LIVRE II, CH. VIII
mouvement tout seul, il reste que les cercles se meuvent, et que les astres soient en repos, comme enchaînés dans les cercles qui les emportent, ('/est seulement ainsi qu’il n’y aura rien qui choque la raison ; car il est rationnel de supposer que la vitesse d’un cercle plus grand est plus rapide, dans un système de corps retenus et enchaînés autour d’un môme centre. El de même que, dans tous les autres cas, le corps le plus grand a plus de rapidité dans le mouvement spécial dont il est animé, de môme aussi ce rapport se retrouve dans les corps animés d’un mouvement circulaire, parce que la section d’un plus grand cercle est plus grande sur les parties de la circonférence interceptées par les lignes menées du centre.
celte leçon qui est celle de Simplicius. — Celui des étoiles, j’ai cru devoir ajouter ces mots, pour qu’il n‘y eût pas d’équivoque possible; ils s’accordent, d'ailleurs, parfaitement avec tout le contexte. — Que les cercles se meuvent , le ciel alors serait, eu quelque sorte, composé de cercles concentriques où les étoiles seraient attachées, conservant entre elles leurs positions respectives, et suivant le mouvement général dans lequel elles seraient emportées. — Comme enchabiés dam les cercles , c'est ce que donue le premier aspect des phénomènes ; et il a fallu bien du temps pour que ces illusions pussent se dissiper. — Il n'y aura rien qui choque la raison , ce système développé et complété par l'École d’Alexandrie a sufli à l'intelligence humaine, jusqu'à la Renaissance. — Dans un système de corps , le texte
n’est pas aussi formel. — Retenus et enchaînés, il n’y a qu’un seul mot en grec. — Dam tous les autres cas, par exemple, pour la chute des graves ; plus le corps est pesant, plus sa chute est rapide ; un rocher, par exemple, tombe beaucoup plus vile qu'un caillou. — Dans le mouvement spécial dont il est animé, tombant, par exemple, sur une pente où il roule. — Animés d’un mouvement circulaire, au lieu de se mouvoir en ligne droite, comme les graves, quand ils tombent. — Sur les par- , fies de la circonférence interceptées, le texte n’est pas aussi formel. — Par des lignes menées du centre, c’est-à-dire, par des rayons. Le sens d’ailleurs est très-clair : des cercles concentriques étant donnés, il est évident que plus le cercle est grand, plus l’arc de la circonférence intercepté par les mêmes rayons est grand
§ 5. Ainsi donc, la raison comprend très-bien que le plus grand cercle aura décrit sa circonférence dans le même temps. Avec cette hypothèse, le ciel n’est pas disloqué et divisé, et elle est conforme à ce que l’on a dit sur la continuité du ciel entier.
§ 6. Nous abordons une autre question. Les astres sont de forme sphérique, ainsi que d’autres l’ont cru avant nous, et ainsi que nous avons le droit de le répéter nousmêmes, puisque nous les faisons naître du corps du ciel, qui est sphérique également; or, tout sphéroïde peut en soi avoir deux mouvements distincts, la rotation et la translation. Si donc les astres avaient un mouvement propre, il faudrait nécessairement qu’ils eussent l'un ou l’autre ; mais, on ne voit pas qu'ils aient aucun des deux. S’ils avaient une rotation, ils demeureraient toujours à la
aussi. Les arcs s'accroissent en proportion des cercles.
§ 5. Le plus grand cercle aura décrit sa circonférence , tous les cercles étant concentriques, et tous étant soumis au même mouvement, les plus grands et les plus petit» so meuvent tous dans un temps égal j ci, par exemple, ils font leur révolution dans la durée d’un jour. — Dans le même temps, que le plus petit cercle. — Le ciel n'est pas disloqué et divisé , il n'y a qu’un seul ruot dans le texte. — Diviséy comine il le serait, si chaque étoile avait un mouvement spécial. — A ce que l’on a dit , voir plus haut, livre 1, ch. 0. Le ciel se meut dans toute son étendue, et les étoiles y sont fixées comme des clous brillants, qui ne peu-
vent se détacher du fond où ils sont posés.
§ 6. Nous abordons une autre question , le texte dit seulement :
« Encore. » — Nous les faisons naitre, j'ai conservé, autaut que je l'ai pu, la tournure de 1a phrase grecque. — Du corps du ciel , je m’arrête à ce sens, qui est celui qu’ont adopté la plupart des commentateurs, d’après Simplicius. — Qui est sphérique également , j'ai ajouté ces mots pour compléter la pensée. — La rotation et la translation, ce sont les deux mouvements qu* nt les grands corps célestes, à commencer par la terre que nous habitons. — Un mouvement propre, outre le mouvement général et commun que leur imprime le ciel, eu les