LIVRE IV, CH. II
certain genre. Mais si l’on accorde que le vide est en mouvement, il faut bien qu’il y ait dans ses déplacements un lieu d’ou il parte, et un lieu vers lequel il se dirige. D’un autre côté, quelle est avec cette théorie la cause du mouvement? Ce n’est certes pas le vide, puisqu’il n’est pas le seul à se mouvoir, et que le solide se meut aussi bien que lui.
§ 14. On retombe d’ailleurs ici dans les mêmes difficultés que quand on essaie d'expliquer ces phénomènes d’une autre manière, et qu’on dit que les corps sont plus lourds ou plus légers les uns que les autres, à cause de leur grandeur et de leur petitesse, et qu’on en donne telle autre théorie quelconque, où l’on n’attribue qu’une seule et même matière à tous les corps, ou bien où on leur attribue plusieurs matières qui seraient contraires entreelles. En effet, s’il n’y en a qu’une seule, il n’y aura dès lors pas plus de lourd ni de léger absolus dans cette
si le vide lui-onéme n'en était pas une , le texte n’est pas tout à fait aussi formel; j'ai, d’ailleurs, adopté la leçon que donne l’édition de Berlin, dans ses variantes, d’après quelques manuscrits, et que semblent avoir eue Simplicius et saint Thomas. — Hun certain genre , on définit généralement le vide, un espace privé de corps ; voir la Physiquey livre IV, cb. 8, § i, p. 185 de ma traduction. — Dans scs déplacementsy j’ai ajouté ces mots, qui correspondent, d'ailleurs, assez bien à un pronom indéterminé que le teite emploie* — Avec cette théorie, ces mots, que j’ai encore
ajoutés, m’ont paru indispensable»
pour éclaircir la pensée.
§ 14. On retombe et ailleurs ici , le texte n'est pas aussi explicite. — Que quand on essaie, même remarque. — A cause de leur grandeur, Aristote a déjà combattu cette théorie, plus haut, livre 111, ch. 5, § 2. — Une seule et même matière , c'est la théorie des atomes de Démocrite, et, peut-être, celle d’Ànaxagore dans les horaceoméries. — De lourd ni de léger absolus, la matière étant identique pour tous les corps, il n’y aura plus de corps absolument légers, ni de corps absolument lourds, comme dans le
théorie que dans le système de ceux qui expliquent la composition des corps par les triangles. Si la matière des corps est contraire, comme le prétendent ceux qui admettent le plein et le vide, il n’y aura plus moyen d’expliquer, pour les éléments qui sont intermédiaires entre les éléments absolument lourds et les éléments absolument légers, comment il se peut qu’ils soient plus légers ou plus lourds les uns que les autres, et que les corps simples.
g 15. Se borner à définir la pesanteur et la légèreté des corps par la grandeur et la petitesse, c’est encore plus illusoire que tout ce qui précède. Ce qu’il y a de plus sûr, dans la difficile question que l’on discute ici, c’est de constater qu’on peut reconnaître la différence qui distingue chacun des quatre éléments. Mais admettre une
système d'Aristote, où la terre est lourde d’une manière absolue, et où le feu est léger absolument aussi.
— Qui expliquent la composition des corps par les triangles, c’est Platon et son école; voir le Timée , p. 167 et suiv. de la traduction de M. V. Cousin; et aussi la réfutation de celte théorie, dans le livre précédent, livre 111, ch. 7, § 6 et suiv.
— Ceux qui admettent le plein et le vide, voir plus haut, § 7. — Et que les corps simples , il y avait ici une autre leçon que Simpliciu»
rappelle, d’après Alexandre d’Àphrodisée. Elle consistait dan» le changement d'une seule lettre, et le sens était : « Et que les corps qui sont lourds ou légers d’une manière absolue. » C’est la leçon que Simpli-
cius semble préférer; et, peut-être, ferait-on bien de l'adopter. L’édition de Berlin ne l'a pas notée dans ses variantes.
§ 15. Se borner « définir, tout ce paragraphe parait une répétition de ce qui précède, ou, peut-être même, une interpolation. Simpliciu», cependant, l’a commenté comme à l'ordinaire et n’y a fait aucune objection.
— Par la grandeur et la petitesse , voir plus haut, livre 111, ch. 5, § 2.
— Chacun des quatre éléments, le feu se porte toujours en haut ; la terre se porte toujours en bas; l'air et l'eau, cléments intermédiaires, ont des mouvements qui participent d’une certaiue façon à ceux des deux autres élément». — Une seule et même nature , j’ai conservé