LIVRE II, CH. VIII
que les vitesses des astres aient le même rapport que les dimensions des cercles ; car il n’y a rien d’absurde à supposer, et au contraire il faut nécessairement supposer, que les cercles ont leurs vitesses proportionnelles à leurs grandeurs. Ce qui ne serait pas naturel, ce serait de le croire pour chacun des astres qui sont dans ces cercles ; car si le corps qui parcourt un cercle plus grand doit avoir, de toute nécessité, un mouvement plus rapide, il est également évident que, si les étoiles pouvaient se déplacer les unes dans les cercles des autres, celle-ci serait plus rapide, et celle-là plus lente. Mais dans cette situation nouvelle, les étoiles n’auraient plus de mouvement qui leur fût propre ; et elles seraient emportées par les cercles.
§ 3. Que si l’on suppose que tout cela n'est qu’un effet
bien toutes les difficultés de la théorie qu'il soutient; mais il ne s’aperçoit pas d’où viennent ces difficultés, c’est-à-dire de l'inexactitude des observations. Il a fallu bien des siècles pour que la vérité se fit jour, mémo pour les plus grands esprits. — Le même rapport que les dimensions des cercles, c’est-à-dire que les étoiles ont d'autant plus de vitesse quelles décrivent, par leur situation dans le ciel, un plus vaste cercle. — Les cercles ont leurs vitesses proportionnelles à leurs grandeurs , on ne voit pas alors pourquoi les étoiles ne seraient pas comme les cercles. — Ce qui ne serait pas naturel, parce qu’en effet, ou croit que le ciel est emporté d'un mouvement uniforme et circulaire ; et dans cette hypothèse, il est impossible de comprendre que tous
les astres n’aient pas non plus une vitesse uniforme. — Qui parcourt un cercle plus grand, il est sous-entendu que c’est dans un même temps que le cercle est parcouru. — Celle-ci serait plus rapide , c'est-à-dire que chaque étoile conserverait la vitesse qui lui est propre. — Dans cette situation nouvelle , le texte n’est pas aussi précis. — Elles seraient emportées par les cercles, il faut entendre que les étoiles, ainsi déplacées, acquierraient une vitesse proportionnelle au cercle nouveau où elles seraient situées. 11 est évident que, dans tout ce passage, il reste des obscurités nombreuses; mais je n'ai pu les lever, ni à l aide de Simplicius, ni à l'aide de saint Thomas.
§ 3. Tout cela nést qu'un effet du hasard, voir la réfutation de la
du hasard, on ne peut pas davantage, dans cette hypothèse, .admettre que, pour tous les cas, le cercle soit à la fois plus grand, et le mouvement de l’astre qui s’y meut, plus rapide. S'il n’y a rien d'absurde à croire qu’un ou deux astres pourraient être, par le hasard, réglés ainsi, c'est pure rêverie que de supposer que tous les astres, sans exception, puissent être, par hasard, soumis à la même loi. Dans les phénomènes de la nature, il n'y a pas de place pour le hasard, pas plus qu’on ne peut attribuer à un hasard capricieux un fait qui est partout, et qui est toujours.
§ h. D’autre part, si l’on suppose que les cercles restent immuables et que ce sont les astres eux-mêmes qui se meuvent, cette seconde théorie ne sera pas moins déraisonnable que l'autre. 11 arrivera dès lors que les étoiles qui sont extérieures, auront un mouvement plus rapide, et que leur vitesse sera proportionnelle à la grandeur des cercles. Par conséquent, puisque la raison ne peut croire ni que les deux systèmes sont en mouvement à la fois, ni que l'un des deux, celui des étoiles, soit en
théorie du hasard dans la Physique, livre II, ch. 4, pages 29 et suiv. de ma traduction. — Qu'un ou deux astres, ou d'une manière plus générale : a un ou deux phénomènes. »
— Sans exception, j’ai ajouté ces mots pour compléter la pensée. — Soumis à la même loi, le texte ici n’est pas non plus aussi formel.
§ 4. D'autre part si l'on suppose, c'est la seconde partie de l'hypothèse posée plus haut, § 2. Un des deux systèmes est supposé se mouvoir, pendant que l’autre reste immobile.
— Les astres eux-mêmes, « ou les étoiles. » — Cette seconde théorie , le texte n'est pas tout à fait aussi formel. — Les étoiles qui sont extérieures, c’est-à-dire qui décrivent un plus grand cercle, parce que leur mouvement est parallèle à l'équateur.
Par Extérieures, Simplicius entend les étoiles qui sont les plus éloignées des pôles. — Leur vitesse sera proportionnelle, voir plus haut, § 2. — Ni que les deux systèmes, celui des cercles et celui des étoiles. — Ni que l’un des deux, j’ai préféré