CHAPITRE VIII
Du mouvement des astres et du ciel ; hypothèses diverses à ce sujet; difficultés de la question. Le ciel, avec tous les astres, forme un ensemble continu. — La figure des astres est sphérique; ils n’ont pas de mouvement propre comme le soleil ; leur scintillation est causée par l'éloignement; les astres n'ont pas de rotation sur eux-mèmes, non plus que la lune: la nature ne leur a pas donné d'organes de progression. Démonstration de la sphéricité des astres et du ciel entier.
§ 4. Comme il semble que les étoiles se meuvent et changent manifestement de place, ainsi que le ciel tout entier, il faut de toute nécessité, pour que le changement ait lieu, ou que ces astres et le ciel restent en place, ou que tous les deux soient en mouvement, ou qu’enfin l’un des deux systèmes reste en place, tandis que l’autre se meut. Mais il est impossible que ces systèmes restent en place tous les deux, la terre y étant aussi ; car alors aucun des phénomènes que nous observons ne pourrait se pro-
Ch. VIII, § 1. Comme les étoiles se meuvent et changent, il n’y a qu'un seul mol dans le texte. — Ainsi que le ciel tout entier, quelques commentateur» ont cru que le Ciel comprend ici les étoiles d’abord, et en outre les planètes ; mais la suite prouve qu’il ne peut s’agir de cette distinction entre les astre*. — Ou que ces astres et le ciel restent en place, et par conséquent, que la terre seule se meuve ; c'était le sys-
tème d’Héraclide de Pont et d'Arislarqne de Samos, comme le rappelle Simplicius; c’est le système qu'a adopté et démontré ta science moderne, depuis Copernic et Képler.
Héraclide de Pont a été disciple de Platon et d’Aristote; Arbtarque de Samo* vivait un siècle environ plus tard. — Que tous les deux soient en mouvement, c’est le système qu'adopte Aristote, eu faisant la terre seule immobile. — Aucun des phé-
dnire. Nous supposons d’ailleurs, pour le moment, que la terre est immobile. § 2. Reste donc à penser, ou que les deux systèmes sont en mouvement, ou que l’un se meut tandis que l'autre est immobile. Si les deux se meuvent, il n’est pas possible que les vitesses des astres soient identiques à celles des cercles; car tout corps qui se meut aura toujours une vitesse égale à la circonférence suivant laquelle il accomplit son mouvement, puisque les astres paraissent revenir au même point, en même temps que les cercles. 11 se trouverait donc tout à la fois et que l’astre aurait parcouru le cercle, et que le cercle aurait fourni la course de l’astre, après avoir parcouru la même circonférence que lui. Mais il n’est pas rationnel de croire
nomènes. . .,nepourrait se produire , la raison était très-forte, du moment qu’on croyait le fait exact.
— Nous supposons, plus loin, ch. 13, on démontrera l'immobilité de la terre. — D'ail leurs pour le moment, j'ai ajouté ccs mots.
§ 2. Les deux systèmes, le texte n'est pas aussi précis. — A celles des cercles, l’expression grecque n’est pas plus déterminée que ma traduction ; mais évidemment il s’agit des cercles sur lesquels les étoiles se meuvent, ou semblent se mouvoir. Ces cercles, plus ou moins grands, selon que l’étoile est plus ou moins éloignée de l’axe du monde ou du pôle, sout parcourus eu des temps qui sont proportionnels à leur étendue. Dans les théories d'Aristote, ces cercles fout partie du ciel ; et alors il reconnaît à la fois, le mouvement général du ciel et le mouvement particulier des étoiles. — Tout
corps qui se meut , le principe est bien général et bien vague. — Une vitesse égale à la circonférence, j’ai conservé fidèlement les expressions du texte; mais il est évident qu'elles sout incomplètes, et qu’il y a là un certain nombre de phénomènes astronomiques confondus les uns avec les autres; au temps d’Aristote les anciens n’avaient pas pu s’en rendre compte suffisamment. — Revenir au même point, tous les jours et toutes les années. — Et que le cercle aurait fourni la course de l'astre, le texte peut signifier aussi : a et que le cercle aurait parcouru sa propre course. » La différence tient à un simple accent. — Après avoir parcouru la même circonférence que lui , l’étoile parcourant à l’équateur un plus vaste cercle, et le cercle se rétrécissant à mesure que la position de l'étoile se rapproche du pôle. — Il nest pas rationnel , Aristote sent