‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 163 sur 212 · LIVRE III, CH. VII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CH. VII

parce qu’ils sont trop étroits. Par conséquent, s’il n’y a pas du tout de vide et que les corps ne se dilatent pas, comme le prétendent ceux qui soutiennent ces théories, il est évident que le phénomène serait impossible. Et s’il y a du vide et s’il y a dilatation des corps , il est absurde de soutenir que le corps qui se sépare, tienne toujours nécessai remeut plus de place qu' auparavant.

§ lt. Mais, nécessairement encore, la génération réciproque des éléments est impossible, si l’on n'admet pas que, dans une grandeur limitée, il puisse y avoir une infinité de grandeurs finies. En effet, quand l’eau se forme, en se séparant de la terre, quelque chose est enlevé à la terre, si, comme on le dit, la génération se fait par la séparation des éléments; et une seconde fois, il en est encore de même, quand l’eau se sépare de nouveau de la portion de terre qui reste. Si donc cette séparation est toujours possible, il s’ensuit qu’il pourra y avoir des divisions infinies dans un corps fini. Mais comme c’est là une chose impossible, il en résulte que les éléments ne peuvent pas naître toujours les uns des autres. Ainsi

S’il n’y a pas du tout de vide , c’est là aussi l’opinion que soutient Aristote; voir la Physique, livre IV, ch. 8, p. 184 et auiv. de ma traduction. — S’il y a du vide , comme le soutient Déraocrite. — Plus de place qu auparavant , parce que le corps en se dilatant aurait tout d’abord rempli ce vide.

§ 4. Mais nécessairement encore , cette répétition est dans le texte, —

Si l'on n’admet pas .... qu’il puisse y avoir, ou bien encore : « puisqu'il ne peut pas y avoir. » Il est bien entendu que ceci doit être pris au sens matériel. En réalité, la divisibilité des corps trouve bien vite sou terme; mais logiquement, elle est infinie; voir la Physique , livre III, ch. 10, § 4, p. 127 de ma traduction.

— Comme on le dit, j’ai ajouté ces mots, — Dans un corps fini , et ma-

donc, il est prouvé qu’ils ne peuvent se permuter les uns dans les autres par leur simple séparation.

§ 5. Reste que les éléments puissent se produire en se changeant les uns dans les autres. Or ce phénomène peut avoir lieu de deux façons : ou par une transformation véritable, comme avec le morceau de cire on peut faire indifféremment un cube ou une sphère ; ou par leur résolution en surfaces, comme quelques philosophes le prétendent. Or, si c’est par une transformation, on arrive nécessairement à admettre que les corps sont indivisibles; car s’ils étaient divisibles, une partie de feu ne serait plus du feu ; une partie de terre ne serait plus de la terre, attendu qu’une partie de pyramide n’est plus une pyramide, ni une partie de cube, un cube.

§ 6. Si c’est par la résolution en surfaces, une première erreur de ce système, c’est de ne pas admettre que tous les éléments puissent naître les uns des autres ; car c’est là ce que devraient accorder ces philosophes, bien qu’ils ne l’accordent pas. En effet, croire qu’un seul élément

termes | plus haut, ch. 5, § 7.

§ 6. Si c’est par la résolution en surfaces, Aristote va réfuter longuement cette théorie et y opposer des arguments qui , d’après Simplicius, sont au nombre de quinte, et se développent dans la fin de ce chapitre et dans tout le suivant. Simplicius remarque d'ailleurs qu* Aristote a déjà traité ce sujet, au commencement de ce livre; il atteste aussi que Proclus de Lycie avait fait un ouvrage spécial sur toute cette discussion d’Aristote. — Un seul élément , cet élément unique est la terre, comme il

tériellement limité. — Par leur simple séparation , comme l'ont soutenu Empédocle et Démocri te.

§ 5. Par une transformation véritable y j’ai ajouté ce dernier mot pour compléter la pensée. -*• Leur résolution en surfaces , voir le § suivant, où commence toute cette discussion, qui durera jusqu'à la fin de ce livre; voir aussi plus haut, ch. 7, § 1, et ch. 1,§ 4. — Comme quelques philosophes le prétendent, les Pythagoriciens. — Car s’ils étaient divisibles, voir un passage tout à fait analogue et presqu’identique dans les

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