‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 141 sur 212 · LIVRE III, CH. I · texte numérisé non relu

LIVRE III, CH. I

lors doit être rare, et le dense diffère du rare, en ce qu’il contient davantage sous un même volume. Si donc le point est lourd et léger, il faut aussi qu'il soit, en outre, dense et rare; or, le dense est divisible, et l’on suppose que le point est indivisible.

§ 11. Mais si tout corps pesant doit être nécessairement dur ou mou, on peut plus facilement encore tirer de là une nouvelle impossibilité, contrela théorie que nous combattons. Ainsi, un corps mou est celui qui peut rentrer et céder sur lui-même ; le corps pesant et dur, est celui qui ne cède pas ; or ce qui cède est divisible.

§ 12. 11 ne peut pas y avoir davantage de poids formé par des choses qui sont sans poids quelconque. En effet, quelle quantité de ces éléments faudra-t-il pour former un poids? De quelle espèce les faudra-t-il? Comment répondre à ces questions, si l’on ne veut pas se jeter dans les rêveries ? Si tout poids plus fort est plus lourd que tel

poser les corps avec des surfaces. Le point étant supposé indivisible ne peut pas plus être dense ou rare qu'il ne peut être lourd ou léger; et cependant les corps naturels sont rares ou denses, de même qu'ils sont légers ou lourds. — II contient davantage sous un même volume , et par conséquent, il est divisible. — Et l’on suppose que te point est indivisible, conclusion analogue à celle du § précédé ut.

§ il. Mais si tout corps pesant, troisième argument. — Plus facilement encore , on ne voit pas que cette objection soit plus péremptoire que celles qui précèdent. — Contre la

théorie que nous combattons , j’ai ajouté ces mots qui m’ont paru indispensables pour compléter la pensée. — Rentrer et céder , il n’y a qu’un seul mot dans le texte. — Or, ce qui cède est divisible , et comme le point est supposé indivisible, il ne peut être ni dur ni mou, pas plus qu’il ne peut être deuse ou rare, grand ou petit.

§ 12. Il ne peut pas y avoir davantage, ceci est en partie la répétition de ce qui a été dit plus haut, au § 8. — Qui sont sans poids quelconque, comme les points mathématiques. — Se jeter' dans les rêveries , Aristote sent lui-même que toutes ces théories

autre poids, par le poids qu’on y ajoute, il en résultera que même chacune des choses qui sont sans parties, auront cependant, prises à part, un certain poids. Par exemple, si quatre points forment un certain poids, le corps qui aura davantage de points, fera ainsi un poids plus lourd que celui de l’autre corps qui a déjà un poids. Mais ce qui est plus pesant qu’un corps déjà pesant, est pesant nécessairement, de même qu'un objet qui est plus blanc qu’un autre objet blanc, est blanc aussi. Par conséquent, le corps qui l’emporte d’un seul point, restera toujours plus lourd que celui auquel on a enlevé une quantité égale ; et par conséquent encore, un seul et unique point aura aussi de la pesanteur.

§ 18. Mais en outre, il est absurde de croire que les surfaces ne peuvent se composer et se réunir que suivant la ligne ; car, de même que la ligne peut se composer avec la ligne, de deux façons, en longueur et en largeur, de

«ont bien subtiles. — Qu'on y ajoute , ceci n'est pas dans le texte. — Chacune des choses qui sont sans partir* , c’est-à-dire les points, qu’on suppose indivisibles. — Prises à part , j'ai ajouté ces mots, pour que la pensée fût plus précise. — Que celui de Vautre corps qui a déjà un poids, le texte n'est pas aussi formel; mais le sens ne peut être douteux. — Aura aussi de la pesanteur , ce qui est contre l’hypothèse , puisque le point étant indivisible doit être aussi sans pesanteur.

§ !3. Il est absurde de croire, comme le faisaient leB Pythagoriciens, et peut-être aus*i Platon dans le Timée. D'ailleurs, l’objection pré-

sentée dans ce § n’a pas la netteté désirable, et le commentaire de Siraplicius n'aide pas beaucoup à la lui donner. — Se composer et se réunir , il n’y a qu'un seul mot dans le texte. — Que suivant la ligne , c’est-à-dire en se mettant bout à bout. 11 ne semble pas que cette exposition de la doctrine pythagoricienne soit trèseiacte, et Alexandre d’Àphrodisée, ainsi que Simplicius, n'approuvent pas tout à fait la manière dont Aristote la présente. — En longueur et en largeur , c'est-à-dire en se mettant bout à bout et en se superposant. La Largeur signifie aussi la profondeur, quand il s’agit des solides et non plus des surfaces. — De ces

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