‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 125 sur 212 · LIVRE II, CH. XIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. XIII

elle ne pourrait pas rester en repos comme elle le fait. Mais, d’après ces théories mêmes, la cause de l'immobilité de la terre, ce n’est pas seulement quelle est plate , c'est bien plutôt quelle est grande ; car l’air ne pouvant s’écouler et passer, parce que le lieu où il se presse est trop étroit, il demeure immobile par sa quantité même ; et si l'air s’accumule en si grande masse, c'est qu'il est intercepté et comprimé par l’immensité considérable de la terre. Par conséquent, cet effet se produirait, quand bien même la terre serait sphérique, et par cela seul qu’elle est si grande, puisque même alors , d’après l’hypothèse de ces philosophes, l’air est immobile.

§ 12. Mais d’une manière générale, pour répondre à des gens qui expliquent ainsi le mouvement , il faut dire que leur discussion s’adresse non pas à quelques-unes des parties du monde, mais à l'ensemble et à la totalité des choses. Ainsi, il faut s’attacher, en remontant au principe, à bien définir s’il y a ou s'il n’y a pas un mouvement naturel pour les corps, et, quand on admet qu’il n'y a pas pour eux de mouvement naturel , savoir s’il est possible qu’ilsaient un

jection contre la théorie qui suppose que la terre est immobile, parce qu’étant plate l’air la soutient : elle serait également soutenue par l'air, quand bien même elle serait sphérique. — Demeure immobile, ou s’accumulant comme dans les clepsydres. — Intercepté et comprime , il n’y a qu’un seul mot dans le texte.

— Cet effet, c'est-à-dire l’accumulation de l'air assez pressé pour soutenir la terre et l'empêcher de descendre, — L’air est immobile ,

l’expression du texte est tout à fait indéterminée ; je l’ai comprise dans le sens que doutie Simplicius : « L'air « s'arrête et demeure immobile, a aussi bien par la sphéricité de la a terre que par sa forme plate. »

C’est doue la grandeur de la terre, bien plutôt que sa forme, qui arrèto et condense l’air en le resserrant.

§ 12. Qui expliquent ainsi le mouvement, et qui comprennent si mal comment la terre peut être privée de mouvement, et demeurer iinmo-

mouvement forcé. Mais comme nous avons traité antérieurement toutes ces questions, il faut ici, autant que nous le pourrons pour la discussion actuelle, nous servir des principes précédemment admis et démontrés. S'il n’y a pas pour les corps de mouvement naturel, il n'y aura pas non plus de mouvement forcé ; et s’il n’y a ni de mouvement naturel ni de mouvement forcé, c’est qu’ alors il n’y aura pas du tout de mouvement; car on a démontré précédemment qu’il en devait être nécessairement ainsi. § 13. D’un autre côté, il a été également prouvé qu’il ne peut pas non plus y avoir alors de repos ; car le repos, tout aussi bien que le mouvement , est ou naturel ou forcé. Mais puisqu’il y a réellement un mouvement naturel, la translation non plus que le repos ne saurait être uniquement forcée.

g là. Si donc la terre est maintenant forcément en repos et immobile, c’est quelle a été portée aussi au centre, par la rotation. Du moins, c’est là la cause que tout le monde

bile au centre. — Nous avons traité antérieurement toutes ces questions , voir la Physique f livre IV, ch. U, § 7, et livre VIII, cb. 4, §§ 2 et sohr., pages 202 et 481 de ma traduction. — Précédemment admis et démontrés, id. ibid. — // n'y aura pas de mouvement du tout, l'existence des contraires est corrélative; et du moment que l'un des deux contraires n’est pas, l’autre n'est pas non plu». — On a démontré précédemment, ceci peut se rapporter au premier livre de ce traité, ch. 2, § 11, et ch. 3, § 2 ; et aussi aux passages de la Physique que Je viens de citer.

§ 13. Il a été également prouvé , le texte n'est pas aussi formel ; voir la Physique , livre V, ch. 9, §§ 1 et suiv., page 329 de ma traduction. — Réellement , j’ai ajouté ce mot pour compléter la pensée. — Mais puisqu'il y a un mouvement naturl , voir dans la Physique, livre I, ch. 2, § 6, page 436 de ma traduction, l'affirmation du mouvement. Nier le mouvement, c’est détruire toute étude possible de la nature.

§14 .En repos et immobile, il n’y a qu’un seul mot dans le texte grec.

— Par la rotation, non pas sur ellemême, mais dans l’ensemble des choses, tourbillonnant dans l’espace

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