LIVRE III, CII. V
que l’élément de l’air sera divisible ; et de même, pour celui du feu, et, d’une manière générale, pour les corps plus ténus. § 7. Mais s’il est divisible, ceux qui donnent une forme au feu arriveront à cette conséquence que la partie du feu n’est plus du feu, parce que la pyramide ne se compose pas de pyramides ; et de plus, que tout corps n’est plus un élément ou un composé d’éléments, puisque la particule de feu n’est plus du feu, ni aucune autre espèce d'élément.
§ 8. Pour ceux, au contraire, qui ne déterminent les corps que par la grandeur, on peut leur répondre qu’il faut toujours, dans leur système, qu’il y ait un élément anlérieurà leur élément ; et ils doivent aller ainsi à l’infini, si tout corps est divisible, et que la plus petite partie possible soit en effet l'élément réel. § 9. Ils sont amenés à soutenir, en outre, qu’une seule et même chose est feu, relativement à telle autre chose, air par rapport à une autre, et même de l’eau et de la terre.
ment de l'air sera divisible , puisqu’on l a supposé plus grand que l’élément de l’eau. — De même pour celui du feUy qu’on a supposé aussi plus grand que celui de l'eau el de l’air. — Pour les corps les plus ténus y et plus ténus que le feu, s’il yen a; l’éther, par exemple.
§ 7. Ceux qui dorment une forme au feu , voir plus haut, § 4. — Ne se compose pas de pyramides , l’objection est vraie ; mais elle est purement logique ; et ce n'est pas étudier d'assez près, comme on l'a dit plus haut , la réalité des choses.
§ 8. Qui ne déterminent les corps
que par la grandeur , l'expression du texte est encore moins précise. Cela veut dire sans doute : « Pour ceux qui ne voient entre les corps d’autres différences que celle de leur grandeur. » — On peut leur répondrey le texte n'est pas aussi formel.
— Antérieur à leur élément , et par conséquent, ce qu'ils donnent pour un élément n'eu est véritablement pas un.
§ 9. Qu’une seule et même chose est feu , il suffit, en effet, que la grandeur varie pour que la nature de la chose varie également. C’est là au fond le système des atomes. Ils
§ 10. Une erreur commune de tous ceux qui n’admettent et ne supposent qu'un élément unique, c’est de n'attribuer aussi aux corps qu’un seul et unique mouvement naturel, et de croire que ce mouvement est le même pour tous les corps sans exception ; car nous voyons que tout corps na turel possède en lui le principe du mouvement. Si donc tous les corps sont une seule et même chose, comme on le dit, il n'y a dès lors qu’un seul et unique mouvement pour tous ; et plus le corps est considérable, plus aussi il se ment avec rapidité, comme le feu qui, suivant sa direction naturelle, se porte d'autant plus vivement en haut qu’il est plus considérable. Mais quand les choses sont eu grande quantité, elles sont aussi portées plus vite en bas.
§ 11. Puis donc qu’il a été démontré antérieurement qu’il y a plusieurs mouvements naturels, évidemment il est impossible qu’il y ait un seul et unique élément; et du moment que les éléments ne sont pas en nombre infini, et qu’il n’y en a pas uniquement un seul, il faut nécessairement qu’ils soient plusieurs et qu’ils soient en nombre fini.
sont identiques en tout; et ils sont en toutes choses dans des proportions diverses.
§ 10. Une erreur commune , l'objection est très-forte; et si en effet il n‘y avait qti'un seul élément , les corps ne devraient avoir aussi qu'un seul mouvement identique pour tous, soit en haut, soit en bas. — Saturel, et non forcé. — Possède en lui le principe du mouvement , voir la Physique, livre 11, ch. 1, § 4, p. 2 de ma traduction. — Comme on le
dit , j'ai ajouté ces mots pour éclaircir la pensée. — Plus le corps est considérable, on pourrait comprendre aussi qu'il s’agit du mouvement au lieu du corps; l’expression du texte semblerait même prêter davantage à ce dernier sens. — Mais quand les choses , le texte n’est pas aussi explicite.
§ 11. Antérieurement, dans la Physique, livre V, ch. 3, § 1, p. 287 de ma traduction. — Qu'ils soient en nombre fini, ou d'une manière