CHAPITRE XIV
Théorie particulière de l’auteur contre le mouvement de la terre ; loi de la chute des graves; la terre est immobile au centre du monde. Cette doctrine est d’accord avec l’astronomie mathématique. — Théorie particulière de l’auteur sur lu forme de la terre; cette forme est sphérique. Réponse à une objection contre cette théorie. Conjectures sur la constitution de la terre. Origine des éléments dont elle est composée. Preuve de la sphéricité de la terre, d’après les phases de la lune et les observations des astres. Petitesse relative de la terre; la dimension de sa circonférence est de de ûéO.OOO stades.
§ 1. Quant à nous, notre premier soin sera de rechercher si la terre est en mouvement, ou si elle reste immobile. Ainsi que nous l’avons déjà dit, tantôt on la comprend au nombre des astres ; tantôt on la place an centre du monde, et l’on prétend quelle y roule et quelle y tourne autour
même* variations. — N'était pas naturellement, c'eil à peu près la seule raison qu’Aristole donnera luimême de l'immobilité de la terre.
Elle est au centre par une loi de nature, et le centre est toujours immobile. — Toutes les conjectures, et
non pas précisément: «le* systèmes.»
CU. XIV , § 1 . Ainsi que nous l'avons déjà dit, voir plus haut, ch. (3, § ! . — On la comprend au nombre des astt'es, c’est la théorie de* Pythagoricien*. — Qu'elle y roule et qu'elle y tourne , c’e»t la théorie de Platon ;
TRAITÉ DI! CIEL
du pôle, qui est au milieu. Or, que cela soit impossible , c’est ce qu’on verra tout d’abord en remarquant que, dans l'hypothèse de son mouvement, soit qu’on la suppose hors du centre, soit qu’on la place au centre, il faut toujours nécessairement que ce mouvement soit pour elle un mouvement forcé ; car ce n’est pas là le mouvement propre de la terre elle-même, puisqu’ alors chacune deses parties devrait avoir aussi ce même mouvement. Or, on peut voir que, dans l'état présent des choses, tous les corps graves, sans exception, sont portés et descendent en ligne droite vers le centre. Il n’est donc pas possible que ce mouvement soit éternel, du moment qu’il est forcé et contre nature, tandis qu’au contraire l'ordre du monde est évidemment éternel. J'ajoute que tous les corps qui sont emportés par le mouvement circulaire, paraissent retarder dans leur course et avoir plus d’un mouvement de translation , si l'on en excepte la première sphère. Par suite, il faudrait nécessai-
voir le Timée, page 135 de la traduction de M. V. Cousin. — Autour du pô/e, qui est au milieu , c’est l'axe du uioode, pour prendre les expressions marnes de Timée. — C'est ce qu’on verru tout d abord , premier argument contre le mouvement de la terre : la terre ne peut pa* se mouvoir circulai renient, puisque nous voyons toutes ses parties n'avoir qu’un mouvement en ligue droite.
— Chacune de ses parties, par exemple, tous les corps graves qu’on laisse tomber à sa surface ; voir aussi plus loin, §4. — Tous tes corps graves sans exception, l’expression du texte est beaucoup plus vague. — En ligne
droite, mais non pas selon des lignes parallèles; voir plus bas, § 4. — L'ordre du monde est évidemment éternel, admirable principe, dont Aristote a fait le plus grand usage.
— - J'ajoute , second argument: la terre aurait plusieurs mouvements, si elle avait lo mouvement circulaire, comme les planètes. — Tous les corps, il ne s’agit que des planètes, puisque, quelques lignes plus bas, on excepte les étoiles fixes, qui appartiennent à la première sphère. — Retarder dans leur course , ceci ludique les rétrogradations apparentes de* planètes. — La première sphère, c'est-à-dire, celle des étoiles fixes et