et difficiles , ils perdent de jour en jour de leur prestesse , ils deviennent très paresseux , surtout au physique , les idées sont très confuses, la circulation est lente, quoique le pouls soit plein. Au lever, la face est injectée , les yeux sont rouges , la tête est lourde , pesante , elle est le siège d’une douleur profonde ; les aliments dont il est fait usage sont difficilement digérés, ils causent du malaise, une sensation de pesanteur à l’épigastre ; le cerveau ne peut rester étran-
ger à ce dérangement général ; nous croyons au Contraire qu’il est seul cause de tous ces symptômes ; la congestion dont le cerveau est le siège pendant toute la durée du sommeil, rend compte, ce nous semble , de leur production. Lorsque le sang qui engorge la pulpe cérébrale séjourne trop long-temps dans son intérieur, il l’irrite, l’agace , une modification de son tissu peut avoir lieu , c’està-dire une lésion de nutrition, car c’est très sou- . vent à la suite de cet état qu’elle se montre ; celle qui l’a précédée est la lésion de circulation qui a produit immédiatement la modification du fluide vital.
L’époque de la dentition est pour les enfants l’époque la plus orageuse de la vie. La sortie des dents, d’un côté, provoque toujours des douleurs très vives; de l’autre, le cerveau , en raison de sa plus grande sensibilité, doit tendre à s’enflammer facilement, surtout lorsqu’il y est provoqué par l’éruption dentaire. Aussi est-ce à cet âge que les cérébrites sont plus communes chez les enfants et, par conséquent, le plus difficilement curables. L’apparition des dents, en provoquant le ceiveau à participer à la grande révolution vitale , y appelle une plus grande somme de fluide sanguin. Le cerveau , en vertu de son état d’excitabilité , participe d’autant plus facilement au trouble qui se manifeste dans toutes les fonctions, que lui-mème il en est l’auteur. La digestion est de toutes celles qui se pervertit le plus
promptement , comme le prouvent le dévoiement, le gonflement du ventre et le développement très fort des ganglions mésentériques. Dans certains cas, cette irritation intestinale agit comme révulsive de la maladie cérébrale ; donc souvent, au lieu de vouloir l’empêcher, on doit , au contraire , désirer qu’elle se déclare. Ici la lésion dominante est celle de l’innervation, d’où naissent les douleurs vives, le délire, souvent les convulsions ; la secondaire sera celle de la circulation , et la troisième quelquefois sera celle de sécrétion, commeleprouve la présence d’une quantité de sérosité dans les cavités intérieures du cerveau, d’où naît 1 hydrocéphalie.
Les grandes opérations , les blessures traumatiques, toutes les douleurs vives produites par une vive inflammation, sont des causes de phlegmasie cérébrale. Dans le premier cas, le mode d agir des causes est le même , aussi est- ce pour cela que nous les avons groupées. La douleur qu’elles produisent sur le cerveau excite toutes les parties du corps , l’innervation a un cours désordonné , perverti ; les fonctions des principaux viscères ne s’accomplissent que d’une manière morbide , les impressions insolites des viscères sur le centre cérébral, achèvent de troubler l’empire absolu qu’il a sur toute l’économie; une réaction générale s’établit et dépend de la circulation excitée par la trop grande dose de force nerveuse : si plus tard le pouls se ralentit ,
c’cst que le fluide vital est comme étoulfé et ne peut se distribuer à toutes les parties vivantes; donc encore la lésion de 1 innervation doit occuper le premier rang dans la maladie cérébrale que ces causes produisent ; la Ie'sion de circulation jouera le rôle secondaire.
Ici se termine l’étude des causes des maladies cérébrales , elles sont bien nombreuses, il est vrai, mais comme leur connaissance est d’une grande importance pour le sujet qui nous occupe , nous' avons dû insister beaucoup sur leur mode d’agir : nous avons omis à dessein de parler de plusieurs autres , tant parce qu’elles sont de peu d’importance , que parce qu’elles n’agissent pas toujours d’une manière très facile à expliquer. Nous allons nous occuper maintenant de l’étude de -celles qui dépendent de la constitution de l’individu ; nous aurons moins de difficulté à les grouper, attendu qu’elles sont moins nombreuses.