LIVRE II, CH. XIII
chercher dans quel lieu elle est placée, si elle fait partie des corps en repos ou des corps en mouvement, et enfin quelle est sa forme. Quant à sa position, tout le monde n'a pas, à cet égard, la même opinion. En général, on admet qu'elle est au centre, et c’est le système des philosophes qui croient que le ciel est limité et fini dans sa totalité^Mais les sages d'Italie, que l’on nomme Pythagoriciens, sont d'un avis contraire. Pour eux, iis prétendent que le feu est au centre du monde, que la terre est un de ces astres qui font leur révolution autour de ce centre, et que c’est ainsi qu’elle produit le jour et la nuit. Ils inventent aussi une autre terre opposée à la nôtre, qu’ils appellent du nom d’ Anti-terre, cherchant non pas à appuyer leurs explications et les causes qu’ils indiquent sur l’observation des phénomènes, mais, loin de là, pliant et arran-
1er, cette théorie de la terre forme, d'après Simplicius, le dixième et dernier chapitre de ce livre. — Dans quel lieu elle est placée , si c’est au centre, ou ailleurs qu’au centre. — Si elle fait partie des corps... il eût été plus simple de dire : « si elle est en mouvement ou en repos. » — Quant à sa position , cette question est traitée jusqu'au § 4. — Que le ciel est limité et fini , il semble que c'est aussi le système d’Aristote. — Les sages d'Italie, le texte n'est pas aussi formel. — Que le feu est au centre du monde , il ne parait pas que les Pythagoriciens confondissent le feu avec le soleil ; car s'il en eût été ainsi, Aristote n'aurait pas manqué de le dire. — Que ta terre est un de ces astres , cette opioion des
Pythagoriciens est fameuse, et elle était sur la voie de la vérité. Plus approfondie par les astronomes et les philosophes de la Grèce, elle aurait pu conduire la science , quelques siècles plus tût, à la connaissance du véritanle système du monde. — Et que c'est ainsi quelle produit te jour et la nuit, en tournant sur elle-même, ce qui est vrai. — Anti-terre, ou Antichthûn, en conservant le moi grec. On a pris souvent l'Autichthûn pour les Antipodes; ou voit qu’il n'en est rien. Cette Contrelerre fait en quelque sorte équilibre à notre terre.
C’est uu corps que les Pythagoriciens imaginent bien gratuitement, et dont rien u’alteste l’existence ; mais c’est peut-être la lune qu’ils désignent aiusi. — Sur l'observation des phé -
géant les phénomènes selon certaines opinions et explications qui leur sont propres, et essayant de faire concorder tout cela comme ils peuvent.
§ 2. Beaucoup de philosophes autres encore que les Pythagoriciens pourraient bien penser, comme eux, que la place du centre ne doit pas être attribuée à la terre, n’empruntant pas davantage cette conviction à l’examen des phénomènes, mais la demandant bien plutôt aussi à de simples raisonnements. Comme ils pensent que la place la plus considérable convient au corps le plus considérable de tous, et que le feu mérite plus de considération que la terre; que la limite en veut plus aussi que les points intermédiaires, et que l'extrême elle centre sont les limites des choses, ils concluent, à l’aide de ces raisonnements, que la terre ne doit pas être au milieu de la sphère, et que cette place appartient de préférence au feu. Une autre raison des Pythagoriciens poursoutenirquele feu doit être au centre, c’est que la partie la plus importante de l'univers doit être surtout la plus soigneusement gardée ; or, cette partie est précisément le centre appelé par eux la Porte et la Garde
nomènes, U critique n’est pas juste; mais la méthode que préconise Aristote est excellente; voir la Météorologie, préface, pages XL1I et suiv.
de ma traduction. — Comme ils peuvent, cette ironie n’est pas aussi marquée dans le texte.
§ 2. Beaucoup rie philosophes , Aristote ne les nomme pas, et je ne vois pas que les commentateurs aient essayé de les deviner. — A de simples raisonnements, j’ai «goûté le mol de o simples. » — Mérite plus de considération, comme ayant des qua-
lités supérieures à celles de la terre.
— De la sphère, c'est-à-dire de l’univers. — Une autre raison des Pythagoriciens, pour soutenir que le feu doit être au centre, du monde, le texte n’est pas tout à fait aussi formel. — La partie la plus importante, c'est là encore un argument purement logique ; et ce n’est guère que par des raisons de ce genre que l’on pouvait se décider, au temps des Pythagoriciens ; l’observalion des phénomènes n’était pas encore assez avancée. — La Porte et la Garde, il