‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 116 sur 212 · LIVRE II, CH. XII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. XII

les individus, l’un est bien portant, même sans aucun exercice ; l’autre n‘a besoin que d'une petite promenade ; à tel autre, il faut de la lutte, de la course, et un mouvement énergique ; tel autre enfin pourrait avoir ce bien de la santé et quelqu’autre bien encore avec elle, sans prendre la moindre espèce de soin.

$ à. Mais que tout réussisse à souhait, c’est fort difficile, soit pour plusieurs choses en une seule fois, soit à plusieurs reprises consécutives ; et par exemple, il serait très-impossible de faire tomber sur les mêmes points mille osselets de Cbios, tandis qn’il est bien plus aisé d’en faire tomber un ou deux. De même encore, quand il faut faire une première chose eu vue de telle autre, puis celle-là pour une seconde, puis cette seconde pour une troisième, on peut plus aisément réussir deux ou trois fois ; mais plus il y a de moyens termes, plus le succès devient difficile et douteux. Aussi doit-on penser que l’action des astres est à peu près aussi comme celle des animaux et des plantes. Parmi les êtres de cet ordre, ce sont les actions de l’homme qui sont les plus nombreuses, puisque l’homme peut atteindre à beaucoup de biens ; et par conséquent, il fait

ici comme pour le corps humain, tout ce développement pourrait bien paralre une iuterpolation, quoique le» observations physiologiques qui y sont rappelées soie ut assez exactes.

— Energique , j'ai ajouté ce mot pour compléter la peusée.

§ 4. Mais que tout réussisse à souhait , la digression continue, sans grand avantage pour la question, dont elle s’écarte de plus eu plus

— De faire tomber sur les mêmes

points, le texte n’est pas aussi précis. — Mille osselets de Chios, ce passage semble incliner au système du hasard, qu’ Aristote a toujours si vivement combattu, comme on peut le voir dans la Physique, livre II, ch. 4, pages 29 et »uiv. de ma traductiou. — Difficile et douteux, il n’y a qu’un seul mot eu grec. — Comme celle des animaux et des plantes, voir plus haut, § 3.

— Parmi les êtres de cet ordre , suite

beaucoup de choses, comme il fait aussi certaines choses en vue de certaines autres. Mais pour l’être qui est souverainement parfait, il n’a plus aucun besoin d'action ; car il est précisément à lui-même sa propre lin. Or, l’action suppose toujours deux termes, le but final qu’on poursuit, et le moyen qu’on emploie pour y parvenir. Les autres animaux ont moins d'action que l'homme ; et quant aux plantes, elles n'ont qu’une fort petite action, on peut-être même n’en ont-elles qu’une seule. § 5. En effet, il peut y avoir ou une fin unique que l’on peut atteindre, ainsi que l’homme atteint la sienne; ou bien même tous les intermédiaires, quelque nombreux qu’ils soient, sont indispensables pour mener au bien suprême. Ici on a ce bien parfait, et on le possède à plein ; là on y tend, et l’on en approche avec peu de peine et de moyens; ailleurs, au contraire, il en faut beaucoup ; parfois on n’essaye même pas d’y parvenir, et l'on se contente d’approcher du dernier terme. § 6. Par exemple, si c’est la santé qui est le but qu’on se propose, il y a tel corps qui est toujours en pleine santé; tel autre doit maigrir pour se bien porter; tel autre doit courir et maigrir tout ensemble ; tel autre encore doit prendre quelque précaution préalable, en vue de cette course qu’il doit faire ; et par conséquent, il y a une grande

de la digression. — tes autres animaux, ceci semble une interpolation même au milieu de tout ce morceau.

— Qu'une seule, celle de se nourrir.

§ 5. En effet, l’auteur semble de plus en plus perdre de vue la question qu*il essaie d’éclaircir ; et tous ces développements paraissent tout à fait inutiles. — Une fin unique,

voir le début de la Morale à Nicomaque, où sont présentées des idées assez analogues à celles-ci. — L'homme atteint la sienne, l’cBUvre propre de l'homme, c’est l’activité réglée par la raison et la vertu ; voir la Morale à Nicomaque , livre I, ch. 4, page 28 de ma traduction.

§ 6. Par exemple, si c'est la santé,

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