LIVRE JV, CH. IV
dans l’eau. § 5. C’est que tous les corps, quand ils sont, en leur lieu propre, ont de la pesanteur, excepté le feu. L’air lui-même est pesant. La preuve c'est qu’une outre, quand elle est gondée, a plus de poids que quand elle est vide, de telle sorte que, soit qu elle ait alors plus d’air ou plus de terre et d'eau, elle peut être dans l’eau plus légère que telle autre substance; mais dans l’air elle est plus lourde, puisqu'elle ne surnage pas îi la surface de l’air et qu’elle surnage à la surface de l’eau.
§ 6. Voici ce qui prouve bien qu’il y a une pesanteur absolue, et une absolue légèreté. J'appelle absolument léger, le corps qui se dirige toujours en haut ; et absolument lourd, celui qui se dirige naturellement en bas, quand il n’y a aucun obstacle ; car il y a certaines choses de ce genre ; et tous les corps n’ont pas de poids, comme
§ 5. Quand ils sont en leur lieu propre t le feu étanl en haut, la terre eu bas, enfin l'eau et l'air étant intermédiaire». — Gonflée a plus de ftoids y Simp'iicius conteste l'exactitude de cette expérience, et il déclare que, l'ayant essayée plus d'une foi», il a constaté que l'outre gonflée d’air u a pas plus de poids et qu’elle en aurait peut-être moins que quand elle est vide. 11 a cependant quelque peine à contredire Aristote; et il suppose que le philosophe n’aura sans doute pas fait attention en gonflant l'outre, que l’haleine qui y soufflait l'air y introduisait aussi de l’humidité et un peu d'eau. 11 parait, d’ailleurs, que Simplicius ne faisait ici que répéter une objection de Ptolémée. Saint Thomas, en rapportaut cette discussion, y fait figurer Thé-
mistius à la place de Ptolémée. — Soit quelle ait alors , ceci est obscur, et je n’ai pas trouvé d'éclaircissement dans le» commentaire». — Que telle autre substance , môme observation. — Qu’elle ne surnage pas à la surface de l'air , c'est-à-dire qu’elle ne monte pas dans l’air, et qu'au contraire elle monte et reste à la surface de l’eau.
§ 6. Voici ce qui prouve bien , ce n’est pas une preuve nouvelle qu’Aristote apporte à l'appui de sa théorie, et ce qui suit u’est guère qu'une répétition. — Qui se dirige toujours en haut y c’est le feu. — Qui se dirige toujours naturellement en bas, c’est la terre. — Certaines choses de ce genre , la terre et le feu , comme l’atteste l’observation. — Tous les corps n’ont pas de poids , ceci est
l’affirment certains philosophes. § 7. Il est vrai qu'en effet, il y a certains corps différents qui semblent n'avoir que de la pesanteur, et qui sont toujours portés vers le centre; mais il y a également des corps qui n’ont que de la légèreté; car nous voyons, ainsi qu’on l’a déjà dit auparavant, que les corps formés de terre restent toujours audessous de tous les autres, et qu’ils se portent sans cesse vers le centre ; or, le centre est limité. Si donc il y a un corps qui reste à la surface de tous les autres, comme semble y rester le feu, et qui soit porté en haut même dans l’air, l’air demeurant en repos, il est évident que ce corps se dirige et se porte vers l’extrémité. Par conséquent, il ne peut pas avoir de poids quelconque ; car alors il serait i porté au-dessous de quelqu’ autre corps. Mais si cela était, il faudrait alors qu’il y eût quelque autre corps qui, à la place de celui-là, serait porté vers l'extrémité, et qui . serait capable de rester à la surface de tous les corps en
vrai, si l'on considère le feu comme un corps. — L’affirment certains philosophes, Démocrite et son école.
§ 7. Certains corps différents , ceci ne so comprend pas très-bit n, et je n’ai rien trouvé dans le» commentateurs qui éclaircit ce passage. 11 semble qu'il aurait suffi de dire : a certains corps qui semblent, etc. »
Peut-être, faut-il entendre : « différents les uns des autres. » Les corps absolument légers seraient différents des corps absolument pesants. — N’avoir que de la pesanteur , le texte n’est pas tout à fait aussi formel. — Toujours portés vers le centre , k cause de leur pesanteur même.
— Qui n'ont que de la légèreté ,
même observation qu’un peu plus haut. — On Ta déjà dit auparavant, voir plus haut cb. 3, § 4. — Formés de terre , sous cette désignation générale, l’antiquité comprenait sans distinction une foule de corps très divers. — Au-dessous de tous les autres, tels que l’eau ou l’air, et tous leurs composés. — Le centre est limité, et par conséquent, les corps qui y tendeut ne peuvent aller au-delà, et ils s’y arrêtent. Le centre étant limité, l’extrémité qui y est opposée le sera également. — Heslc à la surface de tous les autres , ou « surnage au-dessus de toua les autres. » — Se dirige et se porte, il n'v a qu’un seul mot dans le texte.