‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 180 sur 212 · LIVRE IV, CH. II · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CH. II

seule et même nature pour tous les corps, qui ne différeraient plus que par leur grandeur, cela revient nécessairement au même que de n’admettre qu'une seule matière. Dès lors, il n’y a plus de corps qui soit absolument léger, il n’y a plus de corps qui se porte en haut; mais il y a seulement un corps qui se meut plus lentement, ou qui est comprimé et lancé par d' autres. Enfin un grand nombre de petites choses accumulées peuvent alors devenir plus pesantes qu’un petit nombre de grandes. Or, si cela est, il en résulte que beaucoup d’air et beaucoup de feu pourront être plus pesants que de l’eau et de la terre en petite quantité. Mais c’est là une chose qui est tout à fait impossible.

En résumé, voilà tout ce qu’ont dit nos devanciers; et l’aspect sous lequel ils ont étudié les choses.

l'expression grecque, toute vague qu'elle est. Ceci veut dire que tous les corps, s’ils étaient composés de la même matière , ne pourraient avoir qu'un seul mouvement, soit en bas, soit en haut. — Dès lors, ce sont les conséquences insoutenables qui sortiraient d’un faux principe. — Qui soit absolument léger , comme le feu, attendu que selon la matière dont les corps seraient composés, dans celte théorie, ils seraient tous plus ou moins pesants. — Qui se porte en haut, par son mouvement naturel. — Un corps qui se meut plus lentement , c’est-à-dire, qui descend avec moins de vitesse

que les autres, et qui, par cela seul, parait monter quand les autres paraissent descendre. — De petites choses , j’ai conservé le mot du texte; mais, évidemment. Petites est pris ici pour Légères; voir plus haut.

§ 10. — Beaucoup d'air et beaucoup de feu , on pourrait supposer que telle quantité de feu accumulée pèserait plus qu’une petite quantité de terre; mais il a été remarqué plus haut, § 11, que plus le feu est en grande quantité, plus il se porte vivement en haut. — Qui est tout à fait impossible, comme on l’a démontré antérieurement; voir dans ce chapitre plus haut, § 10.

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