LIVRE III, CH. I
à tous les corps naturels ; car en supposant même qu'il y ait en effet de l’indivisible, il est du moins impossible que le divisible soit dans l’indivisible. Mais pour les corps naturels, les modifications qu'ils présentent sont toutes divisibles de deux façons : ou elles se divisent selon l’espèce, ou elles se divisent selon l'accident. Selon l'espèce, c’est par exemple, pour la couleur, le blanc et le noir ; et selon l’accident, c’est qu’il faut bien que la chose où l’accident se trouve, soit divisible elle-même. Donc, toutes les modifications simples des choses sont divisibles de la façon qu’on vient de dire. § 8. Aussi, faut-il bien voir à quelles impossibilités on aboutit avec les théories de ce genre. Par exemple, il est bien impossible que les deux parties d’un tout n’ayant séparément aucun poids, ces deux parties réunies puissent en avoir un, tandis que les corps sensibles, soit tous, soit du moins quelques-uns, ont de la
lurels , comme le» propriétés qui sont énumérées plus bas , le blanc et le noir , c'est-à-dire une couleur quelconque. — Que le divisible soit dans l'indivisible , l'expression est bien vague; mais ceci veut dire qu’un point, par exemple, étant supposé indivisible , ne peut avoir aucune des qualités inhérentes à un corps naturel qui est toujours divisible. — Pour les corps naturels , j’ai ajouté ces mots, qui sont implicitement dans le texte et qui éclaircissent la pensée.
— Selon l'espèce , ceci se corapreud bien ; Selon l’accident, se comprend moins; et l’exemple cité un peu plus bas n'est pas non plus très-net. Les modifications des corps naturels se divisent selon l’espèce , c'est-à-dire
quelles ont plusieurs espèces ; elles se divisent selon l’accident , c'est-àdire qu’elles se divisent avec la substance même où elles sont en tant qu'accidents. D’ailleurs, ces distinction peuvent paraître bien subtiles. — Le blunc et le noir , qui se trouveraient à la fois dans un même corps , comme le remarque saint Thomas. — Sont divisibles , et par conséquent, ne peuvent se trouver dans les êtres mathématiques, qui sont indivisibles.
§ 8. Deux parties cf un tout , co seraient , si l'on veut , deux points composant uue ligne; deux lignes composant une surface. — Soit du moins quelques-uns, celte restriction vient de ce qu'on croyait l'air et
pesnnteur, comme en ont la terre et l’eau. De telle sorte, diraient nos philosophes, que si le point n’a pas de pesanteur, les lignes évidemment n'en ont pas non plus-, et si les lignes n’en ont pas, les surface' n’en ont pas davantage ; et alors aucun corps n’a de pesanteur. § 9. J'avoue qu’il est bien évident qu’un point ne peut pas avoir une pesanteur quelconque ; car tout ce qui est pesant peut être plus pesant qu’une autre chose ; tout ce qui est léger peut être plus léger qu’une autre chose aussi. Mais il n’est peut-être pas également nécessaire que le plus lourd ou le plus léger soit essentiellement lourd ou léger, de même que le grand peut être plus grand, sans que néanmoins ce plus grand soit absolument grand, puisqu’il y a une foule de choses qui, étant absolument petites, sontcependant encore plus grandes que certaines autres choses. Si donc ce qui est lourd, devenant plus lourd, doit nécessairement aussi devenir plus grand, il faut alors que toute chose lourde soit divisible. Or, on suppose que le point est indivisible.
§ 10. D’un autre côté, si le lourd est dense, le léger dès
le feu sans poids quelconque. — La terre et l'eau, à la différence du feu et de l’air. — Nos philosophes , le texte est un peu moins précis. — Aucun corps na de pesanteur , contre le témoignage irrécusable de uosaens, qui nous attestent que le» corps «ont pesants.
§ 9. J'avoue, l’expression du texte n’est pas aussi précise. — Ne peut pas avoir une pesanteur quelconque, parce que tout ce qui a de la pesanteur est nécessairement divisible, et qu on
a supposé que le point est indivisible. — Soit essentiellement , j’ai ajouté ce mot qui est justifié par ce qui suit, et qui éclaircit bien la pensée. Une chose est plus lourde, si on la compare à une autre chose de différente espèce ; et elle cesse de Vôtre, si onia compare à une chose de la môme espèce. — Ce plus grand soit absolument grand , dan» l'espèce à laquelle il appartient.
§ 10. D'un autre côté, nouvel argument contre la possibilité de com-