‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 115 sur 212 · LIVRE II, CH. XII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. XII

tieuses études depuis de bien longues années: et c'est d’eux que nous avons reçu un bon nombre de notions dignes de foi, sur chacun des astres.

§ 2. On peut se demander, en second lieu, avec non moins de droit, comment il se fait que, dans la première orbite, il y a une si grande quantité d’astres qu’ils paraissent être innombrables dans toute leur ordonnance, tandis que, pour les autres orbites, il n'y a qu’un seul astre dans chacune d'elles ; car on n'en voit pas deux ni plusieurs, enchaînés dans la même orbite.

§ 3. C’est une belle entreprise que de chercher à étendre même un peu davantage nos connaissances sur ces grands objets, quoique nous n'ayons que de bien rares occasions pour «border ces problèmes, et que nous soyons placés à

de importance, et il a été bien sou* vent allégué. Dans la Météorologie, livre 1, ch. 6, § 9, pages 33 et suiv. de ma traduction, Aristote invoque aussi l’autorité des astronome» égyptiens, dont il parait faire beaucoup de cas. — Nous avons reçu, il faut se rendre à une assertion aussi nette ; et Aristote, mieux que personne, devait savoir précisément ce qu'il en était sur ce point.

§ 2. En second lieu , le texte n’est pas ici non plus aussi formel ; mais j’ai cru devoir préciser davantage. — Dons la première orbite , celle du ciel, à laquelle appartiennent, dans le système d'Aristote, toutes les étoiles fixes, qui sont en effet innombrables.

— Il n'y a qu’un seul astre , c'est-àdire que chaque planète a son orbite particulière, où elle est seule à faire sa révolution. — Enchaînés dans la

même orbite , j'ai conservé l'expression grecque dans tonte sa force.

§ 3. C'est une belle entreprise, Aristote se fait une haute idée de la science; mais on verra plus bas que la solution qu'il donne est bien peu scientifique. Je n'affirmerais pas d'ailleurs que ce qui va suivre soit parfaitement authentique. Le lond des idées est bien aristotélique ; mais l'exposition de cette singulière théorie est démesurément prolixe, et je ne reconnais pas la main du maître. C'est d'ailleurs un soupçon que je suis le premier à élever, et je ne vois pas que, parmi les commentateurs, personne l'ait couçu avant moi. — Que de bien rares occasions , ou peut-être aussi : « que de bien faibles ressoorces. » J’ai préféré le premier sens, à cause de l'observation consignée dans le § précédent. Il est

une prodigieuse distance du lieu où ces phénomènes s'accomplissent. Quoiqu’il en soit, en se mettant au point de vue que nous allons indiquer, on se convaincra que la question soulevée par nous ne dépasse pas la portée de la raison. Nous avons le tort de ne considérer les astres que comme de simples corps, et comme des unités ou monades, qui ont bien un certain ordre entr’ elles, mais qui sont tout à fait privées de vie et inanimées. Loin de là, il faut au contraire supposer que les astres ont une certaine action et une certaine vie ; car en faisant cette supposition, on voit que l’ordre présent des choses n’a rien dont la raison puisse se choquer.

Le bien suprême en effet, paraît consister pour l’être souverainement parfait, à être sans action; pour l’être qui en approche le plus, à n’avoir qu’une faible action et une action unique ; et enfin pour ceux qui en sont de plus en plus éloignés, à en avoir proportionnellement de plus en plus. 11 en est ici comme pour le corps humain. Parmi

rare qu'on puisse observer des phénomène* qui se reproduisent à de si longs intervalles. — A une prodigieuse dislance , les anciens qui n’avaient pas nos instrument* d’optique devaient sentir encore davantage leur faiblesse et leur impuissance.

— Que nous allons indiquer, le contexte me semble exiger ce sens ; mais l'expression grecque n’est pas aussi précise. — Ne dépasse pas la fartée de la raison , le mot grec a ordinairement le sens « d’absurde »; mais j’ai cru devoir modifier quelque peu ce sens, tout habituel qu’il est. — Nous avons le tort, l’expres-

sion grecque n’est pas aussi précise.

— Des unités ou monades, il n’jr a qu’un seul mot en grec. — Privées de vie et inanimées, même remarque.

— En faisant cette supposition, j’ai dû, dans tout ce passage, développer un peu le texte, pour qu’il fût plus clair. — Dont la raison puisse se choquer , dans la Métaphysique , les planètes sont chacune anim’es par autant d’essences, éternelles, immobiles el sans étendue, li re XII, ch.

8, page 20:». — A être sans action , voir dan* la Métaphysique, livre XII, ch. 7. page 200, ce que c’est que l’action propre de Dieu. — // en est

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