CHAPITRE IX
Fausseté et insuffisance des théories qui croient & une harmonie des sphères, et qui supposent que les astres doivent faire du bruit dans leur course. L’observation atteste que ce prétendu bruit n’existe pas; explication qu'on donne de ce silence; les forgerons; réfutation des Pythagoriciens. Causes ordinaires du bruit que font les corps ; conditions essentielles ; les astres ne les remplissent pas; prévoyance admirable de la nature.
§ 1. On doit voir évidemment, d’après tout ce qui précède, que, quand on nous parle d’une harmonie résultant du mouvement de ces corps pareille à l’harmonie de sons qui s’accorderaient entr’eux, on fait une comparaison fort brillante, sans doute, mais très-vaine ; ce n’est pas là du
tre il y a un sphéroïde, j'ai conservé l'indétermination du telle, dont le sens d'ailleurs n'est pas douteux.
— Des deux systèmes , j’ai ajouté ces mots pour compléter la pensée.
— Et que l'autre, c’est-à-dire tout le système des astres, qui restent fixés au ciel, sans avoir un mouvement propre. Le ciel seul se meut, et tout est emporté dans son mouvement général , hormis la terre qui demeure toujours immobile. — Ce chapitre est ou de ceux qui méritent le plus d'attention, à la fois parce qu’il présente l'ensemble des théories
d’Aristote sur le système du monde, et aussi, parce que ces théories, complétées plus tard par les lravauf% astronomiques de l’École d’Alexandrie, ont universellement prévalu jusqu’au temps de Copernic et de Képler.
Ch. IX, § i. Que , quand on nous parle, la suite prouve que cette théorie appartient aux Pythagoriciens. Platon a parlé aussi de l'harmonie du monde; mais c’est dans un autre sens ; voir le Tintée, page 122 , et aussi sur la marche des sphères, pages 134 et 133. — Ce
tout la vérité. Mais en effet il y a des gens qui se figurent que le mouvement de si grands corps doit produire nécessairement du bruit, puisque nous entendons autour de nous le bruit que font des corps qui n’ont ni une telle masse, ni une rapidité égale à celle du soleil et de la lune. Par là, on se croit autorisé à conclure que des astres aussi nombreux et aussi immenses que ceux qui ont ce prodigieux mouvement de translation, ne peuvent pas marcher sans faire un bruit d’une inexprimable intensité. En admettant d’abord cette hypothèse, et en supposant que ces corps, grâce à leurs distances respectives, sont pour leurs vitesses dans les rapports mêmes des harmonies, ces philosophes en arrivent à prétendre que la voix des astres, qui se meuvent en cercle, est harmonieuse. Mais comme il serait fort étonnant que nous n'entendissions pas cette prétendue voix, on nous en expliqve la cause, en disant que ce bruit date pour nos oreilles du moment même de notre naissance. Ce qui fait que nous
n'est jtas là du tout la vérité , c’està-dire que cette théorie séduisante n’est pas conforme aux faits quelle prétcud expliquer. — Doit proiluire jjfccssairement du bruit , et comme ce bruit ne saurait être irrégulier, ou eu conclut qu’il est parfaitement harmonieux. — Sous entendons autour de nous , il est évident qu'on ne peut faire aucune assimilation raisonnable entre les corps que nous voyons ici-bas et les corps célestes.
— Celte du soleil et de la lutte , la marche de la lune est en elTel trèsrapide; mai» ceci doit être compris eu un sens tout différent que ne le comprend Aristote. Le soleil décri-
vait, pour lui, l’immense tour que nos yeux croient lui Toir faire chaque jour dans la voûte du ciel. — Dans les rapports mêmes des harmonies, les sons ont entr’eux des rapport» qu’avaient fixé» les Pythagoricien»; et dan» l’École même d’Aristote, Aristoxène avait fait faire de grands progrès à la science de l'acoustique et de l'harmonie. La science moderne n’a pas trouvé que la loi des distances entre les grands corps célestes, et particulièrement les planètes, eût la régularité qu’on attendait. Ce sont peut-être les faits bien observés qui lui manquent. — La voix des astres, j’ai conservé l’ex-