‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 182 sur 212 · LIVRE IV, GH. III · texte numérisé non relu

LIVRE IV, GH. III

29tt

dans le lieu qui lui est propre. Ainsi, l’on sait qu’il y a trois mouvements divers : l’un en grandeur, l’autre en qualité, et le troisième dans l’espace ou le lieu. Or, nous voyons que, pour chacun de ces mouvements, le changement se produit en allant des contraires aux contraires et aux intermédiaires, et qu'il n’y a jamais indifféremment un changement fortuit d’un objet quelconque en un objet quelconque. 11 n’y a pas non plus de moteur qui, fortuitement et au hasard, puisse communiquer le mouvement au premier corps venu. Mais, de même que le corps qui s’altère par une simple modification de qualité, et que le corps qui s’accroît, sont des corps différents, de même aussi ce qui cause l’altération n’est pas la même chose que ce qui cause l’accroissement. C’est encore de la même manière qu’il faut comprendre le rapport du moteur dans l’espace k l’objet mu dans l’espace, et ils ne sont pas non plus dans un pur rapport de hasard l’un à l’égard de l’autre. Ainsi, la cause qui détermine le mouvement en haut et en bas, est également celle qui produit la pesan-

tique, livre III, ch. 1, § 7, et ch. 3, § 2, p. 70 et 86 de ma traduction.

— U y a trois mouvements , voir la Physique , livre V, cb. 3, § i, p. 287 de ma traduction. — Et aux intermédiaires, le mouvement peut partir aussi des intermédiaires pour aller à l’un des deux extrêmes; et c’est toujours aller, en quelque sorte, du contraire au contraire. — D'un objet quelconque en un objet quelconque, le mouvement reste toujours dans la même catégorie, et ue peut point passer d'une catégorie à l’autre.

— Fortuitement et au hasard , il

n’y a qu'un seul mot dans le texte.

— Par une simple modification de qualité, j’ai dû ajouter tout ceci, pour rendre l'expression grecque aussi clairement que possible. L’altération est le changement dans U qualité ; voir la Physique , livre V, ch. 3, § 11 p.295 de ma traduction.

— Du moteur dans l'espace , c’est le mouvement de Iraoslation. — * Dans un pur rapport de hasard , le texte n'est pas aussi formel. — La cause qui détermine le mouvement en haut, l’eiplication peut paraître bien insuffisante ; mais il faut se

teur et la légèreté des corps. Dans ce cas, le mobile qui est mu est ce qui est lourd et léger en simple puissance. Or, quand on dit qu'un corps est porté dans son lieu propre, cela revient à dire qu’il est porté à la perfection de sa propre forme-, et c’est en ce sens qu’il faut plus particulièrement entendre ce que disaient les anciens, à savoir que le semblable est porté vers le semblable. Mais ce phénomène ne se produit pas toujours et absolument ; et si l’on déplaçait la terre et qu’on la mît là où est maintenant la lune, chacune des parties qui composent la terre ne se porterait pas vers la lune, mais elles se porteraient là où elles se portent maintenant. Il faut donc nécessairement que ce soit le même mouvement qui produise cet effet, pour tous les objets qui sont pareils et qui n’offrent pas de différence entr’eux, de telle sorte que, là où se porte une simple partie d’un corps par les lois de la nature, là aussi se porte le corps tout entier.

rappeler la difficulté de la question; et la science moderne ne serait guère moins embarrassée à déterminer la cause delà pesanteur eide la légèreté. — Dans ce cas , j’ai ajouté ce* mot*. — A la perfection de sa propre forme , le texte dit simplement : « Dan* sa forme. » Le sens que j’ai donné est emprunté au commentaire de Simplicius. — Et c'est en ce sens, cette phrase, qui interrompt un peu le cour* de la pensée, est peut-être une interpolation. — Ne se, porterait pas vers la lune, d’après les lois de l’attiaction, ce serait tout le contraire de ce que suppose Aristote ;

et, dans cette hypothèse, les parties de la terre se porteraient vers le centre de la lune. Mais il faut se rappeler qu’ Aristote faisait de la terre le centre du monde, et que, selon lui, tous les corps pesants se portent irrésistiblement au centre de toutes les partie* de {'univers. — Qui sont pareils, c'est-à-dire pour tous les corps pesants, qui se dirigent ver» le centre, et pour tous le* corps légers, qui se dirigent ver»

l’extrémité. — Et qui n offrent pas de différence entreux, si ce n’est celle de la quantité de matière dont ils sont composés, sans aucune différence essentielle.

Page 1