‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 143 sur 212 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Tous les corps simples et élémentaires ont un mouvement naturel qui leur est propre; erreur d’Empédocle, de Leuclppe et de Démocrite;erreurde Platon, dans le Timce, sur l’ordonnance primitive du monde. Nécessité d'un premier moteur. Anaxagore a eu raison de croire & l'immobilité primordiale des éléments. Tout corps est nécessairement pesant ou léger. La génération ne se comprend qu'à la condition d'un vide préalable.

§ 1. Il faut nécessairement que tous les corps simples soient par nature doués de quelque mouvement ; et voici

§ 17. Unités ou monade s numériques , il n’y a qu’un seul mot dans le texte. Ce paragraphe résume la fin de cette discussion; mais il n'en résume pas la partio principale contre la théorie qui ne voit dans les corps que des surfaces. 11 manque donc ici une conclusion du genre do celles qn'Ariatote fait habituellement. 11 parait, d’après la vieille traduction qu’emploie saint Thomas, que la tradition ajoutait ici, selon quelques manuscrits, une phrase qui pouvait servir de conclusion. Mais rien n'indique dans nos manuscrits ni dans

le commentaire de Simplicius que cette phrase fût connue de l’antiquité.

Ch. II. § 1 . Il faut nécessairement , ce chapitre ne parait pas se lier très-directement à celui qui précède; mais en se reportant au dernier chapitre, § 4, on voit qu’Aristote, voulant réfuter la théorie des surfaces , promet de parler ailleurs des philosophes qui ont nié le mouvement. C'est sans doute cette promesse qu’il tient ici. — Les corps simples , la terre, l’eau, l’air et le feu ; et par suite, les corps qui sont

ce qui le prouve bien, c’est qu’étant de toute évidence en mouvement, ainsi qu’on peut l’observer, il faudrait qu’ils fussent soumis à un mouvement forcé, s’ils n’avaient point un mouvement qui leur fût propre ; car le forcé et l’antinaturel sont une seule et même chose. Or, s’il y a un mouvement qui soit contre nature, il faut aussi qu’il y en ait un qui soit selon la nature, et auquel le premier sera contraire. Mais s’il peut y avoir plusieurs mouvements contre nature, il ne peut jamais y en avoir qu'un seul qui soit selon la nature ; car tout ce qui est selon la nature est absolu et simple, tandis que dans chaque cas l'anti-naturel peut avoir plusieurs mouvements.

§ 2. Mais ceci n’est pas moins évident si l’on considère le repos, au lieu du mouvement, parce qu’il faut aussi de toute nécessité que le repos soit ou forcé ou naturel. Un corps demeure par force en repos dans le lieu où il est porté par force, et il reste naturellement là où il est naturellement porté. Puis donc qu évidemment il y a un corps qui demeure au centre, si c’est selon les lois de la nature qu’il y demeure immobile, il est clair aussi que le mouvement qui l’y porte est conforme à la nature. Mais si c'est par force qu’il y est porté, quel est alors ce quelque chose

composés de ces corps simples. — Étant de toute évidence en moutement, c’est un principe qu’Aristotc admet sur le témoignage irrécusable des sens, et qu’il ne veut pas discuter ; voir la Physique, livre 1, ch. 2, § 6, p. 436 de ma traduction , et aussi livre 11 , ch. 1, § H, p. 4. — Le forcé et t anti-naturel , j'ai conservé l'indécision du texte. — Plusieurs

mouvements, le texte n'est pas aussi formel ; mais le sens ne peut faire de doute.

§ 2. Au lieu du mouvement , j’ai cru ceci nécessaire pour compléter la pensée. — Ou forcé ou naturel , voir la Physique, livre V, ch. 9, § 3, p. 233 de iua traduction. — Un corps qui demeure au centre, ce corps est la terre, dans le système d’Aristote. —

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