‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 129 sur 212 · LIVRE II, CH. XIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. XIII

suppose avoir tout ensemble une soif et une faim très-vives, mais qui, éprouvant ces deux besoins avec une intensité égale, s’abstiendrait également de boire et de manger, parce qu'il serait nécessairement forcé de rester immobile et en repos entre ses deux besoins. Nos philosophes devraient donc rechercher aussi pourquoi le feu s’arrête aux extrémités. Mais on pourrait s’étonner encore qu’on cherchât la cause de l’immobilité de ces corps, et qu’on ne cherchât pas par quelle cause, dans la tendance naturelle des corps divers, l’un est emporté en haut , tandis que l’autre se dirige vers le centre , du moment que rien ne les en empêche.

§ 23. En soi, cette théorie n’est donc pas vraie, ou du moins tout ce qu’elle a de vrai indirectement, c’est qu’il y a nécessité que tout corps reste immobile au centre, quand le mouvement ne lui convient pas plus dans un sens que dans l’autre. Mais d’après ce raisonnement même, le corps ne devrait pas demeurer immobile en place ; et il faudrait, au contraire, qu'il eût un mouvement , non pas il est vrai dans sa totalité, mais par fragments et par morceaux.

— Nos philosophes y l'expression du texte est moins précise. — S'arrête aux extrémités, il serait bien difficile de constater exactement ce phénomène. — L'un, le feu ; l'autre, la terre.

§ 23. En soi, j'ai ajouté ce mot, pour que la pensée fût plus claire, et pour que l'opposition qui suit fût plus évidente. — Indirectement, op- *po*é à : « en soi. » Simplicius et d'autres commentateurs ont été obligés aussi de faire des additions ana-

logues à celle que je me suis permise. — Quand le mouvement ne lui convient pas plus dans un sens que dans l'autre, ce qui n’est le cas ni de la terre ni du feu, parce que l’uu et l’autre de ces corps ont des tendances naturelles. — Le corps ne devrait pas demeurer immobile , sousentendu : u s'il avait quelque ten- « dance naturelle qui l’éloign&l du o centre. » — Non pas dans sa totalité, comme le feu, dont l'exemple est cité plus bas.

§ 24. C’est qu’en effet, la même théorie devrait être également applicable au feu, et si l'on suppose une fois qu’il est placé au centre, il faudra qu’il y demeure nécessairement immobile comme la terre ; car il sera dans un rapport parfaitement équilibré avec chacun des points extrêmes, quels qu’ils soient. Mais pourtant le feu sera toujours emporté loin du centre vers les extrémités , si rien 11e l’en empêche , ainsi que l’expérience nous le prouve. Seulement, il ne sera pas porté tout entier vers un seul point ; car cela n’est nécessaire que dans l’hypothèse de l’équilibre. Mais une partie proportionelle du feu sera portée vers la partie proportionelle de l'extrémité : je veux dire, par exemple, que le quart du feu sera porté vers le quart de l'extrémité ; car il n’y a pas de corps qui soit précisément un point. Mais de même qu’une chose, en se condensant, peut, d'un grand espace quelle occupait, passer dans un espace moindre, de même, d’un petit espace, peutelle en remplir un beaucoup plus grand, en se raréfiant. Il s’ensuit donc que, même d'après la théorie de l’équilibre, la terre devrait aussi, de la même manière, s'éloigner du

§ 24. La même théorie, celle qui suppose que c'eut l'équilibre et l'égale pression en tous sens qui maintienuent la terre au centre du monde; Voir plu» haut, § 19. — Équilibré, ou a semblable- » J'ai préféré ce premier mot, afin de reproduire comme le texte, celui dout je me «lis servi déjà. — Car ce/a n'est nécessaire que Hum l hypothèse de l’équilibre , la pensée reste obscure ; et j'ai craint de la préciser. Aristote semble vouloir dire que, dans la théorie d'Ana-

ximandre, c'est le corps tout entier qui serait retenu au centre par l'égale pression ; et qu'une partie du corps pourrait être soustraite à cette égale influencé. Mais il aurait fallu indiquer d'où pourrait venir cette différence. — Qui soit précisément un point, et qui n'ait pas de parties indéfiniment divisibles. — De la même manière, que le ferait le feu ; mais il semble que la terre est tellement différente du feu, qu'on n»* peut pas supposer quelle soit sujette aux

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