‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 183 sur 212 · LIVRE IV, CH. III · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CH. III

§ 3. Mais connue le lieu des corps est la limite du contenant, et que l’extrémité et le centre embrassent et contiennent tous les corps qui se meuvent, soit en haut soit en bas, il en résulte en quelque sorte que c’est là la forme du contenu, et que se porter vers son lieu spécial, c'est, pour un corps, se porter vers le semblable, puisque les substances qui se suivent mutuellement entr elles, sont semblables les unes aux autres, et qu’ainsi l’eau est semblable à l’air, et celui-ci semblable au feu. On peut admettre cette réciprocité à l’inverse pour les corps intermédiaires, mais non plus pour les extrêmes : par exemple, l'air est analogue à l'eau, et l'eau est analogue à la terre; car le corps qui est supérieur à un autre est toujours, par rapport au corps qui vient inférieurement au-dessous de

§ 3. Le lieu des corps , j’ai ajouté les deux dernier» roots, pour que l’expression fût plus claire. — La limite du contenant , ceci veut dire, comme la suite le prouve, que le lieu d’un élément enveloppé dans un autre, d’après le système d'Aristote, est la limite même de l’élément qui l'enveloppe; ainsi, le lieu de la terre est la limite de l’eau; le lieu de l’eau est la limite de l’air; le lieu de l’air est la limite du feu, parce que le feu euveloppe l'air, comme l'air enveloppe l’eau et comme l'eau enveloppe la terre ; voir la Météoi'ologie, livre 1, ch. 2, § 1, p. 5 do ma traduction, sur la position respective des éléments. — Que c'est là la forme du contenu, l’expression est très-obscure, et je n’ai pas cru devoir la modifier, parce que je n’ai rien trouvé qui l’expli-

quât dans le commentaire de Simplicius. La Forme est prise ici dans le même sens qu’un peu plus haut, dans le paragraphe précédent : a A la perfection de sa propre forme. »

Le feu est la foi me définitive et la perfection de l’air; l’air est la forme de l’eau, etc. — Vers le semblable , dans la mesure où le feu ressemble à l’a:r, et l’air ressemble à l’eau. — Sont semblables, c’est l'expression même du texte; mais il vaudrait mieux dire : « Analogues, » comme je l'ai fait un peu plus ba3. — A C inverse, c’est-à-dire que, de même que l’air est analogue à l’eau, de même l'eau est analogue à l’air ; mais l'air n’est pas analogue à l’eau, non plus que le feu ; la terre et le feu étant les extrêmes, qui n’ont aucune analogie directe, et n’en peuvent avoir que par les intermé-

lui, comme la forme est à la matière. § h. Mais chercher pourquoi le feu se porte en haut et la terre en bas, cela revient tout à fait à chercher pourquoi un corps qui se guérit de la maladie, quand il éprouve un certain mouvement et un certain changement, en tant que susceptible de se guérir, revient à la santé et non pas à la blancheur. On en peut dire autant pour toutes les choses qui souffrent une altération quelconque. De même aussi, le corps qui s’accroît, quand il change en tant que susceptible d’accroissement, ne gagne pas la santé, mais bien un simple développement de grandeur. Ainsi donc, de même que chacune de ces choses éprouvent un changement, l’une en qualité, l’autre en quantité, de même aussi dans l’espace les corps légers vont en haut et les corps pesants vont en bas. I,a seule différence qu’on puisse signaler ici, c’est que, parmi les corps, les uns paraissent avoir en euxmêmes le principe du changement qu'ils éprouvent, et

diairos. — Comme ta forme est à ta matière, ainsi, la terre est la matière de l'eau, et l'eau est la forme de la terre; l’eau, à son tour, est la matière de l'air, et l’air est la forme de l’eau, etc.

§ 4. Cela revient tout à fait à chercher , c’est comme une fin de non-recevoir, plutôt qu'une explication de la pesanteur. 11 est vrai que le problème est bien difficile à résoudre, et que toutes les solutions, même les plus récentes, reviennent à dire que les corps sont pesants, parce qu’ils sont pesants. Aristote ici ne semble guères dire autre chose. — A ta santé , qui est dans

le même genre que la maladie. — Et non pas à la blancheur , qui est dans un genre différent. — Un simple dévêt oppt ment , ou « une supériorité. *> — Lune en qualité, c’est ce qu 'Aristote appelle l’altération. — L'autre en quantité, c'est l’accroissement ou la décroissance , mouvement dans la quantité, de même que l'altération est le mouvement dans la qualité; voir la Physique, livre V, ch. H, § il, p. 295 de ma traduction,

— Qu’on puisse signaler ici , j’ai ajouté ces mots, pour plus de clarté.

— Avoir en eux -mêmes le principe du changement , cela revient encore à dire que les corps sont pesants,

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