LIVRE IV, CH. II
plus léger que ce qui se porte toujours en haut. Or, ceci est impossible; car le corps qui est absolument léger est toujours plus léger que les corps qui ont un poids quelconque, et qui sont portés en bas. Mais un corps plus léger n’est pas toujours léger, puisque, même parmi les corps qui sont pesants, l’un est dit plus léger que l’autre ; et par exemple, l’eau est plus légère que la terre. § 11. Cette difficulté même que nous venons de soulever ici, n’est pas résolue en disant que, dans les corps, le vide est en un certain rapport proportionnel avec le plein. On arriverait encore par cette même théorie à une impossibilité non moins évidente. En effet, dans une quantité de feu plus grande et dans une quantité moins grande, le rapport du solide au vide sera bien toujours le même ; cependant une plus grande quantité de feu se porte avec plus de vitesse en haut qu'une quantité plus petite. Et de même, mais à l’inverse, une plus grande quantité d’or se porte toujours plus vite en bas, de même encore que le plomb et tous les corps qui ont de la pesanteur. Mais
porte toujours en bas, la terre se porte toujours en bas ; mais on peut imaginer une petite quantité de terre qui sera plus légère que le feu, s’il est vrai que la légèreté des corps tient uniquement à ce qu'ils renferment moins de solide. «— Le corps qui est absolument léger, c’est le feu, qui se porte toujours en haut par son mouvement naturel. — Est dit plus léger, l'expression plus convenable serait : « Est dit moins pesant, n
§ il. Que nous venons de soulever ici , voir plus haut, § 9 et § iO. —
Dans les corps, j’ai ajouté ces mots, qui m’ont paru indispensables pour éclaircir la pensée. — Un rapport proportionnel, et l'on explique par là la pesanteur et la légèreté des corps. Mais la proportion reste toujours la même; et, cependant, la pesanteur et la légèreté varient avec la masse même des corps légers ou pesants. — line quantité de feu , le texte n’est pas tout à fait aussi précis. — Une plus grande quantité r for , même remarque. Plus la masse de l'or, du plomb ou de tout autre corps pesant, est considérable,
ce phénomène ne devrait paa se produire ainsi, du moment que l'on définit de cette manière le lourd et le léger.
§ 12. Il n’est pas moins absurde encore de croire que les corps soient portés en haut par l’action du vide, et que le vide lui-même n’y soit pas porté. Mais si le vide est naturellement porté en haut, et si le plein est porté en bas, et que ce soit là la cause du mouvement de tous les autres corps dans l’un ou l’autre sens, il n’y aurait plus besoin de rechercher pourquoi, parmi les corps composés, les uns sont pesants, et les autres légers. Mais il n’y aurait plus qu’à expliquer seulement, pour le vide et pour le plein, pourquoi l’un est léger, et l’autre a de la pesanteur. §13. 11 faudrait dire aussi quelle est la cause qui fait que le plein et le vide ne se séparent pas l’un de l’autre. Il n’est pas moins absurde de faire une place spéciale au vide, comme si le vide lui-même n’en était pas une d’un
plus sa chute est rapide; et, cependant, elle devrait être toujours égale, si, en effet, la proportion seule du vide et du plein était la cause de la chute des corps pesants. — De cette manière , c’est-à-dire par la proportion du pleiu et du vide.
§ 12. // n'est pas moins absurde de croire, autre objection contre 1a théorie qui supposait que le vide et le plein, dans nue certaine proportion, font la pesanteur et la légèreté des corps. — Et que le vide lui-méme n ’y soit pas porté , il est difficile de comprendre que le vide puisse avoir un mouvement quelconque. — Les corps composés , soit de divers éléments admis par tout le monde, soit
du plein et du vide, comme l’admet le système qu ‘Aristote combat. — Pour le vide et pour le plein , l’expression du teite est indéterminée; mais le sens est évident, ainsi que le donne Simplicius. — Pourquoi l’un est léger , la question passe alors des corps au plein et au vide, qui, seuls, sont causes de la pesanteur et de la légèreté.
§ 13. Il faudrait dire aussi , autre argument. — Nie se séparent pas l’un de l’autre , puisque l'un va nécessairement en haut, et l'autre nécessairement en bas. — Il n’est pas moins absurde , argument nouveau. — Une place spéciale , j ai ajouté ce dernier mot. — Comme