‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 132 sur 212 · LIVRE II, CIL XIV, § C · texte numérisé non relu

LIVRE II, CIL XIV, § C

sairement au centre et y être immobile, soit d'après les causes que l’on vient d’expliquer, soit par cette autre cause que les corps graves lancés de force en l’air, une fois parvenus à leur niveau , reviennent au même point, quand bien même la force qui les aurait poussés les lancerait à l’infini. On voit donc bien évidemment, par tous ces motifs, que la terre ne se meut pas et quelle n'est pas en dehors du centre.

§ 6. Mais en outre, ce qu'on vient de dire doit nous expliquer du même coup la cause de son immobilité ; car si les corps, ainsi qu’on peut l'observer, sont portés de tous les points de la terre vers le centre , et que le feu soit porté, au contraire, du centre vers les extrémités, il est dès lors impossible qu’aucune des parties de la terre puisse s’écarter loin du centre, autrement que par force; car il n'y a jamais qu’un mouvement unique pour un corps uni-

clusion n'est pas rigoureuse, quoi qu'en pense Aristote. — Reviennent nu même point , sur la terre; et par conséquent, la terre ne se meut pas; car si elle était en mouvement le corps retomberait sur un autre point, que celui d’oii on l’aurait lancé. On voit que cette preuve n’est pas très-forte, bien qu’elle soit ingénieuse; et il faudrait que le mouvement de la terre fût prodigieusement rapide pour que la différence pût être sensible. Le corps lancé en l’air serait d’ailleurs entraîné dans le tourbillon de la terre.

— Les lancerait à l'infini , ce ne peut être qu’une hypothèse, puisqu’il est interdit à l’homme de produire un pareil mouvement. Il est constaté au contraire que les graves ne tombent

pas selon la verticale à partir de leur point de départ jusqu'à leur point d’arrivée à la surface de la terre. — On voit donc bien évidemment , même remarque qu’au début du §.

§ 0 .La cause de son immobilité , après avoir constaté le fait de l’immobilité de la terre, l’auteur explique la cause de cette immobilité: « Toutes a les parties de la terre et les corps « graves tendent au centre; à plus « forte raison, la terre elle-même « doit-elle tout entière être lixée au « centre. » — Et que le feu ou contraire, cette pensée ne fait pas bien suite à la précédente, et elle pourrait bien n’ètre qu’une iuterpolation. — Autrement que par force, le fait est viai; mais la conséquence qu’on en

que, un mouvement simple pour un corps simple ; et un même corps ne peut jamais avoir de mouvements contraires. Or, le mouvement qui part du centre est contraire à celui qui se dirige vers le centre. Si donc aucune partie de la terre ne peut être emportée loin du centre, à plus forte raison encore la terre entière ne peut-elle pas s’en éloigner ; car là où va naturellement une partie d’un corps, là aussi va le corps tout entier. Par conséquent, comme il est impossible qu’elle soit mue et déplacée, si ce n’est par une force supérieure, il faut nécessairement qu'elle reste au centre.

§ 7. Les démonstrations que les mathématiciens donnent en astronomie , témoignent également en faveur de la théorie que nous venons de présenter ; car les phénomènes se produisent par le changement des formes qui constituent l'ordre des astres, comme si la terre était au centre.

tire ne l’est pas. — Et un même corps, le telle n’est pas aussi formel. — Ne jteut être emportée loin du centre, ce phénomène eut eiact. — AV peut- elle pas s'en éloigner , on n'en voit pas aussi bieu la raison ; mais il faut se rappeler qu’un peu plus haut, Aristote a confondu le centre de la terre et le centre du inonde. — Là où va naturellement une partie d un corps, principe purement logique, qui ne se vérifie pas dans la réalité. — Si ce n'est par une force supérieure, Simplicius ne parait pas avoir connu cette phrase intercalaire ; ou du moins il n’y en a pas de trace daos son commentaire.

§ 7. Que les mathématiciens donnent, voir plus haut, ch. 10, §§ 1 et 2. Les Grecs avaient compris de très-bonne heure que les mathématiques peuvent être appliquées trèsutilement à l’astronomie; et il est probable qu’à cet égard ils sont allés beaucoup plus loin que les Chaldéens elles Égyptiens, leurs maîtres.— Par le changement des formes, on voit que pour Aristote la question était posée absolument comme pour la science moderne. Seulement on a mieui observé depuis lors le» phéuomènes célestes, et l'on a reconnu qu’on n’en pouvait rendre compte rigoureusement que par le mouvement de la terre, au lieu de son immobilité. Un

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