‹ Traité du ciel [Texte imprimé]Chapitre 184 sur 212 · LIVRE IV, CH. III · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CH. III

j’entends les corps qui sont pesants et légers, tandis que les autres corps n’ont pas ce principe intérieur et qu’ils obéissent à un principe qui est en dehors d’eux, comme on le voit pour le corps qui se guérit et pour le corps qui s’accroît et s’augmente. Parfois cependant, ces derniers corps aussi changent d’eux-mêmes et tout seuls ; et quoiqu’il n’y ait qu’un très-petit mouvement dans les causes extérieures, l’un peut recouvrer la santé, et l’autre gagner de l’accroissement. Mais, tandis que le même corps qui peut, tout à la fois, être susceptible de guérison et susceptible de maladie, peut, s’il est mis en mouvement en tant que guérissable, aller à la santé, et s’il est mu en tant que susceptible de maladie, aller à la maladie, le grave et le léger paraissent davantage avoir en eux-mêmes le principe de leurs mouvements, parce que leur matière est rapprochée, autant que possible, de leur essence. La preuve, c’est que la chute est le mouvement naturel des corps libres et complets; et que, sous le rapport de la génération,

parce qu’ils sont pesants. — Pour le corps qui te guérit et pour le corps qui s’accroît , il semble cependant que, dans bien des cas, la guérison et l'accroissement partent d’un principe intérieur plutôt que d'un principe étranger. Aristote lui-mème le remarque dans la phrase suivante. — Parfois cependant , cette restriction efface à peu près complètement la différence qu’on a voulu établir, plus haut, entre les corps pesants et les autres. — Rapprochée autant que possible de leur estence, l'expression est obscure, et les éclaircissements qu'en ont essayés les commentateurs

ne sont pas suffisants. Aristote veut dire que la pesanteur dans les corps graves se confond à peu près complètement avec leur essence, tandis que le mouvement d'altération ou celui d'accroissement ne sont que de simples changements de forme, qui ne touchent point à l'essence de la chose qui s’accroît ou qui s’altère.— Le mouvement naturel des corpsf il n’y a qu'un seul mot dan» le texte.

— Libres et complets , il n’y a ici aussi dans le texte qu'un seul mot, qui n'est pas non plus assez clair. — Sous le rapport de la génération , c'est-à-dire que le mouvement de

c’est le dernier de tous les mouvements. Par conséquent, ce mouvement doit être regardé comme le premier de tous sous le rapport de l’essence.

§ 5. Lors donc que de l’air se forme en venant de l’eau, et qu’un corps devient léger de pesant qu’il était, ce corps se porte en haut. Mais en ce même moment, il est léger ; donc il ne le devient pas, et il reste dans le lieu où il doit être. Ainsi, il est évident que le corps qui était en puissance et qui va vers sa réalisation parfaite ou son entéléch ie,se rend avec la quantité et la qualité qu’il a, au lieu où cette enléléchie s’accomplit, avec la quantité, la qualité et le lieu qui lui appartiennent. C’est là aussi ce qui fait que les corps qui sont déjà ce qu’ils doivent être de toutes pièces, terre et feu, se dirigent vers le lieu qui leur est propre, si nul obstacle ne s’y oppose. C’est encore ainsi que la nutrition, quand le mal qui pourrait l'empêcher est écarté, et que le corps susceptible de guérir, quand

translation est le dernier à se produire; et que l'être s’accroît et s’altère, avant de sc déplacer dans l'espace. — Par conséquent , la conséquence n’est pas parfaitement évidente.

§5 .De l’air se forme en venant de f eau, par exemple, par suite de la vaporisation, la vapeur de l’eau, plus légère que l’eau, monte dans une partie de l’atmosphère plus élevée que celle où reste l’eau. — Et qu’un corps devient léger , c’est le même cas pris dans toute sa généralité. — Dans le lieu où il doit être , d’après la nouvelle nature qu’il vient d'acquérir par sa transformation. — Vers sa réalisation parfaite ou son

entéléchie , il n’y a que ce dernier mot dans le texte grec ; j’ai ajouté les autres, qui en sont une explication et une paraphrase. — C'est là aussi ce qui faitf ces explications de la pesanteur et de la légèreté des corps peuvent paraître fort embarrassées; mais il faut toujours se souvenir que la question est une des plus difficiles qu'on puisse agiter. — De toutes pièces , j’ai ajouté ces mots pour compléter et éclaircir la pensée. — La nutrition , ou « la nourriture; » car ces deux nuances sont dans le mot grec. La première m’a semblé préférable. La nutrition représente, d’ailleurs, ici le mouvement d’accroissemeut. — Le corps suscep-

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