LIVRE IV, CH. Il, § il
beaucoup plus de solide; car c’est là la conclusion qu’il faudrait accepter.
§ 9. Quelques-uns des philosophes qui ont nié l’existence du vide, n’ont rien dit ni de la pesanteur ni de la légèreté; tels sont Anaxagore et Empédocle. D'autres qui en ont parlé, tout en niant le vide, n’ont pas expliqué pourquoi les corps sont absolument ou pesants ou légers, ni pourquoi les uns vont toujours en haut, et les autres toujours en bas. Ils n’ont pas expliqué non plus comment il se fait que certains corps d’un volume plus grand sont plus légers que d’autres corps d’un volume plus petit : et l'on ne voit pas bien comment, d'après ce qu’ils ont dit, leurs théories pourraient jamais s’accorder avec les faits.
§10. l)u reste, quand on attribue la légèreté du feu à la quantité de vide qu’il renferme, on retombe à peu près dans les mêmes difficultés ; car le feu aura bien à la fois,
moins de parties solides que tout autre corps. — Qu’il faudrait accepter, dans le système de ceux qui rendent compte de la légèreté des corps uniquement par le vide que les corps renferment.
§ 9. Anaxagore, voir la Phy tique, livre 4, ch. 8, § 3, p. 186 de ma traduction. — Empédocle , dans le même passage de la Physique, Empédocle n'est pas nommé; mais il est sans doute désigné sous l’expression générale dont se sert Aristote.
— D'autres qui en ont parlé, Simplicius pense que c'est Platon qu’Arislote veut indiquer ici. — Sont absolument ou pesants , ou légers, dans le système d’Aristote, la terre
est toujours absolument pesante, et le feu est toujours absolument léger, parce que l’un se dirige toujours en bas, et l’autre toujours en haut. — S’accorder avec les faits, Aristote en revient sans cesse à l’observation pour la recommander et la pratiquer autant qu’il dépend de lui. Ceci ne veut pas dire que lui-même observe bien les faits; mais, du moins, il sent qu’il faut les observer, pour bâtir des théories irréprochables.
§ 10. On retom/je à peu près dans les mêmes difficultés , et il faut ajouter que, si le feu est le plus léger des corps, c’est qu’il contient aussi le moins de parties solides ; voir plus haut, § 8. — A la fois ,
si l’on veut, moins de solide que les autres corps et plus dévidé; mais néanmoins il pourra toujours se trouver une certaine quantité de feu où le solide et le plein l'emporteront sur les solides contenus, par exemple, dans une petite quantité de terre. Mais même en admettant ici l’action du vide, comment expliqueront-ils la pesanteur absolue? Le corps sera-t-il pesant, parce qu’il aura plus de solide, ou parce qu’il aura moins dévidé? S’ils admettent la première explication, on en conclura qu’il peut y avoir alors une quantité de terre tellement petite que le solide qui y sera compris, sera moindre qu’il ne serait dans une grande quantité de feu. De même encore, en expliquant les choses par le vide, ou arrive à dire qu'il peut y avoir quelque chose de plus léger que le léger absolu, et que ce qui se porte toujours en bas peut être
«i l’on veut , j’ai ajouté ces mots pour rendre la pensée plus claire ; et Us sont implicitement compris dans le contexte. — Le solide et le plein , ces deux mots ont, ici, le même sens. — Une certaine quantité de feu , qu’on augmentera à volonté, ue fùt-ce qu’en imagination.
— Dans une petite quantité de terre, qu’on pourra de même réduire de plus en plus, et tant qu’on voudra. — En admettant ici f action du vide , le texte n’est pas tout à fait aussi formel. « Si l’on fait intervenir le vide pour expliquer la pesanteur et la légèreté relatives des corps, comment expliquera-t-on leur pesanteur et leur légèreté absolues? Sera-ce encore en disant que le corps a plus de vide, ou qu'il a moins de solide? » — Le cot'ps sera-
t-il pesant, on peut trouver toutes ces discussions bieu subtiles; mais il faut se reporter au temps d'Aristote, où l’on n’avait pu encore observer beaucoup, et où les théories étaient nécessairement plus nombreuses que les observations des faits.
— S'ils admettent la première explication, le texte n'est pas aussi formel. Cette première explication consiste à dire que le corps est plus pe&aut, parce qu’il a plus de parties solides. — Une quantité de terre tellement petite , répétition de ce qui vient d’être dit un peu plus haut. — En expliquant tes choses fxir le vide , c’est-à-dire en admettant que le corps pèse davantage, parce qu’il a moins de vide. — Ix léger absolu, le feu, qui se porte toujours en haut. — Que ce qui se