‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 156 sur 212 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Du nombre réel des éléments. Réfutation des systèmes qui ne reconnaissent qu'un seul élément. Importance exagérécque quelques philosophes ont attribuée au feu. Un seul élément n'a pu former l’ensemble des choses par sa condensation et sa raréfaction. Erreur commune à tous les systèmes qui n'admettent qu'un élément unique ; ils méconnaissent la nature et la réalité des mouvements. Les éléments sont multiples et finis.

§ 1. Le nombre des éléments étant nécessairement limité, reste à savoir s'ils sont plusieurs, ou s’il n’y en a qu’un seul. En effet, quelques philosophes ont admis qu’il n’y a qu’un seul et unique élément, ceux-ci prenant l'eau pour cet élément unique, d'autres l’air, d’autres prenant le feu ; d’autres enfin supposant un élément plus léger que l’eau, et plus lourd que l'air, qui, dans son immensité et son infinitude, embrasserait touslescieux. Mais en admettant que ce seul élément est l’eau ou l’air, ou cette autre substance plus légère que l’eau et plus lourde que l’air, et en composant tout le reste de l’univers par la raréfaction ou la condensation de cette substance unique, ces philosophes ne s’aperçoivent pas qu’ils supposent même quelque chose d'antérieur à leur élément prétendu ; caria

Ch. V, § 1. Ceux-ci prenant r eau, c’est Tbalès et les premiers Théologiens. — D'autre prenant Voir, c’est Anaxtmène et Diogène d’Apollonie. — D'autre s prenant le feu , c’est Hippase de Méta ponte et Heraclite d’Kphèse. — Un élément plus léger que l’eau , d’après Simplicius,

cette théorie appartient à Anaximandre, concitoyen et ami deTh&lèt; voir pour tous ces systèmes la Métaphysique, livre I, ch. 3, p. 134 et 135 de la traduction de M.V. Cousin. — De cette substance unique , j’ai ajouté ces mots pour compléter la pensée.

— Quelque chose d’antérieur , une

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