‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 138 sur 212 · LIVRE III, CH. I · texte numérisé non relu

LIVRE III, CH. I

deux autres classes de corps ; et il se trouvera qu’en traitant de ces objets, nous aurons étudié du môme coup la production et la destruction des choses.

§ 2. En effet, ou la production n’existe pas du tout, ou elle existe uniquement dans ces éléments dont nous parlons, et dans les corps que ces élémentsconiposent. Aussi, le premier point peut-être qu’il faut examiner, c’est de savoir s’il y a ou s’il n'y a pas de production réelle. Les philosophes qui se sont, avant nous, occupés de trouver la vérité à cet égard, ont combattu les principes que nous soutenons ici, de même qu'ils se sont mutuellement combattus. Ainsi, les uns ont affirmé qu'il n’y a ni production ni destruction ; et ils ont prétendu que rien ne naît ni ne meurt, et que c’est là une simple apparence, dont nous sommes les dupes. Telle est notamment l’opinion de Mélissus et de Parménide. Mais tout en ne laissant pas que de dire de fort bonnes choses sur bien des sujets, ils n’ont pas assez parlé en physiciens, il faut bien le reconnaître ; car soutenir qu’il y a des êtres incréês et absolument im-

ciel; voir plus haut, livre I, ch. 2 et 3. — Des deux autres classes de corps y le texte est un .peu moins précis. Ces trois corps, d’après Simplicius et saint Thomas, sont : d'abord le premier ciel, qui tourne circulairement; puis lu corps qui se dirige en bas, et enfin le corps qui se dirige en haut. — La production et la destruction des choses , c’est là ce qui rattache le petit traité de ce nom au Traité du ciel. Les détails qui suivent expliquent ce qu’il faut entendre par Génération et Corruption des choses; j’aurais pu conserver ces

expressions, que la tradition a consacrées; mai» elles sont étrange».

§ 2. Dont nous parlons , et dans les corps , le texte n’est pas aussi formel. — S'il y a ou s’il n’y a pas de productionf ce» questions sont reprises dans le traité spécial De la Production et de la destruction , livre I , ch. 3. — Qu’il ny a ni production ni destruction , c'est l’unité et l’immobilité de l’être. — Dont nous sommes les dupes , le texte n’est pas aussi formel. — Mélissus et Parménide , voir la réfutation étendue de leur système dans la

mobiles, c'est là l’objet d’une science différente, et peutêtre supérieure, bien plutôt que l'objet de la science de la nature. D'ailleurs, par cela même qu’ils soutenaient qu’il n’y a rien au monde que la substance des choses sensibles, et qu’ilsavaient soupçonné, les premiers, qu’il devait y avoir des natures immuables, pour que la connaissance ou la pensée fussent possibles, ils ont transporté aux objets des sens les théories qu'ils appliquaient d’abord aux êtres immuables.

§ 3. D’autres philosophes ont eu, comme on pouvait s’y attendre, une opinion toute contraire à celle-là ; et il en est qui ont soutenu qu'il n’y a rien d’incréé dans les choses, mais que tout doit naître ; que parmi les choses une fois nées, les unes demeurent impérissables, tandis que les autres périssent et meurent. C’est ce qu’a soutenu Hésiode, notamment, et parmi plusieurs autres après lui, ceux qui se sont occupés, les premiers, de l’étude de la nature. D’autres ont prétendu que, en effet dans ce monde, tout le reste naît et passe en s'écoulant, et que rien ne demeure constant, si ce n est celêtre unique et immuable d’où, selon

Physique , livre 1 , ch. 2 et tuiv., p. 433 et Buiv. de ma traduction. — L'objet dune science différente , voir la même pensée dan» la Physique, livre 1, ch. 2, § 3, p. 434 de ma traduction. — Des natures immuables , le texte n’est pas aussi précis.

— Aux objets des sens.... aux êtres immuables , même remarque. J ‘ai suivi le sens adopté par Simplicius. C’eut d'ailleurs un assez grand éloge adressé à Mélissus et à Parménide; et dans U Physique, ils ne

sont pas traités aussi favorablement.

§ 3. D'autres philosophes, la suite prouve qu’il s'agit des philosophes de l’école d’Ionie. — Périssent et meurent , il n'y a qu’un seul mot dans le texte. — Hésiode notamment t l’autorité d’Hésiode est encore invoquée par Aiistote dans la Physique, livre IV , ch. 2, § 7, p. 142 de ma traduction; il est cité aussi dans la Métaphysique , livre I, p. 138 de la traduction de M. V. Cousin. — Ceux qui se sont occupés de l’étude de ta

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