‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 122 sur 212 · LIVRE II, CIL XIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CIL XIII

soleil, attendu que tous les corps qui sont en mouvement peuvent l'éclipser, et que ce n’est pas la terre toute seule qui l'éclipse. Mais du moment que la terre n’est pas le centre, et qu'il y a entre le centre et elle la distance de tout son hémisphère, ces philosophes ne voient plus rien qui s'oppose à ce que les phénomènes se passent, pour nous qui n'habiterions pas au centre, absolument comme si la terre était au milieu. Et, en effet, dans l'état actuel des choses, rien ne nous révèle non plus que nous soyons éloignés du centre de la terre à la distance de la moitié du diamètre. 11 y a même d’autres philosophes qui, tout en admettant que la terre est placée au centre, la font tourner sur elle-même autour du pôle, qui traverse régulièrement l'univers, ainsi qu’on peut le lire dans le Tintée.

§ 5. Les mêmes doutes, à peu près, se sont élevés sur la forme de la terre. Les uns la jugent sphérique ; les autres la croient plane, et la représentent sous la figure d'une

nètes, s'élevât jusqu’à dix. — Tous les corps qui sont en mouvement , saint Thomas rappelle avec raison que les éclipses de lune sont uniquement causées par l’interposition de la terre, entre cet astre et le soleil. — La terre n’est pas le centre, dans le système de ces philosophes, qui font circuler la terre autour du centre du monde, occupé par le feu. — Entre le centre et elle, j'ai ajouté ceci pour compléter la pensée. — De tout son hémisphère, c’est-à-d i re que, circulant autour du centre, elle est toujours à la distance d'un rayon.

Mais c’est supposer alors que l’orbite de la terre est exactement circulaire.

tandis qu’au contraire il est elliptique.— Que nous soyons éloignés du centre, de la terre prise comme centre du monde, dins le système d’Aristote. — Dans le Timée, voir la traduction de M. Y. Cousin, pages 124 et 135.

§ 5. Sur la forme de la terre , la troisième des questions indiquées au § 1 ; voir aussi, plus loin, le ch. 14. — Les uns ta jugent sphérique, c'est l’opinion d’Aristote, comme celle de Platon, et de la meilleure partie de l’antiquité. Voir la Météorologie, livre 11, ch. 7, § 3, page 180 de ma traduction. — Les autres la croient plane, c’était en général les philo-

espèce de tambour. La preuve qu’ils en donnent, c'est qu’on observe que le soleil, quand il se couche ou qu'il se lève, a toute la partie qu’il cache sous la terre en ligne droite et non pas en ligne circulaire, tandis qu’il faudrait, au contraire, si la terre était sphérique comme on le prétend, que la section du soleil aussi lût circulaire comme elle. Mais dans cette explication là on ne tient compte, ni de la distance du soleil à la terre, ni de la prodigieuse grandeur de sa circonférence ; et l’on ne songe pas que de loin, la ligne paraît entièrement droite, même pour des cercles qui semblent être tout petits. Par conséquent, cette même apparence ne doit pas du tout leur faire croire que la masse de la terre ne soit pas ronde. Mais ces philosophes insistent, et ils soutiennent que c'est parce que la terre est en repos, qu'elle doit nécessairement avoir la forme qu’ils lui donnent; car les opinions, dont nous venons de parler, sur le mouvement et le repos de la terre, sont aussi diverses que nombreuses.

§ 6. 11 faut donc nécessairement que tout le monde trouve ces questions obscures et difficiles ; car ce serait

tophes de l’École d'Ionie. — La preuve qu'ils en donnent , la preuve ne?! pas bonne; mais du moins on essayait de l'emprunter à l’observation des faits. — A toute la partie qu'il cache sous la terre , le texte n'est pas tout à fait aussi précis. — Comme on le prétend, j'ai ajouté ces mots, qui sont impliqués dans leçontexte. — l)e la distance du soleil à la terre, voir la Météorologie , livre I, ch. 8, § 6, pape 17 de ina traduction. — De sa circonférence , c’est de la circonférence de la terre qu’il s'agit.

— Qui semblent être tout petits, et qui sont par conséquent infiniment moins grands que celai de la terre.

— Leur faire croire, aux philosophes dont Aristote critique les théories.

La terre peut être roude, bien que U section du soleil, disparaissant sous terre, paraisse une ligne droite et non une ligne courbe. — U i forme qu'ils lui donnent, l’expression du texte est un peu plus vague. — Dont nous venons de parler , même remarque.

§ 6. Obscures et difficiles, le texte n’est pas aussi formel. — Que de ne

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