‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 127 sur 212 · LIVRE II, CH. XIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. XIII

» la cause qui, pour la terre, lui a imposé l’immobilité » quelle a?» Car Empédocle ne pourra pas dire qu'à cette époque c'était la rotation qui en fût cause. Une absurdité aussi, ce serait d’admettre que, dans un temps antérieur et parsuite du mouvement de rotation, les parties de la terre ont dû être portées vers le centre, et de ne pas se demander quelle est aujourd'hui la cause qui fait que les corps graves se dirigent vers la terre. Certes, ce n’est plus la rotation qui peut actuellement les rapprocher de nous.

§ 17. De plus, le feu se dirige naturellement en haut, quelle en est la cause ? Ce n’est certes pas encore la rotation. Mais si le feu a un mouvement qui lui est naturel, il est de toute évidence aussi que la terre doit en avoir un comme lui. § 18. J'ajoute que ce n’est pas davantage la rotation qui produit et détermine le lourd et le léger;

physique , rappelée» en note dans la même page. — Quelle a été la cause , il semble que, dans le système d’ Empédocle, il n'y a que f Amour qui puisse réunir le» divers éléments de la terre, et lui donner le repos; mais Aristote eût bien fait d'exprimer cette idée intermédiaire.

— Une absurdité aussi , ceci ne semble pas un nouvel argument contre Empédocle, mais plutôt la suite du précédent. La rotation du ciel a poussé la terre vers le ceutre; mais, dans l’étal actuel des choses et après que la terre a été rendue immobile, on ne peut plus dire que ce soit la rotation du ciel qui porte les corps graves vers la terre. — Toule cette réfutation des théories d'Empédocle est embarrassée, comme

le sont en général toutes les réfutations faites par Aristote. Alexandre d’Aplirodisée lui-même a trouvé de l’obscurité dans ce passage. — Actuellement, j’ai ajouté ce mot pour plus de clarté.

§ 17. De plus, argument nouveau, que Simplicius compte pour le troisième. — Ce n’est certes pas encore la rotation, puisque l’on a admis que la rotation du ciel a dirigé les corps vers le centre, et qu’au contraire le feu s’en éloigne. — La terre doit en avoir un, la terre étant considérée comme le contraire du feu, le lourd étant opposé au léger.

§ 18. J’ajoute, le texte n'est pas aussi oxplicite. — La rotation, du ciel et non pas de 1a terre, puisque

mais seulement, parmi les corps graves et légers qui existaient préalablement, les uns se sont dirigés vers le centre, et les autres à la surface, par l’eflet du mouvement qu’ils subissaient. Il y avait donc, même avant que la rotation ne commençât, un lourd et un léger, qui ont été déterminés par quelque chose, et qui, par leur propre nature, sont emportés d’une certaine façon et vers un certain lieu. Car du moment qu’on suppose le monde infini, il n’est pas possible qu’il y ait encore ni haut ni bas , puisque c'est par ces deux directions que le grave et le léger se reconnaissent et se déterminent.

§ 10. Voilà donc, pour la plupart des philosophes, les causes auxquelles ils attribuent l’immobilité de la terre. Mais il y a d’autres philosophes, qui prétendent que la terre reste en repos par son propre équilibre. Telle est, parmi les anciens, l’opinion d’Anaximandre ; selon lui, il

la terre est supposée immobile. — Qu'ils subissaient, j’ai ajouté ces mots. — Par quelque chose, ma traduction est aussi vague que l’expression grecque; j’ai craint de la préciser davantage. — Qu’on suppose le monde infini, c'est le sens que donne Simplicius; mais le texte grec n’a pas de substantif. — Se reconnaissent et se déterminent , il n’y a qu’un seul mot dans le texte. Simplicius cite Anaximandre et Anaximène, comme ayant supposé que le monde est infini.

§ 19. J Vais il y a d'autres philosophes, Aristote ne nomme ici qu’Anaiimandre, qu'il range parmi les anciens; mais Simplicius pense que cette critique s'adresse également à

Platon, qui, dans le Phédon, a sontenu cette même théorie. Cette dernière remarque est vraie ; et Ton peut consulter le Phédon, page 303 de la traduction de M. Victor Cousin : « Je suis persuadé, dit So- « crate, que, si la terre est au milieu « du ciel et de forme sphérique, elle « n’a besoin ni de l’air, ni d'aucun « appui pour l’empécher de tomber, « niais que le ciel même, qui l’en- « vironue également, et son propre et équilibre suffisent pour la sou- « tenir. » — Par son propre équilibre, l’expression du texte n’est pas aussi précise ; il dit seulement :

« par l'égalité. » — Parmi les anciens, ce qui laisse soupçonner que cette théorie peut bien aussi avoir

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