‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 176 sur 212 · LIVRE IV, CH. II · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CH. II

beaucoup plus neuves sur le sujet qui nous occupe. Ainsi, l’on observe que certains corps ont un plus petit volume, et qu’ils sont néanmoins plus pesants que d’autres. Il est donc évident qu’il n’est plus possible de dire que les corps de poids égal sont composés d’éléments primitifs égaux ; car alors leur volume devrait être égal aussi, g 6. Quand on admet le système des surfaces, dont les corps pesants sont, dit-on, composés, il est absurde de croire que les surfaces soient les éléments primitifs et indivisibles des corps. Mais ceux qui admettent que les éléments primitifs sont solides peuvent dire, avec plus de raison, que le corps le plus grand est aussi le plus lourd. Cependant, comme il n'en est point absolument ainsi pour tous les composés, et que nous pouvons observer que beaucoup de corps plus pesants ont un volume plus petit, et par exemple l’airain comparé à la laine, il a fallu imaginer une explication différente, qu’ont donnée d’autres philosophes.

mocrite et Leucippe, selon Simplicius. — Beaucoup plus neuves, et aussi plus exactes. — Ainsi, l’on observe, Aristote est fidèle à sa méthode, et c'est en s'adressant à l’observation des faits qu’il réfute les théories contraires à la sienne. — (>ue ce n'est plus possible de dire , comme le disent, en effet, les philosophes qu’Aristote combat : u Les corps sont de même poids, quand leur» éléments primitifs 9ont en nombre égal. »

§ 0. Le système des surfaces, voir les deux derniers chapitres du IIIe livre. Ce système parait celui de Platon dans le Tirnée, et il l’avait

sans doute emprunté aux Pythagoriciens ; voir Ta traduction de M. V. Cousin, p. 167 et suiv. — Que les surfaces, qui n’ont aucune solidité. — Primitifs et indivisibles , comme les atomes. — Que les éléments primitifs sont solides , le texte n’est pas aussi explicite. Dans le système de Démocrite, les atomes, tout indivisibles qu’ils sont, n'en ont pas moins une certaine solidité, qui peut constituer les corps tels que nous le» observons. — Que le corps le plus grand, qui a, par conséquent, plus d’éléments primitifs qu’un corps plus petit. — Et que nous pouvons observer, Aristote

^ 7. Selon eux, le vide renfermé dans les corps est ce qui leur donne de la légèreté, et ce qui rend les plus grands parfois plus légers, parce qu’ils ont plus de vide; car c’est aussi pour cela que souvent les corps composés de solides en nombre égal, ou en nombre moindre, ont un volume plus grand. En un mot, la cause qui fait qu’un corps est plus léger, c’est, d’après eux, qu’il y a dans ce corps une plus grande quantité de vide. Telles sont donc leurs théories. § 8. Mais il faut ajouter nécessairement à ce système que non-seulement le corps doit avoir plus de vide, du moment qu’il est plus léger, mais aussi que le solide doit y être en moindre quantité ; car si le solide l'emporte dans cette partie de la proportion, le corps cesse d'être plus léger. C’est là encore ce qui leur fait dire que, si le feu est le plus léger de tous les corps, c’est qu’il contient aussi le plus de vide. On en conclura donc que beaucoup d’or, s’il a plus de vide, sera plus léger qu'un peu de feu, si l’on oublie d’ajouter que l’or a aussi

répète ici l'observation qu’il vient d'indiquer un peu plus haut, au § précédent.

§ 7. Selon eux , voir la théorie du vide, exposée et réfutée, dans la Physique, livre IV, ch. 8 et suiv., p. 184 de ma traduction. — De solides en nombre égal, j'ai conservé l’expression du texte, qui est assez obscure. Les Solides veulent dire ici, sans doute, les éléments solides. — Ou en nombre moindre , comme les corps qui ont un grand volume, et qui pèsent moins. — D'après eux, j'ai ajouté ces mots que justifie la phrase suivante.

§ 8. Mail aussi que le solide, le solide est ici opposé au vide. J’ai cru pouvoir adopter cette expression dans notre langue, pour me rapprocher davantage de l'expression grecque. — Dans cetle partie de la proportion, le corps peut avoir plus de vide; et, alors, il semblerait devoir être plus léger; mais s’il a plus de solide que le corps auquel on le compare, c’est-à-dire s’il a plus de parties solides, il aura aussi plus de lourdeur. —* C'est quil contient le plus de vide, selon Aristote, cette explication n’est pas suffisante, et il faudrait ajouter que le feu a aussi

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