‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 169 sur 212 · LIVRE III, CH. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CH. VIII

que du plus au moins. Or, cette supposition est évidemment une erreur. § 8. Il résulterait encore de ce système que les corps mathématiques eux-mêmes seraient capables de brûler et d'échauffer, puisque ces corps ont aussi des angles, et qu’il y a également parmi eux des insécables, des sphères indivisibles et des pyramides indivisibles, surtout si l’on admet des grandeurs indivisibles, comme le font ces philosophes. Mais si les éléments naturels peuvent briller, et si les corps mathématiques ne le peuvent pas, il faut expliquer cette différence et ne pas parler d’une manière absolue et générale, comme parlent nos philosophes.

§ 9. En outre, si le combustible qu’on brûle devient du feu, et si le feu est une sphère ou une pyramide, il faut que ce qui brûle se change en sphères ou en pyramides. Que la propriété de couper et de diviser soit la conséquence de la figure attribuée aux éléments, on peut l’admettre ; mais il n’en restera pas moins tout à fait déraisonnable de croire que la pyramide puisse faire des pyramides, ou la sphère des sphères. C’est absolument

§ 8. Il résulterait encore de ce système, le texte n'est pas tout à fait aussi formel. C’est le onzième argument, d’après Simplicius. — Que les corps mathématiques, Simplicius remarque avec raison que cette réfutation tourne au ridicule et à la plaisanterie. Aristote eu fait luimême l'observation un peti plus bas, §10. — Des sphères indivisibles , c'est-à-dire des sphères qui ne peuvent plus se diviser en sphères. — Si l'on admet des grandeurs indivisibles , en d’autreR termes des

atomes, système qu’Aristote a toujours combattu. — Mais si les éléments naturels... les corps mathématiques, l’expression du texte est beaucoup plus vague; le sens que je donne est celui qu'adopte Siraplicius.

§ 9. En outre, douzième argument, que Simplicius ne trouve pas moins plaisant ni moins fort que les «autres. — Devient du feu , ou , « se fait feu. » — Attribuée aux éléments , dans les théories que combat Aristote. — Puisse faire des pyramides ,

comme si l’on prétendait diviser une épée en épées et une scie en scies.

§ 10. Il est encore assez ridicule d’assigner une figure au feu, en songeant uniquement qu'il divise; car le feu paratt bien plutôt réunir et souder les choses que les diviser, puisqu’il sépare les choses qui ne sont pas homogènes et qu’il réunit celles qui le sont. Ainsi donc, la faculté de combinaison est essentielle, puisque souder et réunir paraissent être le propre du feu, tandis que la division n’est pour lui qu’accidentelle ; car ce n’est qu’en réunissant ce qui est homogène qu’il sépare ce qui est étranger. Par conséquent, il fallait ou assigner la ligure du feu en tenant compte des deux propriétés, ou du moins appuyer davantage sur sa puissance de combinaison.

§ 11. De plus, quoique le chaud et le froid soient contraires par la puissance qu’ils exercent, il est impossible d’accorder une figure quelconque au froid, parce qu’il faudrait que la figure qui lui serait accordée fût contraire, et qu’aucune ligure n’est contraire à une figure. C’est là du reste un point où tous nos philosophes, sans excep-

c'est-à-dire, sc diviser en pyramides.

— - Une épée en épées , Proclus réfutait cet argument comme tous les précédents, et il défendait les théories attaquées par Aristote.

§ 10. En songeant uniquement qu'il divise , le texte n'est pas tout à fait aussi précis. — Réunir et souder les choses , ceci ne s’applique qu'aux choses que le feu peut faire fondre. — Il sépare les choses qui ne sont pas homogènes , ceci est encore bien vague. — Assigner ta

figure du feu en tenant compte , j’a dû développer un peu le texte, afin de l’éclaircir.

§ 11. De plus , quatorzième argument , selon Simplicius. — Par la puissance quils e.vercenty le mot de puissance est pris dans une acception qu'il n'a pas d'ordinaire dans le Péripatétisme. — Tous nos philosophes, les louions, les Pythagoriciens et Platon, en un mot tous les philosophes qui donnent aux éléments une figure géométrique quelconque.

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