‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 146 sur 212 · LIVRE III, CH. II · texte numérisé non relu

LIVRE III, CH. II

§ 8. C’est là ce que parait avoir très-bien compris Anaxagore, en faisant commencer la formation du monde par des éléments immobiles. D'autres philosophes essayent bien aussi, en réunissant primitivement les éléments, de les faire ensuite mouvoir comme ils peuvent, et de les séparer. Mais il n’est pas très-rationnel de supposer que la génération puisse venir d’éléments isolés et en mouvement. Aussi voilà pourquoi Empédocle lui-mème a renoncé à la génération qu’il fait sortir de la Concorde ; car il lui était bien impossible de composer le ciel, en le formant d’abord d’éléments séparés, et en tâchant ensuite de les combiner par la Concorde, qui les rapproche. L’ordre du monde n’a pu venir que des éléments divisés ; et par conséquent, il fallait, de toute nécessité, que ces éléments vinssent primitivement de quelque tout unique et compact.

§ 9. On voit donc, d’après toutceci, qu’il y a pour chaque corps un certain mouvement naturel, qu’ils ne reçoivent pas par force, ni contre nature. Mais voici ce qui prouve qu’il faut nécessairement que quelques corps soient soumis à l’action de la pesanteur et de la légèreté. En effet.

au hasard y voir la réfutation du système du hasard dans U Physique, livre II, ch. 4, p. 29 etsuivautes de ma traduction.

§ 8. Par des éléments immobiles, 6elon Anaxagore, toutes choses étaient mêlées et immobiles, quand l'Intelligence vint y apporter l'ordre et le mouvement; Physique, livre VIII, ch. 1, § 4, p. 4L5 de ma traduction et la note sur Anaxagore. — D’autres philosophes, Thaïes, A na xi mène et Héraclite, d’après Simplicius. — Comme ils peuvent , cette nuance

d'ironie est dans le texte. — L'ordre du monde, le texte dit simplement:

a Le monde. »

§ 9. On voit donc , la conclusion n'est pas très- rigoureuse. — Naturel,... contre nature , la répétition est dans le texte. — Que quelques corps , il semble qu'il faudrait dire Tous au lieu de Quelques , puisque tous les corps dans le système d'Aristote sont ou légers ou pesants.

D’après Simplicius , il s’agit seulement ici des corps qui se meuvent en ligne droite , à l'opposé de ceux

nous affirmons que le mouvement leur est absolument nécessaire. Mais si le corps qui est mis en mouvement n’a pas de tendance naturelle, il est dès lors impossible ni qu’il se dirige vers le centre, ni qu'il s’éloigne du centre. Soit par exemple, A, le corps sans pesanteur ; soit B, le corps pesant. Que le corps qui est sans pesanteur, parcoure la ligne C D ; et que le corps qui est pesant, parcoure, dans un temps égal, la ligne C E ; car le corps qui est pesant, sera porté plus loin que celui qui ne l’est pas. Si donc le corps pesant est divisé dans le rapport de C Eà CD, et il peut être divisé selon ce rapport, relativement à une de ses parties , le corps entier parcourant la ligne entière C E, il faudra nécessairement que sa partie parcoure, dans le même temps, la ligne C D. Donc, le corps pesant et le corps sans pesanteur parcourront une ligne égale ; or, c’est là une chose impossible. Même raisonnement aussi pour la légèreté.

qui se meuvent circulaircment. — Si le corps ... n’a pas de tendance naturelle , c'est la première hypothèse. Le corps qui est supposé n’avoir pas de tendance naturelle, n'est ni lourd ui léger; et dès lors, il ne pourrait ni se diriger vers le centre comme la terre, ni s’en éloigner comme le feu. — Le corps qui est sans pesanteur parcoure la ligne CD, on ne comprend pas bien qu'un corps sans pesanteur puisse parcourir un espace quelconque; mais a Sans pesanteur 0 signifie ici un corps qui est léger et qui s'élève, comme le feu, par son mouvement naturel. Ainsi uu des deux corps que l’on compare mon>e, tandis que l'autre descend. — Sera

porté plus loin, ceci ne se comprend pas bien; et il serait possible que l’un des deux corps montât tout autant que l'autre descend. — Est divisé dans le rapport de CE à CD, c’està-dire que le corps peut être divisé en deux parties, dont l’une serait à l'autre dans ce rapport où seraient ces deux lignes. — Or, c’est là une chose imjiossihle, cette impossibilité n’est pas suffisamment démontrée ; et l’on ne voit pas que l'emploi des formules littérales ait beaucoup servi à éclaircir la pensée. — Même raisonnement aussi pour la légèreté, c'est-à-dire, en supposant que les deux corps s'élèvent au lieu de descendre, par leur tendance naturelle.

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