CHAPITRE VII
De la génération réciproque des éléments sortant les uns des autres; réfutation des théories d'Empédocle et de Démocrite, et du système qui résout les corps en simples surfaces. Conséquences insoutenables auxquelles mènent ces théories; elles ne sont pas d'accord avec les faits; et elles contredisent les résultats les plus certains des sciences exactes. Manière possible de comprendre que les éléments puissent venir les uns des autre». Rôle exagéré qu’on prête à l’élément de la terre
§ 1. Il nous faut donc considérer de nouveau quel peutêtre le mode de cette génération réciproque, et nous demanderai elle a lieu comme le disait Empédocle et Démocrite, ou comme le disent, ceux qui résolvent les corps en surfaces; ou bien, s’il y a encore quelqu’ autre mode de génération différent de ceux là. Empédocle et Démocrite ne s’aperçoivent pas qu’il ne font pas réellement une génération réciproque des éléments les uns par les autres, mais une simple apparence de génération; car d’après eux, chaque élément existant préalablement en soi, s’est séparé, et la génération s’est faite, comme si elle sortait en quelque façon, d’un vase qui l’aurait contenue, sans que l’élément se soit produit en venant de quelque matière, et en subissant quelque changement. §2. Mais la génération se passerait même ainsi, que les
Ch. VII , § t .De nouveau , voir plus haut, ch. 3. — Qui résolvent les corps en surfaces, les Pythagoriciens; voir plus haut , ch. I , § 4. — Qui Courait contenue , j'ai ajouté ces
mots; la génération était dès lors toute faite, et ce n’est pas l’etpliquer suffisamment que de la concevoir ainsi.
§ 2. Mais la génération se passe-
conséquences de cette théorie n'en seraient pas moins insoutenables. line même grandeur, en se réduisant par la pression quelle subit, ne doit pas évidemment acquérir plus de poids; or, il faut soutenir que cela est cependant, quand on prétend, comme eux, que l’eau sort et se sépare de l'air, où elle existait préalablement, puisque l’eau, quand elle est sortie de l’air, est plus lourde que lui. § 3. De plus, quand les corps sont mélangés simplement entr’eux, il n’est pas nécessaire que l’un des deux, qui vient à se séparer, tienne toujours plus de place qu’ auparavant; mais quand l’air naît et sort de l’eau, il occupe plus d’espace, parce que le corps qui a les parties les plus ténues tient le plus de place. C'est ce qu’on peut bien voir, avec pleine évidence, dans le passage d’un des éléments à un autre. Ainsi, lorsque le liquide vient à se vaporiser et à se changer en air, les vases qui contiennent les volumes de ces éléments se brisent,
rait, l’expression du texte est beaucoup plus générale. — En se réduisant par /apre-tttort,Siinplicius cite, comme uu exemple, un manteau, qui ne pèse pas plus quand on le plie que quand il est déplié , et un paquet de laine, qui n'est pas plus lourd parce qu’on le presse. — Il faut soutenir que cela est cependant , l’argument n’est pas très-bon. — Sort et se sépare , il n'y a qu’un seul mot dans le texte.
§ 3. De plus , autre argument contre la théorie de Démocrite et d’Empédocle. — Simplement , j'ai ajouté ce mot. — Kntr'eux , il faut ajouter ici quelque chose pour que
la pensée soit complète : « Ainsi que le soutiennent Empédocle et Démocrite » , qui admettent que les éléments viennent les uns des autres par simple séparation. — Il n est pas nécessaire % o comme on le prétend, »
sous-entendu. — Sait et sort de Veau , il n'y a qu’un seul mut dans le texte. — Dans le passage d'un des éléments à un autre , l’eau se vaporisant , comme dans l’exemple qui suit, ou la glace fondant et passant à l’état liquide. — A se vaporiser, par la chaleur du feu. — Les vases se brisent, cet effet est produit par la glace fondante plus ordiuaireinent encore que par la vapeur. —