LIVRE III, CH. V
production qui vient des éléments est, comme ils le disent, une combinaison de ces éléments, et la production qui retourne à ces éléments est une dissolution. Il faut donc, par conséquent, que le plus léger soit par sa nature antérieur à tout le reste ; et comme ils prétendent que c’est le feu qui est le plus léger des corps, il s’ensuit que naturellement le feu devrait être le premier de tous. Peu importe, du reste, que ce soit le feu ou tout autre élément; car il faut toujours qu’un quelconque des autres éléments soit le premier, et ce ne peut pas être celui qui est intermédiaire.
§ 2. Mais expliquer et engendrer tout le reste des choses par la condensation et la raréfaction d’un seul élément, cela revient à le faire par la légèreté ou la pesanteur ; car ce qui est léger est rare ; ce qui est pesant est dense, tout le monde l’accorde. Or, expliquer les phénomènes par la légèreté et la pesanteur, c'est encore la même chose que les expliquer par la grandeur et par la petitesse ; car, ce qui a de petites parties est léger, de même que ce qui en a de grandes est pesant. En effet, ce qui est étendu sur une vaste surface est mince et léger; et c’est précisément ainsi qu’est ce qui se compose de petites parties. Donc ces
cause qui aura donné le mouvement à cet élément unique. — La production qui retourne à ces éléments, j’ai conservé le mot de production, qui est dans le texte ; mais il ne signifie ici que Changement, Modification ; et cette production , ce Devenir , est plutôt une destruction qu'une génération proprement dite.
— Il faut donc t la conclusion ne
parait pas évidente, et la pensée reste obscure, parce qu’elle n’est pas assez développée. — Que le plus léger soit par sa nature antérieur , on ne voit pas en quoi ce principe est nécessaire.
§ 2. Expliquer et engendrer tout , il n’y a qu un mot dans le texte. — Or expliquer les phénomènes , le texte est moins formel. — Ce qui a
philosophes ne distinguent et ne divisent la substance qui forme les autres choses, que par la grandeur et la petitesse; et avec ces définitions, ils en arrivent à réduire toutes choses à n’être que des relations. Dès lors, rien ne sera absolument, ceci du feu, cela de l’eau, cela de l’air ; mais la même chose sera relativement à celle-ci, du feu, et relativement à celle-là, de l’air. C’est là, du reste, la conséquence où l’on aboutit, même en admettant que les éléments sont plus d’un, mais en admettant toujours qu'ils ne diffèrent qu’en grandeur et en petitesse ; car, du moment que les corps ne sont déterminés que par la quantité qu’ils présentent, il n’y a plus qu’un rapport proportionnel des grandeurs les unes aux autres. Par conséquent, les corps qui ont précisément entr’eux ce rapport spécial, doivent nécessairement être l’un de l’air, l'autre du feu, tel autre de la terre, tel autre de l’eau, parce que les rapports des plus petits se trouvent être aussi dans les plus grands.
§ 3. 11 est vrai que les philosophes qui prennent le feu
de petites parties est léger, ceci est obscur, en ce qu'il aurait fallu dire ce qu’on entend par de petites parties. — Ne distinguent et ne divisent, ce* deux mois sont nécessaires pour rendre toute la force de l’expression grecque. — Que des relations, et k n'avoir plus rien de substantiel ; voir les Catégories , ch. 5 et 7, p. 60 et 8t de raa traduction.— Mais en admettant toujours , le texte n’est pas aussi e plicite. — Que par la quantité qu'ils présentent , même remarque. — Se ti'ou vent être aussi dans les plus grands,
Alexandre d'Aphrodisée trouvait ce passage obscur ; et il le comprenait en ce sens que des corps plus grands que d’autres, s'il sont plus grands par rapport à ces premiers, peuvent être aussi plus petits par rapport k d'autres corps plus grauds qu'eux.
Simpiicius n’approuve pas tout à fait cette explication ; et elle ne semble pas en effet la meilleure qu'on puisse donner . Aristote veut dire sans doute que les plus grauds corps, comme les plus petits , ne seraient plus dans ce système que des relations et uou de véritables substauces.